Mutilations sexuelles féminines

À la suite de la Journée internationale de la tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines, célébrée le 6 février 2015, l'ONU appelle le personnel de santé du monde entier de tout faire pour que cesse cette pratique profondément néfaste dont ont été victimes 130 millions de filles et femmes dans 29 pays.



Principaux points

  • Les mutilations sexuelles féminines sont des interventions qui altèrent ou lèsent intentionnellement les organes génitaux externes de la femme pour des raisons non médicales.
  • Ces pratiques ne présentent aucun avantage pour la santé des jeunes filles et des femmes.
  • Elles peuvent provoquer de graves hémorragies et des problèmes urinaires, et par la suite des kystes, des infections, la stérilité, des complications lors de l'accouchement, et accroître le risque de décès du nouveau-né.
  • Plus de 125 millions de jeunes filles et de femmes sont victimes de mutilations sexuelles pratiquées dans 29 pays africains et du Moyen Orient où ces pratiques sont concentrées.(1)
  • Elles sont pratiquées le plus souvent sur des jeunes filles entre l'enfance et l'âge de 15 ans.
  • Les mutilations sexuelles féminines sont une violation des droits des jeunes filles et des femmes.

Les mutilations sexuelles féminines recouvrent toutes les interventions incluant l'ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou toute autre lésion des organes génitaux féminins qui sont pratiquées pour des raisons non médicales.

Cette intervention est le plus souvent pratiquée par des circonciseurs traditionnels, qui jouent souvent un rôle central dans les communautés, notamment en tant qu'accoucheurs.  Toutefois, plus de 18% des mutilations sexuelles féminines sont pratiquées par des soignants, et cette tendance à la médicalisation augmente. 

Les mutilations sexuelles féminines sont internationalement considérées comme une violation des droits des jeunes filles et des femmes. Elles sont le reflet d'une inégalité profondément enracinée entre les sexes et constituent une forme extrême de discrimination à l'égard des femmes. Elles sont presque toujours pratiquées sur des mineures et constituent une violation des droits de l'enfant. Ces pratiques violent également les droits à la santé, à la sécurité et à l'intégrité physique, le droit d'être à l'abri de la torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que le droit à la vie lorsqu'elles ont des conséquences mortelles.

Classification

Les mutilations sexuelles féminines se classent en quatre catégories:

  • La clitoridectomie: ablation partielle ou totale du clitoris (petite partie sensible et érectile des organes génitaux féminins) et, plus rarement, seulement du prépuce (repli de peau qui entoure le clitoris).
  • Excision: ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres (qui entourent le vagin).
  • Infibulation: rétrécissement de l'orifice vaginal par la création d'une fermeture, réalisée en coupant et en repositionnant les lèvres intérieures, et parfois extérieures, avec ou sans ablation du clitoris.
  • Autres: toutes les autres interventions néfastes au niveau des organes génitaux féminins à des fins non médicales, par exemple, piquer, percer, inciser, racler et cautériser les organes génitaux.

Aucun bienfait pour la santé, seulement des dangers

Les mutilations sexuelles féminines ne présentent aucun avantage pour la santé et sont préjudiciables à bien des égards aux jeunes filles et aux femmes. Elles comportent l'ablation de tissus génitaux normaux et sains ou endommagent ces tissus et entravent le fonctionnement naturel de l'organisme féminin.

Les complications immédiates peuvent être douleur violente, choc, hémorragie, tétanos ou septicémie (infection bactérienne), rétention d'urine, ulcération génitale et lésion des tissus génitaux adjacents.

Les conséquences à long terme sont notamment:

  • infections récidivantes de la vessie et des voies urinaires;
  • kystes;
  • stérilité; 
  • risque accru de complications lors de l'accouchement et de décès des nouveau-nés;
  • nécessité de pratiquer ultérieurement de nouvelles opérations chirurgicales. Par exemple, en cas de fermeture ou de rétrécissement de l'orifice vaginal (type 3 ci-dessus), il faudra procéder à une réouverture pour permettre à la femme d'avoir des rapports sexuels et d'accoucher. Ainsi, l'orifice vaginal est  parfois refermé à plusieurs reprises, y compris après un accouchement, ce qui accroît et multiplie les risques immédiatement et à long terme.

