PROJETS EMPLOIS

 

Initier, Proposer et Créer de nouveaux emplois dans le domaine interculturel

A LONG TERME: INITIER, PROPOSER ET CRÉER DE NOUVEAUX EMPLOIS DANS LE DOMAINE INTERCULTUREL ET DES ÉCHANGES ENTRE LES CULTURES ET LES PEUPLES

www.profilculture.com/

www.jobculture.fr/

Dans une démarche pragmatique par rapport au flux des cultures et aux échanges nécessaires dans la redynamisation de l'esprit inventif des peuples et à leur vitalité, nous préconisons:

1-MEDIATION URBAINE :

Avec une équipe de « sémiologues des villes » en met­tant en place des mécanismes d'évaluation des paramètres des nouveaux phénomènes de société interculturels : la dépression collective ,le déficit de citoyenneté.

L'efficacité dans l'anticipation et la prévention se joue dans l'interprétation des signes de vie ­culturelle

2-CULTURE et THÉRAPIE :

L'un des outils d'animation interculturelles et de redynamisation des vertus citoyennes, des sujets ou entités en crise de confiance répertoriés par notre Observatoire International de la Mobilités des Cultures (OIMC), par une mise en symbiose des atouts des citoyens, peuples et institutions.

3-ENCADREUR DE PROXIMITE :

Une référence d'exemples citoyens ,de jeunes dési­gnés démocratiquement par eux comme leader,Influent auprès d'eux, ils agissent en  auxiliaire de vie citoyenne, impliquant aux enjeux de l'excellence pour l'essor de leur quartier une dynamique éducatives  sur les questions sensibles: oisiveté, violence, dégradation, cambriolage,Incivilités, discrimination, chômage..

 

Compétence interculturelle aujourd'hui

• Où en sommes-nous avec l'enseignement/apprentissage de la compétence interculturelle?

1. Dans les dernières décennies, et surtout au cours des dernières années, l'image de l'Europe s'est profondément transformée.

Beaucoup de frontières ont disparu, rendant possible de nombreux voyages, migrations, échanges qui ont entraîné un énorme mélange des cultures et des langues.

Cependant,il s'est avéré que la réalité multiculturelle et plurilingue européenne peut devenir une source d'incompréhension et de conflits.

Les sociétés sont agitées par de nombreuses tensions, l'intolérance à l'égard de ceux qui sont différents augmente.

Il semble parfois que, malgré les efforts,il y ait plus de régressions que de progrès dans ce domaine,plus de nouveaux facteurs de division que de liens et d'unité.

Comment donc vivre «l'union européenne», comment s'identifier à l'Europe, comment parler d'une «identité culturelle européenne»?

1.1 Barrières psychologiques et sociologiques

Paradoxalement, en ce début de XXIe siècle, à l'époque où il ne reste plus beaucoup de frontières en Europe, les gens se replient sur eux-mêmes, se referment dans leurs petits «chez eux».

L'escalation du terrorisme dans le monde, l'intégration difficile, voire souvent impossible des immigrés dans les riches sociétés européennes, le chômage et les difficultés économiques jouent certainement un rôle dans cette tendance.     

Il y a cependant plus que cela. Les frontières réelles sont remplacées par des barrières psychologiques et sociologiques.      

Le patriotisme se voit souvent remplacé par un nationalisme plus ou moins agressif. On se pose des questions: où allons-nous? Est-il possible et souhaitable d'effacer toutes les différences, d'oublier toutes les traditions nationales, l'histoire, les coutumes qui témoignent de l'identité de chaque pays, de chaque individu?

Jusqu'où doit aller l'unification? Là où il n'y a pas de frontières, où le mélange des cultures est très avancé, il s'avère que l'homme commence à avoir peur de perdre sa propre identité culturelle. Il a de plus en plus peur des Autres.      

Parfois, il essaie même d'oublier que les Autres existent pourvu qu'ils ne pénètrent pas trop dans son «monde» à lui. Il a peur de s'ouvrir aux Autres parce qu'il a peur de s'effacer, de perdre sa place, sa position, de s'unifier trop avec les Autres au point de perdre sa propre identité.

L'AUTRE redevient l'ETRANGER, donc ETRANGE, BIZARRE, l'INCONNU qui fait peur.

