«Réunion d'urgence» du Conseil de sécurité sur l'Ebola

16/09/2014 11:32

Le virus, contre lequel aucun traitement ni aucun... (PHOTO ZOOM DOSSO, ARCHIVES AFP)    

Le virus, contre lequel aucun traitement ni aucun vaccin n'existent, a fait plus de 2400 morts, selon le dernier bilan de l'OMS. Il touche surtout la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone.PHOTO ZOOM DOSSO, ARCHIVES AFP  

Agence France-PresseNATIONS UNIES

Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra une «réunion d'urgence» jeudi après-midi sur l'épidémie d'Ebola qui ravage l'Afrique de l'Ouest, a annoncé lundi l'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power.

Mme Power, qui préside le Conseil en septembre, a précisé que Washington souhaitait voir cette réunion déboucher sur «des engagements concrets» pour lutter contre l'épidémie.

Mme Power a souligné qu'il était très inhabituel que le Conseil, chargé de veiller à la paix et à la sécurité internationales, se saisisse d'un dossier de santé publique.

«Il est essentiel que nous examinions la progression de l'épidémie et que nous mobilisions les ressources» pour la combattre, a-t-elle souligné.

«Nous pouvons contenir (l'épidémie d'Ebola) et il faut éviter de céder à la panique (...), mais notre réponse collective n'a pas été suffisante», a-t-elle affirmé.

La réunion de jeudi, qui commencera à 14h45, sera ouverte aux représentants des pays plus les touchés par Ebola (Liberia, Sierra Leone, Guinée notamment).

Devraient aussi y participer le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, la directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Margaret Chan et le coordinateur de l'ONU pour Ebola, le Dr David Nabarro.

Selon des diplomates, une réunion ministérielle sur Ebola doit aussi se tenir le 25 septembre à New York en marge de l'Assemblée générale de l'ONU et les cinq pays membres permanents du Conseil (États-Unis, France, Royaume-Uni, Chine et Russie) ont commencé à élaborer un projet de résolution sur Ebola, qu'ils doivent soumettre ensuite à leurs partenaires du Conseil.

L'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, la plus grave de l'histoire de cette fièvre hémorragique identifiée en 1976, a tué plus de 2400 personnes sur 4784 cas, selon le dernier bilan de l'OMS, vendredi.

88 millions supplémentaires

Par ailleurs, le Congrès américain devrait approuver cette semaine le déblocage de 88 millions de dollars supplémentaires pour lutter contre le virus Ebola en Afrique de l'Ouest, portant à 250 millions de dollars la contribution des États-Unis.

Le président américain Barack Obama, qui a formulé cette demande au Congrès, devait préciser son plan d'action mardi, lors d'une visite au Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) à Atlanta, ont indiqué lundi des responsables américains.

«Il y aura des fonds supplémentaires pour Ebola. Les fonds demandés seront débloqués», avait assuré la semaine dernière Hal Rogers, président de la Commission qui supervise les dépenses fédérales au sein de la Chambre des représentants.

Le calendrier exact du vote n'a pas encore été définitivement arrêté.

Ces fonds seront consacrés à la recherche de traitements et de vaccins, mais aussi à l'envoi de médecins, d'experts et de matériel médical dans les pays touchés par le virus, a-t-on précisé de mêmes sources.

«Nous avons mis beaucoup de moyens, mais ce n'est pas suffisant», a expliqué au Wall Street Journal la conseillère anti-terrorisme du président Obama, Lisa Monaco. «Le président a donc mis en place une stratégie plus ambitieuse et c'est ce qu'il détaillera mardi».

Le président américain avait annoncé il y a une semaine que les États-Unis enverraient des moyens militaires, dont des unités de mise en quarantaine, pour aider les pays concernés à lutter contre le virus.

Depuis cette annonce, le Pentagone n'a cependant dévoilé aucun projet de taille autre qu'un hôpital de campagne d'une capacité de 25 lits qui doit être envoyé au Liberia.

M. Obama entend par ailleurs réclamer des engagements financiers et la fourniture de matériel et de personnel médicaux, lors d'un sommet de chefs d'État aux Nations unies la semaine prochaine, afin d'établir un plan de bataille international renforcé.