Quelle population est exposée?

Les mutilations sexuelles sont pour la plupart pratiquées sur des jeunes filles entre l'enfance et l'âge de 15 ans et à l'occasion sur des femmes adultes. En Afrique, on estime que plus de  trois millions de jeunes filles par an sont menacées par ces pratiques.

Plus de 125 millions de jeunes filles et de femmes sont victimes de mutilations sexuelles pratiquées dans 29 pays africains et du Moyen Orient où ces pratiques sont concentrées.(1)

Cette pratique est la plus commune dans l'ouest, l'est et le nord-est de l'Afrique, dans certains pays d'Asie et au Moyen-orient, ainsi que dans certaines communautés d'immigrants en Amérique du Nord et en Europe.

Facteurs culturels, religieux et sociaux

Les mutilations sexuelles féminines sont le produit de divers facteurs culturels, religieux et sociaux au sein des familles et des communautés.

  • Là où elle relève d'une convention sociale, la pression sociale qui incite à se conformer à ce que font ou ont fait les autres constitue une forte motivation pour perpétuer cette pratique.
  • Les mutilations sexuelles féminines sont souvent considérées comme faisant partie de la nécessaire éducation d'une jeune fille et de sa préparation à l'âge adulte et au mariage.
  • Les mutilations sexuelles féminines sont souvent motivées par des croyances relatives à ce qui est considéré comme un comportement sexuel approprié, c'est-à-dire que ces pratiques ont à voir avec la virginité prénuptiale et la fidélité conjugale. Selon les croyances de nombreuses communautés, les mutilations sexuelles réduiraient la libido féminine, ce qui aiderait les femmes à résister aux actes sexuels «illicites». Lorsqu'une ouverture vaginale est obstruée ou rétrécie (type 3 ci-dessus), la crainte de douleurs en cas de réouverture, et la peur que cette réouverture soit découverte, sont censées décourager les femmes d'avoir des relations sexuelles «illicites».
  • Les mutilations sexuelles féminines sont associées à des idéaux culturels de féminité et de modestie, selon lesquels les jeunes filles sont "propres" et "belles" après l'ablation de parties de leur anatomie considérées comme "masculines" ou "malpropres".
  • Bien qu'aucun texte religieux ne prescrive cette intervention, les praticiens pensent souvent qu'elle a un fondement religieux.
  • Les autorités religieuses adoptent des positions variables à l'égard des mutilations sexuelles féminines: certaines les préconisent, d'autres les considèrent comme étrangères à la religion et d'autres encore contribuent à leur élimination.
  • Les structures locales du pouvoir et de l'autorité,  tels que les dirigeants communautaires, les chefs religieux, les circonciseurs et même certains agents de santé peuvent contribuer à conforter cette pratique.
  • Dans la plupart des sociétés, les mutilations sexuelles féminines sont considérées comme une tradition culturelle, argument souvent avancé pour les perpétuer.
  • Dans certaines sociétés l'adoption récente de cette pratique s'explique par la volonté de copier les traditions de groupes voisins. On trouve parfois à son origine un mouvement de recrudescence religieuse ou traditionnelle.
  • Dans certaines sociétés, les mutilations sexuelles féminines sont pratiquées par des groupes nouveaux lorsqu'ils arrivent dans des zones où la population locale les pratiquent.

Action internationale

En décembre 2012, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution sur l'élimination des mutilations sexuelles féminines.

L'OMS a publié en 2010 une Stratégie mondiale visant à empêcher le personnel de santé de pratiquer des mutilations sexuelles féminines en collaboration avec d'autres grandes instances des Nations Unies et organisations internationales.