En même temps, l'homme a l'impression de se connaître de moins  en moins lui-même. On lui sert une telle multitude de possibilités variées dans un plat qu'il finit par s'y perdre. Il a du mal à choisir, à reconnaître ce qui est bon pour lui. Cette volonté de s'ouvrir aux Autres, de les connaître manque et, parallèlement,l'homme a de plus en plus de mal à se connaître lui-même,à reconnaître sa propre identité culturelle.

1.2 L'effet de miroir

Jean-Paul Sartre montre dans sa pièce «Huis clos» que l'homme ne se connaît lui-même que grâce à l'existence des Autres. Il nous faut un Autre pour pouvoir nous regarder dans ses yeux comme dans un miroir. C'est le fameux effet de miroir: sans l'existence des Autres, nous ne pourrions pas prendre conscience de notre propre identité,de notre propre culture, nous ne saurions pas qui nous sommes.

C'est justement ce processus en miroir qui donne lieu à l'espace interculturel. Car la tolérance ou plutôt l'acceptation d'autres cultures passe par la prise de conscience de notre propre identité culturelle.

1.3 La tolérance ou l'acceptation

La différence entre «tolérance» et «acceptation» est énorme. «Je tolère» veut dire: je me considère meilleur, mais je tolère, à la rigueur, l'existence de l'Autrui en prenant garde à ce qu'il ne me dérange pas trop dans ma  propre vie et dans mes propres habitudes, à ce qu'il n'intervienne pas dans mon système de valeurs.

Tolérer signifie: remarquer à peine que l'Autre existe et vouloir en avoir le moins possible à faire. «Je tolère» ne veut pas dire: je connais, je comprends et j'accepte.

Pour accepter, il faut se placer au même niveau de façon à pouvoir se connaître mutuellement, se reconnaître les mêmes droits, se comprendre au-delà des différences. Accepter ne veut pas dire: comparer et juger qui pense/fait/(ré)agit mieux.

On accepte quand on dit: il ne pense/fait/s'exprime/(ré)agit pas comme moi, il est différent, mais lui aussi, il a les mêmes droits que moi. Il a le droit d'être différent.

1.4 La conscience interculturelle

Il n'est pas possible d'accepter sans avoir une forte volonté de se connaître mutuellement, de se comprendre sans pour autant vouloir effacer à tout prix les différences qui existent entre nous.

C'est à ce moment que nous parlons de la conscience interculturelle, cette conscience que les autres existent, qu'ils sont différents  et que nous devons accepter leur différence pour communiquer réellement avec eux et pour pouvoir vivre avec ou même à côté d'eux.

On peut beaucoup voyager, vivre et travailler dans un autre pays, mais sans la conscience interculturelle, sans cette volonté d'entrer en contact, d'échanger et de communiquer, nos contacts avec les autres cultures se limiteront aux visites des monuments et des musées, aux séjours dans des hôtels et aux changements de devises là ou il n'y a pas encore de monnaie unique.

Il y a de nombreux exemples d'immigrés qui, ayant vécu pendant vingt ans ou plus dans un pays étranger, n'ont pas appris sa langue et ne se sont pas integrés à la communauté locale. 

Ils continuent à n'être en contact qu'avec leurs compatriotes en gardant soigneusement leur langue, leurs traditions et coutumes. La raison en est simple: ils ne voulaient pas quitter leur pays, ils y ont été forcés par la situation économique ou politique.

Il n'y aura jamais de cohésion en Europe sans une forte motivation et volonté de communiquer avec les autres, sans cette conscience interculturelle qui nous pousse à accepter (et pas seulement à tolérer) les autres et nous implique dans l'acquisition de la compétence interculturelle.

La conscience interculturelle nous ouvre donc l'acquisition des compétences interculturelles qui, complétées de compétences langagières, rendent la communication possible.

1.5 La nécessité de l'éducation interculturelle

De nos jours, dans cette Europe multiculturelle et plurilingue, l'acquisition des compétences interculturelles devient de plus en plus indispensablepour vivre, travailler et communiquer avec les autres. C'est un processus qui rend possible la coexistence harmonieuse des représentants de différentes cultures et langues et favorise la cohésion sociale en Europe.

La formation à l'interculturalité se révèle ainsi un objectif principal de tout l'enseignement/apprentissage scolaire.

2. La langue fait partie intégrale de la culture

Les cours de langues privilégient donc l'enseignement/apprentissage des compétences interculturelles, car apprendre une langue étrangère signifie entrer en contact avec la culture du pays cible.

