Un laboratoire mobile européen à la rescousse contre le virus Ebola

12/08/2014 16:00

EMLab Project Scientists have been working in a mobile laboratory in Guinea, as part of the response to the Ebola virus disease outbreak, since March 2014

Depuis le mois de mars, des équipes de scientifiques européens se trouvent en Guinée, où ils travaillent dans un laboratoire mobile.

 Ils testent des échantillons prélevés sur des personnes soupçonnées d'avoir contracté la maladie à virus Ebola, et renforcent les moyens des laboratoires de ce pays.

En mars 2014, le Réseau mondial d'alerte et d'action en cas d'épidémie (GOARN) a demandé l'aide d'EMLab, le projet européen de laboratoires mobiles. Les responsables d'EMLab ont envoyé à Guéckédou (Guinée) l'un de leurs laboratoires - emballé dans 10 à 15 boîtes qui pèsent 30 kg chacune et peuvent être transportées par avion commercial ou par 2 camions.

Ce laboratoire contient du matériel permettant de tester des échantillons de sang humain et de diagnostiquer des cas de maladie à virus Ebola dans un environnement sûr, à l'aide de postes de sécurité microbiologique de classe 3, pour une protection maximale contre le virus.

Depuis la mise en place du laboratoire, le ministère guinéen de la Santé, l'OMS et une équipe de Médecins sans Frontières ont étudié la flambée épidémique, collectant et analysant des échantillons sanguins pour en savoir plus sur le virus et sur son origine.

Ces partenaires ont également envoyé des échantillons à des laboratoires européens pour analyse plus approfondie.

« À l'intérieur de la tente du laboratoire, la température atteint parfois les 40 oC, de sorte qu'il peut être inconfortable de travailler dans un environnement protégé - avec des gants, une blouse médicale et, parfois, un masque de protection couvrant la tête.

Mais ce travail est extrêmement gratifiant, notamment parce que nous pouvons renforcer les capacités du personnel de laboratoire local », explique le docteur allemand Kilian Stoecker.

Depuis le début de l'épidémie, plus de 25 scientifiques et techniciens ont été déployés en 6 équipes pour 4 semaines en moyenne, et des équipes supplémentaires seront déployées si nécessaire.

Plus de 600 échantillons (sang, tampons de prélèvement et urine) ont été testés jusqu'à présent. Plus de 200 d'entre eux ont été testés positifs pour le virus Ebola.

Presque tous les laboratoires européens de sécurité biologique de niveau 4 (BSL4) et d'autres instituts spécialisés dans le diagnostic des fièvres hémorragiques ont détaché auprès du consortium EMLab des scientifiques et techniciens qualifiés pour travailler dans le laboratoire mobile en Guinée.

Il est essentiel de confirmer les cas par des tests en laboratoire et d'analyser le virus pour détecter où il se transmet et prendre des mesures afin de contenir l'épidémie, ainsi que pour comprendre la constitution génétique du virus et renforcer les capacités locales afin de lutter contre de possibles flambées épidémiques futures.

Projet EMLab

Le laboratoire mobile a été mis au point par l'institut de microbiologie de la Bundeswehr, à Munich (Allemagne). Il a été fourni dans le cadre du projet EMLab pour renforcer les capacités de lutte contre de graves flambées épidémiques de maladies infectieuses en Europe et en Afrique.

Ce projet vise à renforcer la coopération scientifique entre l'Europe et l'Afrique, à aider les instituts de santé publique et de recherche africains à gérer les épidémies et à faire de la recherche, et à développer le savoir scientifique concernant les agents qui provoquent de graves maladies : les bactéries, les virus, les champignons et les parasites.

Financé par l'Office de coopération de la Direction générale du développement et de la coopération de la Commission européenne (EuropeAid) et coordonné par l'Institut de médecine tropicale Bernhard Nocht à Hambourg (Allemagne), ce projet rassemble de nombreux partenaires d'Allemagne (Institut de microbiologie de la Bundeswehr, Munich ; Université de Marbourg et Institut Robert Koch, Berlin), de France (Laboratoire P4 de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM-P4), Institut Pasteur, Lyon), de Hongrie (Centre national d'épidémiologie, Budapest), d'Italie (Institut national Lazzaro Spallanzani pour les maladies infectieuses, Rome), du Royaume-Uni (Public Health England, Porton Down), de Slovénie (Université de Ljubljana) et de Suisse (laboratoire de Spiez).

À propos de la maladie à virus Ebola

La maladie à virus Ebola (autrefois appelée fièvre hémorragique à virus Ebola) est une maladie grave, souvent mortelle, le taux de létalité pouvant atteindre 90 %.

Dans le cas de la présente flambée épidémique, ce taux est de 60 % en moyenne ; il oscille entre 45 et 70 %. C'est l'une des maladies les plus virulentes au monde.

Toutefois, elle peut être maîtrisée par l'application des mesures de protection recommandées dans les cliniques et les hôpitaux, dans les lieux de rassemblement et dans les foyers.

Cette infection se transmet par contact direct avec du sang, des liquides organiques ou des tissus de personnes ou d'animaux infectés.

La flambée épidémique actuelle de maladie à virus Ebola en Guinée, en Sierra Leone, au Libéria et au Nigéria a tué plus de 900 personnes depuis mars 2014.

L'OMS aide les autorités nationales à réagir.