En 2008, l'OMS et 9 autres partenaires des Nations Unis ont adopté une nouvelle déclaration sur l'élimination  des mutilations sexuelles féminines. Celle-ci apporte de nouveaux éléments recueillis au cours de la dernière décennie au sujet de cette pratique. Elle met en évidence la reconnaissance croissante des dimensions juridiques du problème et ses liens avec les droits de l'homme, tout en apportant des données actualisées sur la fréquence et l'ampleur des mutilations sexuelles féminines. Elle résume aussi les recherches sur les causes de la persistance de cette pratique, sur les moyens d'y mettre fin et sur ses effets néfastes pour la santé des femmes, des jeunes filles et des nouveau-nés.

Cette nouvelle déclaration fait suite au premier texte adopté en 1977 que l'OMS a publié avec le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP).

Depuis 1997, de grands efforts ont été entrepris pour lutter contre les mutilations sexuelles féminines, grâce à la recherche, à la collaboration au sein des communautés et à l'introduction de changements dans les politiques publiques. Parmi les progrès réalisés au plan international et local, on relève:

  • un plus grand engagement international pour mettre un terme aux mutilations sexuelles féminines;
  • la mise en place d'organes de surveillance internationaux et l'adoption de résolutions condamnant cette pratique;
  • des cadres juridiques révisés et une volonté politique croissante de mettre fin aux mutilations sexuelles féminines (notamment l'adoption d'une loi contre les mutilations sexuelles féminines dans 24 pays africains et dans plusieurs états de deux autres pays, ainsi que dans 12 pays industrialisés accueillant des immigrés originaires de pays où ces mutilations sont pratiquées); et
  • dans la plupart des pays, un recul des mutilations sexuelles féminines et une augmentation du nombre de femmes et d'hommes favorables à leur suppression dans les communautés où elles sont pratiquées.

Les recherches montrent que si ces communautés décident elles-mêmes d'abandonner les mutilations sexuelles féminines, cette pratique pourrait disparaître très rapidement.

L'action de l'OMS

L'Assemblée mondiale de la Santé a adopté en 2008 une résolution (WHA61.16) sur l'élimination des mutilations sexuelles féminines soulignant qu'une action concertée est nécessaire dans les secteurs tels que l'éducation, les finances, la justice et les affaires féminines.

Les efforts de l'OMS en vue d'éliminer les mutilations sexuelles féminines mettent l'accent sur:

  • le renforcement des systèmes de santé: élaborer des matériels de formation et des lignes directrices à l'intention des professionnels de la santé pour les aider à prendre en charge et à conseiller les femmes qui ont subi ces pratiques.
  • recherche de preuves scientifiques: acquérir des connaissances sur les causes et les conséquences de cette pratique, sur les moyens de l'éliminer et sur les soins à dispenser à celles qui ont subi des mutilations sexuelles;
  • la sensibilisation: élaborer des publications et des outils de sensibilisation pour permettre des actions au niveau  international, régional et local afin d' en finir avec les mutilations sexuelles féminines en moins d'une génération;

L'OMS est particulièrement préoccupée par le fait que les mutilations sexuelles féminines sont de plus en plus pratiquées par du personnel médical qualifié. L'OMS engage vivement les professionnels de santé à ne pas se livrer à de telles pratiques.

Classification des mutilations sexuelles féminines

Les mutilations sexuelles féminines n'ont aucun bénéfice connu pour la santé. Bien au contraire, on sait qu'elles sont préjudiciables à bien des égards aux jeunes filles et aux femmes. Mais surtout, elles sont douloureuses et traumatisantes. L'ablation de tissus génitaux normaux et sains ou les dommages causés à ces tissus entravent le fonctionnement naturel de l'organisme féminin et a diverses conséquences immédiates ou plus durables sur la santé.

Par exemple, les enfants nés de mères ayant subi des mutilations sexuelles présentent un taux accru de mortalité néonatale par rapport aux enfants des autres femmes; les femmes ayant été soumises à cette pratique ont un risque accru de donner naissance à des enfants mort-nés, à des enfants devant être réanimés ou à des enfants de faible poids. Selon les estimations, les mutilations sexuelles féminines entraînent un ou deux décès périnatals supplémentaires pour 100 accouchements.