Il en résulte l'immense rôle qu'un enseignant en langues peut et devrait y jouer à condition que lui-même s'ouvre à l'interculturalité, qu'il ne craigne pas de l'enseigner et de l'apprendre à ses élèves, car l'éducation interculturelle est un processus qui dure toute la vie et dans lequel les rôles sont souvent interchangeables: l'apprenant prend celui de l'enseignant et l'enseignant celui de l'apprenant.

Comment développer la compétence interculturelle? 

Faut-il passer par la compétence plurilingue et pluriculturelle pour y aboutir? Comment établir une relation entre sa culture d'origine et les cultures «étrangères»?

2.1 La compétence communicative

La compétence communicative constitue le premier objectif de l'apprentissaged'une langue étrangère. Nombreux sont néanmoins ceux qui la limitent à la seule compétence linguistique.

La compétence linguistique est parfois suffisante pour passer une simple information, elle ne l'est pas pour communiquer. Communiquer ne veut pas seulement dire comprendre et savoir utiliser les structures lexicales et grammaticales.      

Pour communiquer, il est également indispensable de comprendre les attitudes, les systèmes de valeurs, les comportements, les points de vue, tout le contexte culturel de son interlocuteur.

Il faut être capable de déchiffrer correctement son message et de savoir se positionner par rapport à lui en se référant à son propre contexte culturel.

Pour communiquer, il faut se comprendre mutuellement,échanger et interagir non seulement au niveau linguistique. Le succès de la communication interculturelle ne dépend pas uniquement du niveaud'acquisition des compétences linguistiques. Sans compétences interculturelles, la communication la plus simple s'avère parfois impossible.

2.2 Apprendre à communiquer en une ou plusieurs langues

Le caractère multilingue de la société européenne rend de plus en plus indispensable l'acquisition de compétences dans plus d'une langue étrangère.

Dans le chapitre «Diversification linguistique et curriculum», le Cadre européen commun de référence définit la compétence plurilingue et pluriculturelle comme une «compétence à communiquer langagièrement et à interagir culturellement d'un acteur social qui possède, à des degrés divers,la maîtrise de plusieurs langues et l'expérience de plusieurs cultures» (Cadre européen commun de référence, ch. 8, p. 129).

La bonne connaissance d'une seule langue et culture conduit souvent à l'établissement de la relation ethnocentrique entre la langue et culture étrangère et la langue et culture maternelle.

On compare,on juge, on critique... L'acquisition des compétences, même restreintes, en deux, trois ou plusieurs langues étrangères permet d'entrer en contact avec deux, trois ou plusieurs cultures et de dépasser ainsi plus facilement cette relation ethnocentrique.

C'est là qu'il est possible de créer un espace interculturel dans lequel l'apprenant sera capable d'observer sans préjugés,de relativiser son point de vue afin de comprendre et d'engager le vrai dialogue.

Les élèves d'aujourd'hui ne peuvent pas prévoir dans quel pays ils vivront, ils travailleront, à quelles langues et cultures ils seront confrontés.

Leur apprendre une seule langue et culture serait les fermer à l'interculturalité, fausser le regard qu'ils portent sur le monde qui les entoure, parce que ce monde-là est multiculturel et plurilingue.

Le vrai interculturel, c'est donc un espace entre plusieurs langues et cultures.

Grâce à l'acquisition de la compétence interculturelle,l'apprenant devient plus ouvert aux contacts avec les autres, mieux disposé à apprendre d'autres langues étrangères et à développer une personnalité plus riche.

Il sera ainsi mieux préparé à vivre et à travailler dans la réalité plurilingue et multiculturelle de la société européenne contemporaine.

2.3 Les savoirs ou les savoir-faire et les savoir-être interculturels

Beaucoup d'enseignants en langues craignent d'enseigner la compétence interculturelle, car ils ne se sentent pas suffisamment compétents eux-mêmes.

D'autres pensent que pour l'apprendre, il faut que les apprenants aient déjà acquis un niveau de langue assez élevé.

Rien de plus faux dans les deux cas. Eduquer à l'interculturalité ne veut pas dire doter les apprenants d'une multitude d'informations, de données sur la culture d'un pays étranger.

