Un test sanguin pour prédire la propension au suicide ?

02/08/2014 22:56

Le Point.fr - Publié le

Des chercheurs ont pu déterminer avec une exactitude de 80 à 90 % si une personne avait eu des pensées suicidaires ou avait essayé de se donner la mort.

Le test sanguin peut déterminer si un individu a eu des pulsions suicidaires.

Le test sanguin peut déterminer si un individu a eu des pulsions suicidaires. © Sipa

Un simple test sanguin pourrait un jour déterminer la propension au suicide d'une personne, selon des chercheurs américains qui ont découvert un indicateur génétique de la vulnérabilité du cerveau aux effets du stress et de l'anxiété.

Ces scientifiques de l'université Johns-Hopkins ont étudié la façon dont certaines substances chimiques, des méthyles, agissent sur le gène SKA2 qui joue un rôle clé car il supprime les effets des hormones produites par le stress. Selon eux, si le fonctionnement de ce gène est affecté par un changement chimique, le cerveau est incapable de mettre fin aux effets des hormones sécrétées par le stress et l'anxiété, ce qui peut pousser une personne au suicide.

Ces chercheurs, dont les travaux ont été publiés mercredi dans L'American Journal of Psychiatry, ont étudié des échantillons de 150 cerveaux, certains provenaient de personnes mentalement saines et d'autres qui souffraient de maladies mentales, dont plusieurs avaient mis fin à leurs jours.

Ils ont constaté que celles qui s'étaient suicidées avaient des teneurs très élevées de substances chimiques qui altèrent le gène SKA2, l'empêchant de supprimer les effets des hormones produites par le stress.

Un test qui ne sera pas disponible avant au moins 5 à 10 ans

Les scientifiques ont ensuite testé des échantillons de sang de plus de 325 participants à leur étude pour voir s'il était possible de repérer ceux présentant le risque le plus élevé de suicide en utilisant le même biomarqueur.

Ils ont pu déterminer avec une exactitude de 80 à 90 % si une personne avait eu des pensées suicidaires ou avait tenté de se suicider en examinant ce simple gène SKA2, tout en prenant en compte l'âge, le sexe et les niveaux de stress et d'anxiété.

Ce test sanguin ne sera pas disponible avant au moins cinq à dix ans, a estimé le Dr Zachary Kaminsky, professeur adjoint à l'université Johns-Hopkins et principal auteur de cette recherche, cité par la chaîne CNN. Le suicide est la dixième cause de mortalité aux États-Unis, selon la National Action Alliance for Suicide Prévention.

Cette organisation a pour objectif de réduire le taux de suicide dans le pays de 20 % en cinq ans en identifiant mieux les personnes les plus vulnérables.