Les communautés qui ont recours aux mutilations sexuelles féminines mettent en avant diverses raisons sociales et religieuses pour justifier la poursuite de cette pratique. Du point de vue des droits de l'homme, celle-ci reflète des inégalités entre les sexes profondément enracinées et constitue une forme extrême de discrimination à l'égard des femmes.

Les mutilations sexuelles féminines sont presque toujours pratiquées sur des mineures et elles constituent par conséquent une violation des droits de l'enfant. Cette pratique viole également le droit de la personne à la santé, à la sécurité et à l'intégrité physique, le droit de ne pas subir de tortures et de traitements cruels, inhumains ou dégradants et le droit à la vie lorsque l'intervention entraîne la mort.

Classification des mutilations sexuelles féminines (2008)

Les mutilations sexuelles féminines recouvrent toutes les interventions aboutissant à une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou autres lésions des organes génitaux féminins pratiquées à des fins non thérapeutiques (OMS, UNICEF, UNFPA, 1997).

Dans la Déclaration conjointe OMS/UNICEF/UNFPA, les mutilations sexuelles féminines sont classées en quatre types. L'expérience tirée de l'utilisation de cette classification durant la dernière décennie a mis en lumière certaines ambiguïtés. La présente classification comporte donc des modifications pour tenir compte des préoccupations et des insuffisances mises en évidence, tout en conservant les quatre catégories initiales. De plus, des sous-divisions ont été créées, de façon à rendre compte de manière plus précise de la diversité des pratiques, le cas échéant.

Bien que l'importance de l'ablation des tissus génitaux augmente généralement lorsque l'on passe du type I au type III, il existe des exceptions. La gravité et les risques sont étroitement liés à l'importance anatomique de l'ablation, et notamment le type et la quantité de tissus enlevés, qui peuvent varier d'un type à l'autre.

Le type IV recouvre des pratiques très diverses ne comportant pas l'ablation de tissu génital. Bien que la majeure partie de ces pratiques n'aient pas été très étudiées, il semble que, de façon générale, elles soient moins souvent associées à des lésions ou à des risques que les mutilations de types I, II et III, qui consistent toutes en une ablation de tissus génitaux.

Typologie complète et subdivisions:

  • Type I - Ablation partielle ou totale du clitoris et/ou du prépuce (clitoridectomie).
    • Lorsqu'il est important de distinguer entre les principales formes de la mutilation de type I, les subdivisions ci-après sont proposées:  Type Ia, ablation du capuchon clitoridien ou du prépuce uniquement ; Type Ib, ablation du clitoris et du prépuce.
  • Type II - Ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres (excision).
    • Lorsqu'il est important de distinguer entre les principales formes qui ont été constatées, les subdivisions ci-après sont proposées:  Type IIa, ablation des petites lèvres uniquement; Type IIb, ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres; Type IIc, ablation partielle ou totale du clitoris, des petites lèvres et des grandes lèvres.
    • Il convient également de noter qu'en français, le terme «excision» est fréquemment utilisé comme un terme général recouvrant tous les types de mutilations sexuelles féminines.
  • Type III - Rétrécissement de l'orifice vaginal avec recouvrement par l'ablation et l'accolement des petites lèvres et/ou des grandes lèvres, avec ou sans excision du clitoris (infibulation).
    • Type IIIa, ablation et accolement des petites lèvres; Type IIIb, ablation et accolement des grandes lèvres.
  • Type IV -  Toutes les autres interventions nocives pratiquées sur les organes génitaux féminins à des fins non thérapeutiques, telles que la ponction, le percement, l'incision, la scarification et la cautérisation.

Complications sanitaires des mutilations sexuelles féminines

De nombreuses complications

De manière générale, plus l'intervention pratiquée est importante, plus les risques augmentent. Lorsque les données disponibles le permettent, les variations par type sont précisées. Comme l'on dispose de peu de données sur les différentes pratiques que recouvrent les mutilations de type IV, aucune information à leur sujet n'a été incluse.