La compétence interculturelle contient un certain nombre de «savoirs», mais c'est surtout les savoir-faire et les savoir-être qui décident de la capacité d'entrer en relation avec les autres, de communiquer avec eux, d'interagir. L'apprenant n'a pas besoin d'un niveau de langue très élevé pour apprendre les savoirs-faire et les savoirs-être les plus élémentaires.

On n'apprend pas  l'interculturel, on le vit en interaction avec des représentants d'autres langues et cultures. L'enseignant n'est donc pas obligé d'avoir toutes sortes de connaissances et savoirs respectifs à la culture du pays dont il enseigne la langue.

Il doit plutôt posséder lui-même la conscience interculturelle qui lui permettra d'encourager ses élèves à prendre conscience de la diversité, les y ouvrir, leur apprendre à relativiser leur point de vue et à situer un fait dans son contexte culturel en se référant toujours à leur propre culture.

Les compétences interculturelles - on les apprend toute la vie, nul enseignant ne cesse jamais d'être apprenant lui-même.

Par contre, tout apprenant peut devenir à chaque moment de l'apprentissage enseignant pour les autres.

2.4 Changement de perspective

Voilà donc un grand changement de perspective. 

Ce n'est plus uniquement l'apprentissage d'une langue que nous visons en cours de langues, c'est surtout l'acquisition de la conscience et des compétence interculturelles qui doit être notre objectif. L'enseignement/apprentissage d'une langue étrangère n'est qu'un moyen pour y aboutir.

De cette perspective,on comprend mieux la nécessité de corrélations avec d'autres langues que l'élève apprend et avec d'autres disciplines et matières enseignées à l'école.

L'école doit préparer les apprenants à être citoyens de l'Europe, mais être citoyen européen ne veut pas dire être de nulle part.

La citoyenneté interculturelle n'exclut pas le patriotisme. Bien au contraire.

On pourrait risquer la constatation que dans l'euphorie d'unir, d'unifier tout, on a oublié que l'homme a besoin de connaître ses propres racines et de s'identifier à une nation. Coupé de ses racines, l'homme perd ses points de repère,il n'a donc plus le sentiment de sécurité, il commence à avoir peur des Autres.

Il ne peut pas les comprendre parce qu'il ne se comprend plus lui-même, il ne peut pas savoir qui ils sont parce qu'il ne sait plus qui il est lui-même. Il ne peut pas les accepter parce qu'il ne s'accepte pas lui-même. Il ne s'agit donc pas d'effacer toutes les différences, d'oublier les traditions nationales, les coutumes.

Il s'agit bien au contraire de rester très attaché à son propre patrimoine culturel, conscient de sa propre identité culturelle tout en s'ouvrant et en acceptant la richesse des Autres.

Quand on nous dit de penser/faire/être/(ré)agir comme les Autres, nous avons tout de suite une réaction de révolte: pourquoi les Autres ne pourraient pas penser/faire/être/(ré)agir comme nous?!

La diversité constitue la richesse de l'Europe et du monde. Si nous n'acceptons pas la diversité, nous sommes à un pas de l'intolérance, du racisme et de la xénophobie.

2.5 Les grands principes de la pédagogie interculturelle

Pour sensibiliser l'apprenant à la différence et pour développer sa capacité à communiquer efficacement avec ceux qui sont différents, les méthodes et les supports utilisés doivent dépasser le niveau de la théorie, car nous savons que les savoirs ne garantissent pas le savoir-faire face à la différence.

Il faut y ajouter une démarche pratique, une interaction avec des représentants authentiques des autres cultures et langues.

L'enseignement/apprentissage des compétences interculturelles doit donc être basé sur l'accomplissement commun des tâches concrètes réalisées dans des situations vraies pendant lesquelles l'emploi de la langue est vrai et justifié.

Les deux premiers grands principes de la pédagogie interculturelle sont donc:

• l'interactivité avec des acteurs vrais.
• l'apprentissage par le biais des tâches.

L'apprenant doit plus que jamais être impliqué dans le processus d'apprentissage. Il doit être conscient des objectifs visés et capable de gérer une situation interculturelle nouvelle.

Les deux autres grands principes de la pédagogie interculturelle sont:

• la centration sur l'apprenant, son autonomie dans le processus d'apprentissage.
• le nouveau rôle de l'enseignant qui en résulte.

De cette perspective, il n'est pas étonnant qu'Internet soit devenu un support très utile pour enseigner/apprendre la compétence interculturelle.