Soudan: Meriam Ibrahim reste réfugiée à l'ambassade américaine

14/07/2014 15:37

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Meriam Ibrahim et son mari.Reuters

Au Soudan, une décision était attendue sur l'éventuel abandon des charges d'usage de faux contre la Soudanaise chrétienne Meriam Ibrahim réfugiée à l'ambassade des Etats-Unis. Le procureur devait s'exprimer mercredi, mais n'a finalement pas commenté la situation ; le juge devant statuer mardi ne s'était pas présenté. Si ces charges étaient abandonnées, elle et sa famille pourraient enfin quitter le Soudan. En attendant, elle reste coincée à l'ambassade.

Selon l'ambassade américaine à Khartoum, le départ de Meriam Ibrahim et sa famille aurait dû être réglé quelques jours après son arrivée dans les locaux. Ces déclarations remontent à fin juin et depuis rien n'a changé. Meriam Ibrahim, 27 ans, reste recluse au sein de l'ambassade, avec son mari Daniel, pourtant citoyen américain et sud-soudanais, et leurs deux enfants, dont Maya, la fille qu'elle a mise au monde en prison mi-juin, les jambes enchaînées.

Sa condamnation à mort pour apostasie a pourtant été annulée par la Cour d'appel le 23 juin dernier, mais elle a malgré tout été arrêtée à l'aéroport de Khartoum le 24 juin, alors que toute la famille s'apprêtait à partir pour les Etats-Unis. Les autorités aéroportuaires lui reprochaient de vouloir voyager avec un document sud-soudanais. Ce que le droit permet pourtant en théorie s'agissant de la nationalité de son mari.

Nouvelle procédure judiciaire

Depuis, elle a été la cible d'une nouvelle procédure devant la justice, lancée le 1er juillet par des personnes affirmant être membres de sa famille. Ces personnes, de confession musulmane, veulent prouver leur lien de parenté avec elle et étaient à l'origine de la première plainte en 2013 qui a abouti à sa condamnation à mort pour apostasie le 15 mai dernier.

Plusieurs groupes de défense des droits de l'homme considèrent que la famille de Meriam Ibrahim est en danger au Soudan. Joint mercredi, son avocat dit n'avoir toujours aucune date précise concernant une éventuelle décision de justice qui permettrait son départ du pays. Selon lui, l'ambassade américaine discute avec le gouvernement soudanais, mais cela pourrait encore prendre du temps.