Un premier cas recensé au Sénégal

30/08/2014 22:01

Jean Michel Gradt / Journaliste

    Un premier cas de fièvre Ebola a été confirmé vendredi au Sénégal. - AFP PHOTO / SEYLLOU

+ VIDEO Un premier cas de fièvre Ebola a été confirmé au Sénégal. Il concerne un ressortissant guinéen, a annoncé vendredi la ministre de la Santé, Awa Marie Coll-Seck. Dans la Guinée voisine, une émeute a éclaté vendredi dans la deuxième ville du pays, à la suite de rumeurs .

Un premier cas de fièvre Ebola a été confirmé au Sénégal, il concerne un ressortissant guinéen, a annoncé vendredi la ministre de la Santé, Awa Marie Coll-Seck. Le malade venait d'arriver de Guinée voisine. Jusqu'ici, l'épidémie particulièrement virulente concernait quatre pays d'Afrique de l'Ouest : la Guinée, la Sierra Leone, le Liberia et le Nigeria.

Les services de santé guinéens avaient évoqué mercredi de "la disparition d'une personne infectée par le virus Ebola qui se serait rendue au Sénégal.

La personne a été localisée à l'hôpital de Fann (à Dakar, NDLR). Il s'agit d'un jeune Guinéen qui a été aussitôt mis en quarantaine.

Les résultats des tests à l'Institut Pasteur se sont révélés positifs ", a souligné Mme Seck, ajoutant que le patient se trouvait "dans un état satisfaisant". "Le dispositif a été renforcé pour éviter la dissémination de la maladie à partir de ce cas importé", a-t-elle assuré.

Présent sur place, le journaliste Abdoulaye Niass évoque sur Twitter une "panique générale" et des "commentaires racistes et antiguinéens".

Le danger des rumeurs

Dans les pays concernés, les populations, souvent en butte aux rumeurs _ comme la guérison par les "bains salés" en Sierre Leone (voir la vidéo)_ et à la désinformation, sont à fleur de peau.

La preuve : l'émeute qui a éclaté vendredi à Nzérékoré dans la deuxième ville de Guinée, après des rumeurs selon lesquelles des infirmiers auraient contaminé des personnes avec le virus de la fièvre Ebola, ont rapporté vendredi à l'AFP un responsable de la Croix-Rouge et des habitants.


Une foule de jeunes gens, certains armés de matraques et de pistolets, ont érigé des barricades jeudi à travers la ville, qui compte autour de 300.000 habitants, et ils ont menacé d'attaquer l'hôpital, avant que les forces de sécurité n'interviennent pour rétablir l'ordre.

Des coups de feu ont été tirés et plusieurs personnes ont été blessées, a déclaré Youssouf Traoré, le président de la Croix-Rouge guinéenne.

Plus de 1.500 victimes

"Une rumeur dénuée de tout fondement s'est répandue, selon laquelle nous avions procédé à des pulvérisations sur le marché dans le but de transmettre le virus à des habitants", a déclaré Youssouf Traoré.

 "Les gens se sont révoltés et ont eu recours à la violence, ce qui a poussé la troupe à intervenir". Les employés de la Croix-Rouge ont dû se réfugier dans le camp militaire avec leur matériel médical.

La propagation de la maladie est pourtant moins rapide en Guinée qu'au Liberia et en Sierra Leone (voir la vidéo ci-dessous sur les diagnostics et les traitements).

L'épidémie de fièvre Ebola qui sévit en Afrique de l'Ouest s'est déclarée en mars dans le sud-est de la Guinée. Selon le bilan dressé hier par l'OMS, le virus de la fièvre hémorragique a fait 1.552 morts dans la région, dont plus de 400 décès en Guinée, sur un total de 3.069 personnes infectées.

Les personnels médicaux paient un lourd tribut à l'épidémie : 10 % des victimes sont des médecins ou des infirmiers.