Risques immédiats de complications sanitaires pour les types I, II et III

Douleurs sévères: Le fait de couper les terminaisons nerveuses et d'enlever du tissu génital entraîne des douleurs sévères. On procède rarement à une véritable anesthésie et, si on y a recours, elle n'est pas toujours efficace. La période de cicatrisation est également douloureuse. Les mutilations de type III représentent une intervention plus importante, qui dure plus longtemps (15 à 20 minutes); de ce fait, les douleurs sont plus intenses et durent plus longtemps. La période de cicatrisation est d'autant plus longue et difficile (1).

Un état de choc peut être causé par la douleur et/ou par une hémorragie (2).

Des saignements excessifs (hémorragie) et des chocs septiques ont été constatés (3).

On peut observer des difficultés à uriner, et à aller à la selle, en raison des tuméfactions, des œdèmes et de la douleur (4).

Des infections peuvent se produire après l'utilisation d'instruments contaminés (par exemple l'utilisation des mêmes instruments pour plusieurs opérations) et également pendant la période de cicatrisation (5).

Virus de l'immunodéficience humaine (VIH): l'utilisation des mêmes instruments chirurgicaux sans stérilisation pourrait accroître le risque de transmission du VIH entre les filles qui subissent des mutilations sexuelles féminines en même temps (6). Dans une des études, une association indirecte a été constatée (7), mais aucune association directe n'a été établie (8), peut-être du fait de la rareté des excisions collectives au moyen du même instrument et de la faible prévalence du VIH parmi des filles de l'âge auquel l'intervention est réalisée.

Le décès peut être causé par une hémorragie ou des infections, y compris le tétanos et le choc (9).

Conséquences psychologiques : la douleur, le choc et le recours à la force physique par les personnes qui pratiquent l'intervention sont cités comme autant de raisons pour lesquelles bon nombre de femmes décrivent les mutilations sexuelles féminines comme un traumatisme (10).

Accolement non intentionnel des lèvres : plusieurs études montrent que, dans certains cas, ce qui devait être une mutilation de type II peut devenir, en raison de l'adhérence des lèvres, une mutilation de type III (11).

Les mutilations sexuelles féminines répétées semblent être assez fréquentes pour le type III, en général du fait de l'échec de la cicatrisation (12).

Références

1. Type I and II: El-Defrawi et al., 2001; Dare et al., 2004; Malmström, 2007. Type III: Boddy, 1989; Dirie and Lindmark, 1992; Chalmers and Hashi, 2000; Gruenbaum, 2001; Johansen, 2002
2. Type I and II: Egwuatu and Agugua, 1981; Agugua and Egwuatu, 1982. Type III: Dirie and Lindmark, 1992; Almroth et al., 2005a
3. Dirie and Lindmark, 1992; Jones et al., 1999; Chalmers and Hashi, 2000; Dare et al., 2004; Yoder et al., 2004
4. Type I and II: El-Defrawi et al., 2001; Dare et al., 2004; Yoder et al., 2004. Type III:  Dirie and Lindmark, 1992; Chalmers and Hashi, 2000; Yoder et al., 2004; Almroth et al., 2005a
5. Dirie and Lindmark, 1992; Chalmers and Hashi, 2000; Almroth et al., 2005a,b
6. Klouman et al., 2005; Morison et al., 2001
7. Yount and Abraham, 2007
8. Morison et al., 2001; Okonofua et al., 2002; Klouman et al., 2005
9. Mohamud, 1991
10. Boddy, 1989; Johansen, 2002; Talle, 2007; Behrendt and Moritz, 2005; Malmström, 2007
11. Egwuatu and Agugua, 1981; Agugua and Egwuatu, 1982; Dare et al., 2004; Behrent, 2005
12. Dirie and Lindmark, 1992; Chalmers and Hashi, 2000; Johansen, 2006b

Risques sanitaires à long terme résultant des mutilations de types I, II et III (pouvant survenir à n'importe quel moment de la vie)

Douleur: la douleur chronique peut être due au fait que les terminaisons nerveuses sont coincées ou n'ont plus de protection (13).

