Politique de la Ville

Le problème Urbain d' Aujourd'hui


« 50% de l'humanité vit dans les villes alors que ce chiffre n'était que de 3% en 1800. Les campagnes sont désertées, les villes engorgées. Cette situation est à l'origine d'importants problèmes et conflits sociaux qui touchent et toucheront encore pour longtemps nos sociétés actuelles ».

L'Urbanisation croissante du monde

L'exode rural a été tel qu'il n'a pas permis à la ville de s'y adapter et donc de pouvoir prendre en charge convenablement l'arrivée de ces nouvelles populations.

Les complexes Immobiliers, les Espaces Urbains ont été construits à la hâte sans réelle concertation, sans projet urbain, sans prendre compte d'une architecture urbaine cohérente,afin d'accueillir ces nouveaux travailleurs, etc.

C'est dans ce contexte que le problème urbain s'est posé.

C'est donc l'urbanisation progressive du monde qui a conduit à l'apparition de villes gigantesques, dans lesquelles les problèmes sociaux sont apparus et  se sont accrus.

On parle aujourd'hui de mégapoles, de mégalopoles ou encore de métropole :

  • la mégapole est une très grande agglomération, dont la population est de plus de 8 millions d'habitants. Elle dispose donc d'une véritable  influence à l'échelle mondiale.
  • au-dessus de la mégapole, la métropole exerce une influence déjà considérable.

  • enfin, la mégalopole constitue la plus importante structure, car elle comprend de nombreuses agglomérations.

Cette expansion rapide des villes a entrainé un « malaise urbain » qui, en se généralisant, a créé des ghettos communautaires ou se sont agglomérées les populations les plus défavorisées.

Explosion du Phénomène Urbain

L'Urbanisation massive ne s'est réellement posé en France que récemment  car la France a longtemps été majoritairement agricole.

Dans les années 1950-1960 du fait de la naissance des trente glorieuses et du baby-boom d'après-guerre, le pays a connu un exode rural massif qui a conduit à la concentration de ces nouvelles populations autour des grandes villes.

Face à cet afflux de population, les pouvoirs publics de l'époque  ont rapidement érigé des constructions, souvent dans l'urgence sans réelle étude sociologique, sans pensée urbaine réfléchie (sans réflexion architecturale et urbaniste).

Cette construction s'est essentiellement concentrée dans des quartiers regroupant des familles modestes, les communautés étrangères.
C'est dans ces cadres urbains que le climat a évolué en quelques années vers d'importants problèmes sociaux.

La naissance de ces zones défavorisées a entrainé une exclusion des personnes se trouvant dans une situation de précarité.

Il convient d'ajouter que la pauvreté est une notion très relative puisqu'elle est considérée en fonction du rapport aux autres personnes ; elle varie donc selon les pays.

En France, c'est ainsi la précarité qui pose un véritable problème dans les villes ; majoritairement concentrés dans des zones urbaines, les mal-logés, les populations issues de l'immigration ou les étrangers  sont très nombreux.

En 2001 déjà, 3,5 millions de personnes vivaient en dessous du seuil de pauvreté en France.

Mais les personnes concernées ont changé ; alors que les personnes âgées étaient essentiellement concernées, ce sont maintenant les personnes issues de l'immigration, les jeunes qui désormais souffrent de la précarité, avec des taux de chômage importants pour les 15-24 ans.

De nombreuses mesures sont régulièrement prises par les associations et le gouvernement, mais l'exclusion sociale reste bien présente et devient grandissante depuis la crise de 2008.

Ces zones défavorisées accumulent un ensemble de problèmes qui contribuent à enfoncer un peu plus les personnes qui y vivent dans leur misère.

Cette misère sociale s'appuie sur un niveau intellectuel faible, sur un communautarisme naissant, sur l'échec d'une politique d'intégration, sur une délinquance importante, mais aussi sur une violence qui parfois s'amplifie.

Mais les zones défavorisées ne sont pas les seules à souffrir d'un malaise urbain.

A l'intérieur des villes vivent aussi des personnes seules, des laissés pour compte, rongés par l'individualisme et l'égoïsme ambiant et à la méfiance des uns à vis à vis des autres.

Quelles Solutions face au Problème Urbain ?

Face aux souffrances des plus démunis, l'abbé Pierre fonde Emmaüs en 1949. Cette action s'amplifiera avec le temps.

C'est ensuite Coluche qui met en place en 1985 les Restos du cœur. Ces aides aux plus démunis constituent aujourd'hui une vraie solution à l'un des problèmes posés par les villes.

Sur le plan politique, la Politique de la ville s'est développée à partir des années 1970 car les quartiers avaient été construits trop rapidement en périphérie des grandes villes sans prendre en compte leur explosion démographique, ni les conditions de vie des personnes.

La Politique de la Ville vise à lutter contre la précarité des personnes y vivant et contre leur exclusion.

De nombreuses actions sont ainsi menées depuis quelques décennies : insertion professionnelle, amélioration de l'aménagement urbain, amélioration de l'éducation, lutte contre la délinquance et la violence, etc.

