Une œuvre de Banksy vandalisée dans la ville hébergeant la NSA britannique

03/08/2014 18:24

Le Monde.fr avec AFP '     

 L'œuvre de Banksy vandalisée, le 1er août à Cheltenham.

L'œuvre de Banksy vandalisée, le 1er août à Cheltenham. ' AP/Claire Hayhurst

Une peinture de l'artiste anglais Banksy, représentant des agents secrets qui écoutent les appels d'une cabine téléphonique publique, a été vandalisée, vendredi 1er août, à Cheltenham, la ville qui héberge le GCHQ (Government Communications Headquarters), service de renseignement britannique chargé des écoutes.

 A Cheltenham, le mystère de la cabine téléphonique

L'œuvre, qui montre trois agents du renseignement des années 1950 en imperméables beiges, chapeaux et lunettes noires, a été dessinée sur un mur blanc auquel est fixée une cabine téléphonique. Les agents qui entourent la cabine brandissent des micros et deux d'entre eux portent des casques afin d'écouter les conversations téléphoniques.

DÉNONCER LES ÉCOUTES À GRANDE ÉCHELLE

Les trois personnages de la peinture ont été recouverts dans la nuit de jeudi à vendredi de peinture argentée et rouge. Cette œuvre, baptisée « Spy Booth » (« Cabine d'espion »), est présentée comme une allégorie de l'artiste visant à dénoncer les écoutes pratiquées à grande échelle par le gouvernement britannique.

Le graffiti est apparu du jour au lendemain en avril à Cheltenham, dans l'ouest de l'Angleterre, à quelques kilomètres du siège du GCHQ, et avait déjà été vandalisé dans les semaines suivantes. L'artiste en avait ensuite revendiqué la paternité lors d'un échange de questions-réponses sur son site officiel.

« Tout le monde est très, très en colère », a déclaré Angela De Souza, qui fait partie d'une association locale de défense des œuvres de l'artiste, Save The Banksy. Elle a précisé qu'un millionnaire local était en négociation pour acheter le graffiti.

Banksy, figure mystérieuse du Street art est actuellement exposé à Londres. Un événement rétrospective non autorisé et organisé par l'ancien agent de l'artiste.

Steve Lazarides a commencé par donner un aspect rue à la galerie pour une exposition pas tout à fait autorisée.

Steve Lazarides : 'Pour lui cette expo est certainement la dernière chose qu'il aimerait voir. C'est une exposition non autorisée.

Il n'a rien à voir avec elle, hormis le fait qu'il a fait toutes les peintures. Pour lui, enfin je ne sais pas, je pense que c'est intéressant de voir toutes ses oeuvres rassemblées.

En tout 70 oeuvres sont exposées, des peintures, des scultpures, des impressions. Il s'agit en fait d'une exposition vente avec des prix qui pourraient atteindre des centaines de milliers d'euros...

 Steve Lazarides : 'Je vais être très intéressé de voir quelle est la réaction actuelle des gens devant son travail, parce que quand nous avons commencé à les vendre certaines coûtaient moins d'une centaine de livres.

Et parfois la façon dont les gens traitent quelque chose qui vaut une centaine de livre est très différente quand cela atteint plus d'un million.

 Il s'agit d'ailleurs d'un thème récurrent de l'artiste qui en octobre dernier organisait une vente sauvage dans un parc de New York d'oeuvres originales moyennant quelques centaines de dollars.  Steve Lazarides : 'Il y a vraiment une accessibilité qui parle à tout le monde.

Mais il est aussi un des rares artistes qui, ces dernières années ont mis la politique en une perspective que les gens peuvent comprendre.' 'Banksy : la rétrospective non autorisée' titre de l'expo organisée par le très opportuniste ancien agent, chez Sotheby's à Londres jusqu'au 25 juillet.

« NOUS ÉTIONS INQUIETS QUANT À LA SÉCURITÉ DE L'ŒUVRE »

« Pour autant que je sache, les contrats ont été rédigés et étudiés hier », a-t-elle ajouté. « Nous étions inquiets quant à la sécurité de l'œuvre, mais nous ne nous attendions pas à une attaque si rapide », a-t-elle dit.

« Le Banksy est protégé par une peinture antigraffiti, mais nous sommes dans une course contre la montre parce que la peinture pourrait traverser la couche de protection et ruiner l'œuvre d'art », a-t-elle expliqué, précisant qu'une opération méticuleuse de nettoyage menée par des habitants de la ville était en cours.

Banksy est à l'origine de ce dessin, découvert sur le mur d'une maison, à Cheltenham, dans le Gloucestershire.

Banksy est à l'origine de ce dessin, découvert sur le mur d'une maison, à Cheltenham, dans le Gloucestershire. ' AP/BEN BIRCHALL