Infections: des kystes dermoïdes, des abcès et des ulcères génitaux peuvent apparaître, avec une perte superficielle de tissu (14). Des infections pelviennes chroniques peuvent provoquer des douleurs dorsales ou des douleurs pelviennes chroniques (15). Des infections des voies urinaires peuvent remonter jusqu'aux reins et éventuellement entraîner une insuffisance rénale, une septicémie ou la mort. L'augmentation du risque d'infections récurrentes des voies urinaires est bien établie, aussi bien chez les filles que chez les femmes adultes (16).

Chéloïde: un excès de tissus cicatriciels peut se former à l'endroit de l'excision (17).

Infections de l'appareil reproducteur et infections sexuellement transmissibles : une fréquence accrue de certaines infections génitales, y compris des vaginoses bactériennes, a été mise en évidence (18). Certaines études font état d'un risque accru d'herpès génital, mais aucune association n'a été constatée avec d'autres infections sexuellement transmissibles (19).

Virus de l'immunodéficience humaine (VIH) : l'augmentation du risque de saignements au cours des rapports sexuels, qui est fréquente lorsque la désinfibulation est nécessaire (type III), peut accroître le risque de transmission du VIH. La prévalence accrue de l'herpès chez les femmes qui ont subi des mutilations sexuelles féminines peut également accroître le risque d'infection par le VIH, étant donné que l'herpès génital est un facteur de risque dans la transmission du VIH.

Qualité de la vie sexuelle : l'ablation de tissus génitaux extrêmement sensibles ou les lésions de ces tissus, en particulier le clitoris, peuvent avoir une incidence sur la sensibilité sexuelle et aboutir à des problèmes sexuels tels qu'une diminution du plaisir et des douleurs au cours des rapports. La formation de cicatrices, la douleur et les souvenirs traumatisants associés à l'intervention peuvent également entraîner ce type de problèmes (20).

Complications à la naissance : l'incidence des accouchements par césarienne et des hémorragies du post-partum est nettement plus élevée, ainsi que la fréquence des déchirures périnéales et du recours aux épisiotomies. Le risque augmente avec l'ampleur de la mutilation (21). Les fistules obstétricales sont une complication du travail prolongé et de la dystocie et peuvent donc être une conséquence secondaire des complications obstétricales dues aux mutilations sexuelles féminines (22). Des études analysant un rapport éventuel entre ces mutilations et les fistules obstétricales sont en cours.

Risque pour le nouveau-né : des taux de décès plus élevés, ainsi que des résultats de l'indice d'Apgar inférieurs ont été constatés, le risque augmentant avec la gravité de la mutilation sexuelle féminine (23).

Conséquences psychologiques : certaines études ont démontré une plus grande probabilité de crainte des rapports sexuels, d'état de stress post-traumatique, d'anxiété, de dépression et de pertes de mémoire. Il est possible que la signification culturelle que revêt la pratique n'offre aucune protection contre les complications psychologiques.

Références

13. Akotionga et al., 2001; Okonofua et al., 2002; Fernandez-Aguilaret and Noel, 2003
14. Egwautu and Agugua 1981; Dirie and Lindmark, 1992; Chalmers and Hashi, 2000; Rouzi et al., 2001; Okonofua et al., 2002; Thabet and Thabet, 2003
15. Rushwan, 1980; Klouman et al., 2005
16. Ismail, 1999; Knight et al., 1999; Almroth et al., 2005a
17. Jones et al., 1999; Okonofua et al., 2002
18. Morison et al., 2001; Okonofua et al., 2002; Klouman et al., 2005; Elmusharaf et al., 2006b
19. Morison et al., 2001; Okonofua et al., 2002; Klouman et al., 2005; Elmusharaf et al., 2006b
20. Knight et al., 1999; Thabet and Thabet, 2003; El-Defrawi et al., 2001; Elnashar and Abdelhady, 2007; Johansen, 2007
21. Vangen et al., 2002; WHO Study Group on Female Genital Mutilation and Obstetric Outcome, 2006
22. Tahzib, 1983; Rushwan, 2000
23. Vangen et al., 2002; WHO Study Group on Female Genital Mutilation and Obstetric Outcome, 2006
24. Whitehorn, 2002; Behrendt and Moritz, 2005; Lockhat, 2006
25. Behrendt and Moritz, 2005; Lockhat, 2006; Nour et al., 2006; Elnashar and Abdelhady, 2007

