Quel rôle joue le secteur associatif auprès du monde politique ?

08/04/2014 16:39

La vie associative d'aujourd'hui a une présence accrue dans de très nombreux domaines tels que, le monde du travail, l'enseignement, la culture, l'aide sociale, les soins de santé, la protection de l'environnement, le sport et bien d'autres. C'est dans ces secteurs d'activité divers et bien d'autres qu'œuvrent  au quotidien un bon nombre d'associations.

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De nos jours, rares sont les pans de l'activité socio-économique qui ne sont pas concernés par des groupes ou des mouvements associatifs. De même quand un nouveau thème ou sujet d'activité apparaît, il ne faut pas bien longtemps pour que des personnes se rassemblent et s'organisent autour de ces nouveaux sujets ou de ces nouvelles thématiques.
C'est parce qu'il est en phase direct avec les attentes des populations que le secteur associatif est à même pour percevoir en amont les problématiques pouvant affecter nos sociétés et identifier en cela les besoins qui en émergent.

En fédérant un nombre plus ou moins important d'individus, les associations ont la capacité de les rassembler autour d'une problématique ou cause commune et par là donc de donner un  poids important à leur situation, leur revendication ainsi qu'à leur prise en compte.

Il est à noter que le monde associatif est là aussi pour alimenter la réflexion et le travail des responsables politiques.

Le monde politique est de plus en plus déconnecté de sa base électorale et ce malgré son ancrage dans la société, il a donc besoin d'être informé et éclairé, notamment par le secteur associatif, constitué de personnes ayant pour la plus part d'entre elles les compétences et les expertises adéquates.
Le secteur associatif perçoit, il formalise, il transmet : il remplit un rôle significatif en tant que passerelle entre la société et le monde politique. Il forme et traduit les demandes en revendications, avec le risque que, ce faisant, il s'écarte partiellement de l'expression de ses membres.

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Le monde associatif est avant tout un lieu privilégié de concertation, conscientisation, de réflexion collective, et de participation. Les associations se dotent le plus fréquemment d'un mode de fonctionnement participatif, les membres forment l'assemblée générale qui décide des grands objectifs, des grandes causes et qui délègue à un groupe plus restreint (le conseil d'administration) la responsabilité de mettre en œuvre les moyens pour atteindre les buts fixés.

Conscients des enjeux, des priorités, ainsi que des contextes, les dirigeants associatifs peuvent, volontairement ou non, avoir des discours ou des actions en décalage par rapport aux attentes initiales des membres.

Dans certains cas minoritaire en soi, il peut arriver que des associations soient plus préoccupées par leur propre pérennité que de la raison fondamentale de leur création. Cela dit, c'est une réalité qu'on rencontre aussi dans d'autres types d'organisations.

Les associations touchent quasiment tous les domaines de l'activité humaine, leur diversité est très grande, mais leurs dimensions ainsi que leurs objectifs peuvent varier énormément.

Ainsi entre une association de personnes souffrant d'une maladie extrêmement rare et les grandes organisations sociales ou humanitaires, il y a une grande diversité de taille et de moyens.

Les grandes organisations existant depuis fort longtemps, par exemple les syndicats, les mutuelles, médecins du monde, ligue des droits de l'homme..., sont des mouvements associatifs ayant pris une ampleur nationale, voir internationale.

Ces associations se sont historiquement structurées en de grandes tendances : un pilier chrétien, un pilier socialiste, un pilier laïque et, dans une moindre mesure, un pilier libéral. Au travers de ces piliers, elles ont tissé des liens étroits avec certains partis politiques. Si ces liens existent depuis longtemps, ils ont évolué, et cela ne veut pas dire que les attentes, les revendications portées par ces associations seront d'emblée portées, appropriées par des représentants politiques.


Parallèlement, la société évolue, des thématiques et de nouveaux problèmes apparaissent et, avec eux, naissent de nouveaux interlocuteurs.

L'environnement, la culture, l'interculturalité sont des préoccupations nouvelles, mais qui ont donné lieu à la création d'une multitude d'associations.

Cela indique qu'il s'agit de phénomènes sociologiques et économiques importants et qu'ils ont un impact auprès des individus d'où leur prise en comptes par ces nouvelles structures.

D'autres domaines sont apparus à différents moments de l'histoire et ont vu naître des associations : ce qu'on a appelé les nouveaux mouvements sociaux, comme le féminisme, le pacifisme, l'opposition à l'énergie nucléaire, etc.

Depuis quelques années, les thématiques de  lutte contre la précarité, contre la pauvreté, contre le chômage, le communautarisme etc. sont revenues au cœur des préoccupations des populations.

Ces problèmes émergeant de la société à un instant donné, franchissent le seuil de politisation, c'est-à-dire qu'ils deviennent des problèmes dont s'empare le monde politique pour essayer de leur trouver des solutions ou de rencontrer les besoins et aspirations de la population en la matière.

Les rapports entre le monde politique et le monde associatif sont donc multiples.

Dans une société démocratique, on estime qu'une vie associative riche est un élément positif. C'est entre autres ce qui justifie que les pouvoirs publics aident financièrement des associations dans différents domaines.
Dans certains cas, des associations ont acquis une telle place, jouent un tel rôle dans la société, qu'elles sont presque considérées comme des services publics.

L'exemple de l'enseignement libre est éloquent : on parle à son sujet de « service public fonctionnel ». C'est-à-dire qu'il remplit une mission de service public que les pouvoirs publics financent sans l'organiser lui-même.
Mais au-delà, il peut y avoir aussi une instrumentalisation des associations par les pouvoirs publics. Cela arrive dans des circonstances où les pouvoirs publics fixent les objectifs et déterminent les moyens d'organismes qu'ils choisissent, ou qu'ils créent, pour remplir des missions qu'ils ne peuvent assumer eux-mêmes.

On le voit, les rapports entre vie associative et monde politique sont variés et complexes...

BS