VIDEO MUSICALE DE LA SEMAINE SYMPATHY FOR THE DEVIL ROLLING STONES

07/01/2018 10:07

Sympathy for the Devil est une chanson des Rolling Stones, écrite par Mick Jagger1 et parue sur l'album Beggars Banquet le . Ce titre a été enregistré quelques jours après mai 68, en présence des caméras de Jean-Luc Godard.


Au départ appelée The Devil Is My Name , cette chanson chantée par Mick Jagger est une allusion au diable dont le chanteur revêt directement le costume en mentionnant notamment le Christ, Ponce Pilate, le tsar Nicolas II de Russie, sa fille Anastasia Nikolaïevna de Russie ainsi que la famille Kennedy entre autres.

La chanson est inspirée par Le Maître et Marguerite, un roman de l'écrivain Mikhaïl Boulgakov .

Dans une interview parue dans le magazine Rolling Stone en 1995, Jagger déclare (« Je crois que ça vient d'une vieille idée de Baudelaire, je crois mais peut-être que je me trompe. Parfois quand je relis les œuvres de Baudelaire, je n'arrive pas à la retrouver. Mais c'est une idée que j'ai trouvé dans un livre français. J'ai juste pris quelques phrases et rajouté mes idées. Je l'ai écrite un peu à la manière de Dylan ». C'est Richards qui propose de modifier le tempo et de rajouter les percussions, transformant le style de la chanson, passant ainsi du folk à la samba.

En fait, la plupart des paroles de la chanson semblent faire fortement référence au roman de Mikhaïl Boulgakov, Le Maître et Marguerite . Les premières paroles du titre, (« Permettez-moi s'il vous plait de me présenter, je suis un homme de biens et de goût ») montrent assez clairement les origines de l'inspiration de Jagger, le roman commençant sur ces mots ; « Excusez-moi, dit-il en parlant correctement, mais avec un accent étranger, pour avoir présumé vous parler sans une introduction ». D'autres allusions sont faites à ce livre dans les paroles « Je me trouvais dans les parages quand Jésus-Christ eut son moment de doute et de douleur / Je me suis bien assuré que Pilate avait lavé ses mains et scellé son destin » : un passage de la Bible mentionné dans les premiers chapitres du roman de Mikhaïl Boulgakov.

Jagger déclare au cours de l'interview pour le magazine Rolling Stone « c'est un personnage historique qui remonte très loin dans le passé - les deux entités que sont le bien et le mal - donc c'est un très long parcours qu'il a réalisé avant de prendre sa forme finale dans cette œuvre ».

Cependant le sujet principal des paroles concerne surtout les atrocités réalisées par les hommes au cours de l'Histoire, incluant notamment les guerres de religion en Europe, la violence de la Révolution russe de 1917 et le massacre en 1918 de la famille Romanov et la Seconde Guerre mondiale. Les paroles font également référence à l'assassinat de John F. Kennedy et de son frère Robert Kennedy. Les Stones enregistraient le titre lorsque ce dernier fut tué, et les paroles de la chanson furent alors modifiées, passant de « Who killed Kennedy ? » à « Who killed the Kennedys ? ». La réponse apportée est « vous et moi » : ce qui est une façon de dire que « le diable c'est pas l'autre, c'est vous et moi ». D'ailleurs Keith Richards déclare dans une interview « Nous sommes tous Lucifer. ».

À l'époque de la sortie de Beggars Banquet, les Rolling Stones avaient déjà hérissés les milieux conservateurs pour les paroles à caractère sexuel du titre Let's Spend the Night Together, après leur reprise du blues de Willie Dixon I Just Want to Make Love to You.

La chanson a sans doute échappé à de plus féroces critiques lorsque le premier titre de l'album, Street Fighting Man sortit, devenant une source de controverses encore plus amères dans le contexte chaotique d'alors avec les divers soulèvements populaires dans le monde, les émeutes raciales aux USA, et les Mouvements pour les droits civiques, ainsi que les révoltes estudiantines de 1968 dans de nombreuses villes d'Europe et des États-Unis dira Bill Wyman dans son ouvrage Rolling with the Stones.