Risques supplémentaires de complications résultant des mutilations de type III

Chirurgie ultérieure : les infibulations doivent être ouvertes (désinfibulation) plus tard au cours de la vie de la jeune fille pour permettre la pénétration pendant les rapports sexuels et pour l'accouchement. Dans certains pays, il est fréquent que la désinfibulation soit suivie d'une réinfibulation, qui nécessitera par conséquent une nouvelle désinfibulation ultérieurement. Il est attesté que la réinfibulation est également pratiquée à d'autres occasions (26).

Problèmes urinaires et problèmes menstruels : la fermeture quasi complète du vagin et de l'urètre peut entraîner un ralentissement de la menstruation et de la miction ainsi que des douleurs lors de celles-ci (27). Un hématocolpos peut nécessiter une intervention chirurgicale (28). L'incontinence urinaire est fréquente chez les femmes ayant subi une infibulation et est probablement due à la fois aux difficultés éprouvées pour vider la vessie et à la stagnation de l'urine sous le capuchon formé par les tissus cicatriciels (29).

Rapports sexuels douloureux : étant donné que l'infibulation doit être ouverte soit par voie chirurgicale, soit lors de la pénétration pendant les rapports sexuels, ceux-ci sont fréquemment douloureux au cours des premières semaines après le premier rapport sexuel (30). Le partenaire masculin peut également ressentir des douleurs et subir des complications (31).

Infertilité : le rapport entre les mutilations sexuelles féminines et l'infertilité est essentiellement dû à l'ablation des grandes lèvres, les données disponibles montrant que, plus la quantité de tissu retirée est importante, plus le risque d'infection est élevé (32).

Références

26. Berggren, 2004, 2006; Nour et al., 2006 27. Akotionga et al., 2001; Knight et al., 1999; Almroth et al.,  2005a; Nour et al., 2006 28. Dirie and Lindmark ,1992 29. Egwautu and Agugua, 1981; Agugua and Egwautu, 1982; Dirie and Lindmark, 1992 ; Ismail, 1999; Chalmers and Hashi, 2000; Njue and Askew, 2004 30. Talle, 1993; Akotionga et al., 2001; Gruenbaum, 2006; Nour et al., 2006  31. Dirie and Lindmark, 1992; Almroth et al., 2001 32. Almroth et al., 2005b

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Éliminer les mutilations sexuelles féminines

Déclaration interinstitutions HCDH, OMS, ONUSIDA, PNUD, UNCEA UNESCO, UNFPA, UNHCR, UNICEF, UNIFEM

Auteurs:
OMS, Département Santé et recherche génésiques

Informations sur la publication

Nombre de pages: 51
Date de publication: 2008
Langues: Anglais, arabe, français et portugais
ISBN: 978 92 4 259644 1

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Cette déclaration est un appel à tous les États, aux organisations nationales et internationales, à la société civile et aux communautés qui pratiquent les mutilations sexuelles féminines pour qu'ils défendent les droits des filles et des femmes. Elle demande aussi à ces organismes et communautés de concevoir, de renforcer et de soutenir des actions spécifiques et concrètes afin de parvenir à l'élimination des mutilations sexuelles féminines en une génération.


Sujet: Mutilations sexuelles féminines

mutilations sexuelles féminines

Christine MARTIN 16/11/2014
Bravo pour ces explications fournies et bien documentées qui expliquent clairement et en détail et nous incitent à nous mobiliser! A diffuser absolument ! Agissons pour mettre fin à ces tortures!

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