Un quart de la population mondiale sera africaine d'ici 2050

16/08/2014 21:01

Par lefigaro

Aujourd'hui, plus de la moitié des enfants qui meurent à travers le monde sont africains.

Aujourd'hui, plus de la moitié des enfants qui meurent à travers le monde sont africains.Crédits photo : Jerome Delay/ASSOCIATED PRESS

Selon un rapport de l'Unicef publié mardi, 40 % des enfants de moins de cinq ans dans le monde vivront sur le continent africain, dont la population devrait doubler en l'espace de 35 ans.


À l'horizon 2050, un quart de la population mondiale sera africaine.

Ce chiffre étonnant s'appuie sur une projection calculée par le Fonds des Nations unies pour l'enfance et présentée mardi à Johannesburg.

Selon ce même rapport, Génération 2030/Afrique, la population du continent, qui compte actuellement 1,2 milliard d'habitants, devrait doubler d'ici le milieu du siècle et atteindre 4,2 milliards d'ici 2100.

La part des Africains dans la population mondiale sera alors de 40%. «Des taux élevés de fertilité et un nombre croissant de femmes en âge de procréer ont pour conséquence que, au cours de trente-cinq prochaines années, quasiment deux milliards de bébés naîtront en Afrique», explique l'Unicef.

C'est l'autre enseignement de ce travail: en 2050, 40% des enfants de moins de cinq ans dans le monde vivront sur le continent africain.

Derrière ce constat global, notent les auteurs du rapport, certains pays méritent une attention plus particulière. Le Nigeria, par exemple, se trouve en première ligne.

Le pays connaît déjà la plus forte natalité du continent. Près d'un bébé sur dix né sur Terre en 2050 sera nigérian.

D'ici cette date, la population du pays sera multipliée par deux, soit 440 millions d'habitants.

D'autres pays d'Afrique sub-saharienne sont concernés par un fort taux de croissance démographique, comme le Niger qui devrait passer de 19 millions d'habitants en 2015 à 69 millions 35 ans plus tard.

«Ce rapport doit servir de catalyseur à un débat international»

Leila Gharagozloo-Pakkala, la directrice régionale à l'Unicef pour l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe.

L'agence onusienne entend profiter de ce tournant démographique pour sensibiliser la communauté internationale sur la question de l'enfance en Afrique, d'autant plus importante sur ce continent où près de 47 % de la population est âgée de moins de 18 ans.

«Ce rapport doit servir de catalyseur à un débat international, régional et national sur les enfants africains,» affirme Leila Gharagozloo-Pakkala, la directrice régionale à l'Unicef pour l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe. «En investissant aujourd'hui dans les enfants - dans leur santé, leur éducation et leur protection - l'Afrique pourrait tirer parti des avantages économiques auparavant connus par d'autres régions et d'autres pays qui ont connu des changements démographiques similaires.»

De nombreux progrès restent à accomplir en la matière.

Aujourd'hui, plus de la moitié des enfants qui meurent à travers le monde sont africains, relève le rapport.

Ce chiffre déjà terrible devrait continuer à augmenter pour atteindre 70 % au milieu du siècle. Un enfant sur 11 meurt ainsi avant d'avoir atteint l'âge de cinq ans.

Cette moyenne est quatorze fois plus élevée que celle observée dans les pays à revenus élevés.

Et les conditions de vie pour les survivants ne sont guère réjouissantes.

Trois mineurs africains sur dix vivent dans «des contextes fragiles et affectés par des conflits», souligne l'Unicef. La misère fait encore des ravages.

L'Unicef estime à 40 % la part de la population vivant sous le seuil de pauvreté.