Ces Actions sont établies par le biais d'une politique interministérielle. Un ministère de la ville a également été créé en 1990, avec pour premier titulaire Bernard Tapie.

Ce sont par la suite les « Zones Franches Urbaines » qui sont créées afin de redynamiser les banlieues. Malgré l'ensemble de ces mesures, les résultats restent peu convaincants puisque la crise des banlieues s'accentue notamment en 2005, avec des émeutes.

Un « Plan Espoir Banlieues » est ainsi mis en place en 2008 afin d'approfondir l'engagement de l'Etat en faveur des quartiers défavorisés. Il se base essentiellement sur 3 priorités :

* l'emploi

* l'éducation

* le désenclavement.

Les mal-logés quant à eux ont fait l'objet d'importants débats, grâce notamment à l'Association « Les enfants de Don Quichotte », qui en 2006 a su médiatiser l'attention de la population sur ces personnes en grande difficulté.

C'est ainsi que la loi du 5 mars 2007 a mis en place « le droit au logement opposable » :

Loi (DALO, ce texte devait s'appliquer en principe à tous en 2012, mais les difficultés pratiques de mise en œuvre d'un tel droit se sont révélées insurmontables, ce qui l'a rendu peu efficace.

Le Problème Urbain aujourd'hui

Une fois l'ensemble de ces considérations établies, on peut alors se pencher sur ce problème tel qu'il se dessine actuellement.

On a pu constater depuis plusieurs années que les banlieues sont le siège régulier de révoltes, révoltes qui ont atteint leur paroxysme en 2005.

Les premières grandes émeutes ont eu lieu dans le Quartier des Minguettes en 1981 ; de nombreuses voitures avaient été détruites par les jeunes en deux mois.

C'est ensuite en 2005 que de nouvelles émeutes vont alerter l'opinion publique française sur le problème des banlieues.

Les modes de protestation sont généralement les mêmes que les années précédentes : incendies de véhicules, de poubelles ou encore d'équipements collectifs.

Cette violence montre la misère et la révolte des habitants de ces quartiers. Ces révoltes se fondent en effet sur les conditions de vie déplorables dans ces quartiers.

Le taux de chômage y est très important, et les trafics de stupéfiants très nombreux.

Les politiques de la ville successives peu ou pas fructueuses ont entrainé une stigmatisation des jeunes des quartiers, souvent issue de l'immigration et accusés de tous les maux.

C'est dans ce cadre que nait un sentiment d'insécurité, mais aussi de rejet de la société, des politiques, de l'état en général.

Il parait donc aujourd'hui nécessaire pour les gouvernements successifs, de poursuivre les efforts investis et constitués par les politiques de la ville successives qui malheureusement sont souvent jugées insuffisantes par les populations de ses quartiers aujourd'hui appelés ZUS (Zones Urbaines Sensibles) ou plus récemment ZSP (Zones de sécurité Prioritaires).

L'emploi des femmes dans les zones urbaines sensibles         

Depuis 2009, dans un contexte marqué par une forte dégradation socio-économique, la situation des femmes vivant dans les quartiers populaires est devenue professionnellement plus précaire : elles sont de plus en plus nombreuses à se retirer du marché du travail, elles occupent moins souvent des contrats à durée indéterminée et leur temps de travail compte davantage de temps partiels, d'horaires tardifs ou de travail le dimanche.

Ce constat diffère des conclusions générales sur le caractère sexué des effets de la crise : au niveau national, l'emploi des femmes semble, au contraire, à court terme, avoir moins souffert de la crise que celui des hommes, en raison des secteurs qu'elles occupent sur le marché du travail.

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Il est aussi nécessaire aujourd'hui de continuer les plans d'urbanisation et de rénovation urbaine, d'accentuer les tissus associatifs et économiques de ces quartiers, de renforcer l'éducation, d'intégrer les populations, de développer l'interculturalité face au communautarisme ainsi que les chantiers culturels afin de favoriser les activités citoyennes et le vivre ensemble.

Longtemps, la Politique de la ville a délaissé l'amélioration de l'entretien des espaces urbains, de la tranquillité publique et des services à l'habitat. Confrontés à des « spirales de dégradations » dans certains quartiers, les pouvoirs publics ont proposé des réponses en termes de réhabilitation, de démolition, de requalification urbaine, de désenclavement...

Or, plusieurs bilans ont montré l'insuffisance d'une politique centrée exclusivement sur l'investissement et conçue comme une intervention ponctuelle sur le bâti et les aspects techniques.

Ils ont souligné la nécessité d'une action en continu, visant à accompagner les politiques d'investissement en cours par des politiques de fonctionnement, et à améliorer la vie quotidienne des habitants en mettant l'accent sur l'entretien et la tranquillité publique.Tel est l'enjeu des démarches de gestion urbaine de proximité, expérimentées au cours des années 1980.

Malheureusement le facteur humain ,  les diversités culturelles, cultuelles, le travail ,le lien social ont été oubliés , c'est dans ce cadre la qu'AMI intervient.