DAECH : Et si vous viviez l'histoire du monde en direct ?

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José Manuel BOUDEY est économiste et juriste, expert international, il travaille avec les bailleurs de fonds internationaux et conseille les entreprises internationales au niveau stratégique et opérationnel ainsi qu'en communication de crise. 

S'agit-il d'une crise ou tout simplement l'histoire qui est en marche, une histoire de haine et d'amour,une histoire à la Lawrence d'Arabie.

Tout commence à cette époque et tout arrive à notre époque, la fin d'une forme de terrorisme d'embuscade vers un terroriste qui se base sur de nouveaux états en myriades.

Le reflet absolu entre la Terreur islamique radicale correspond à la période de la Révolution française caractérisée par le règne de l'arbitraire et des exécutions de masse.

Très progressivement, le terrorisme de masse basé sur les préceptes d'Al qaïda se transforma en Califat ou Etat Islamique EI soit en langue Irakienne : DAECH puis, sous la menace d'une coalition mondiale,européenne les plus vieux "alliés", les monarchies arabes lesquelles tentent à coup de  pétrodollars, de repousser la menace révolutionnaire islamique radicale, en finançant ceux là même qu'ils combattent.

Cela à bien des égards rappelle la terreur Révolutionnaire sous la République française, alors engagée dans une guerre d'usure contre une coalition européenne de mars 1793 au 28 Juillet 1794.

DAECH fonde ses origines sur la fin des dictatures mis à bât par des coalitions occidentales qui ne disposent hélas pas des clés de la compréhension des histoires intimes des peuples et des territoires.

DAECH, sonne comme le mot « bande de Gaza», une bande de terre enfermées dans des déserts qui ne peuvent que se renforcer avec le réchauffement climatique, des terres incultivables aux ressources limitées, en eau ou terres arables mais corne d'abondance en son sous sol, mines, gaz ou pétrole.

Des myriades de terres, des confettis mis bout à bout peuvent y inclurent toute l'Europe et d'autres pays.

Une terre qui surgit de nulle part, sinon de l'histoire coloniale confisquée par les Etats souverains aux ressources agricoles et industrielles abondantes, une terre dont il est interdit de citer le nom "d'Etat" tant la terreur y règne en maître absolu.

Le point de départ, c'est l'inféodation de quelques puissantes dictatures, ouvrant des prébendes aux puissants états et aux puissants industriels.

Le point de départ, c'est la pauvreté, l'absence de l'éducation du savoir doublé de l'éducation de savoir comment utiliser ces nouveaux savoirs de masse avec sagesse et humilité.

DAECH c'est l'état imparfait d'une république française sous la terreur, mais nul doute que ses pires éléments seront un jour mangés par la révolution qui devra se passer de ses Sicaires au moment d'accéder au statut égalitaire mais suivi d'une autre revendication, celle de l'accès aux terres et aux bords de mers de manière à en finir avec l'enclavement et la mort asphyxiante.

Si DAECH s'est formée sur la terreur, elle sera d'autant plus meurtrière que l'on s'acharnera sur elle, tant le sentiment d'abandon est grand, tant le rejet des grandes puissances et de leurs alliés est fort.

Il est vrai que la colères est grande, que les biens furent confisqués aux peuples, que le sous-sol est largement pillé, que les richesses sont acheminées vers les pays du nord pour y être traitées, comme le fut l'or des Amérindiens en son temps, il est vrai que les Etats ont été tracés sur des cartes de salons en fonctions du bon vouloir des puissances coloniales et de leur aire d'influence et des guerres qu'elles se firent.

Il est vrai que les puissances s'unirent avec des autocrates devenus au fil du temps des dictateurs sanguinaires ou débonnaires.

Et puis, les crises firent tomber les dogmes,la mondialisation à marche forcée que voulait l'occident pour son propre bien,s'inversa et tout le monde pu contempler les splendeurs de nos havres de paix et de prospérité et là plus rien ne fut comme avant .

DAECH ou EI (aucun média ne sait plus quels éléments de langage appliquer) se trouve donc sous le feu aérien des forces coalisées, et non sans arrière pensées.

L'Arabie Saoudite et le Qatar, dit-on dans les médias, financent indirectement l'EI, voulant la peau du régime minoritaire de Bachar el-Assad oubliant que l'ensemble de minorités syriennes composées de Sunnites soutient le régime d'Assad pour que perdure dans ce pays un état tolérant avec les minorités et les confessions.

L'Arabie saoudite et le Qatar ont pensés pouvoir déstabiliser le régime oubliant que l'ensemble des minorités syriennes, soit 35% de la population, le soutient.

Certes , la Russie et l'Iran fournissent un soutien non négligeable, mais si Assad reste en place c'est surtout parce qu'il bénéficie du l'approbation d'une grande partie la population dont une partie des sunnites, qui savent bien que si le président tombe, ce n'est pas un gouvernement de révolutionnaires laïques qui prendra le pouvoir mais bien les islamistes qui l'emporteront sur les modérés et les égalitaires (démocrates).

Du côté Kurde, la situation est toujours aussi instable, les Turcs seraient les plus susceptibles d'intervenir dans la ville-frontière de Kobané, mais ils sont en même temps les alliés officieux des djihadistes et pas forcément ami des Kurdes.

Erdogan, depuis le début, a aidé les « révolutionnaires radicaux » syriens.

La Turquie vit dans la nostalgie de l'Empire Ottoman, époque à laquelle la Syrie lui appartenait.

Du côté Africain, au Nigéria, c'est Boko Haram qui bloque l'exploitation du pétrole.

La corruption du pays et les collusions n'ont pas permis de réduire la pauvreté, le chômage et les dysfonctionnements du système éducatif ou l'absence de systèmes de santé, autant de facteurs qui permettent aux islamistes radicaux de recruter largement parmi la jeunesse désœuvrée.

Arrive sur ce substrat explosif, la pandémie EBOLA qui bloque la plupart des rouages économiques et fragilisent les gouvernants, d'abords ceux qui restent largement corrompus et puis enfin ceux qui souhaitaient plus de transparence, mais dont les fondements de leur état sont liés aux fondements d'une géographie délimitée par les ex-puissances coloniales.

L'EL et les myriades prospèrent sur la déliquescence des Etats Occidentaux confrontés la plus grande crise larvée de la fin du XXème et du XXIème siècle ; les vieux démons des Empires renaissent et les vieux Califats refont surface, propre à reprendre leur place d'Antan.

La Coalition bombarde, mais rien n'y fait, la coalition applique de vieilles méthodes sans réflexion objective, elle gère l'immédiateté et tente d'endiguer avec un doigt, le sens de l'histoire qui tel un tsunami avance à pas compté très lentement mais avec une force inimaginable.

En attendant, les forces coalisées et toutes les puissances sous-régionales se rendant compte à quel point leur statut est fragile, se rendent sous la bannière du seigneur, sous leur yeux, depuis le château fort, ils constatent avec horreur la puissance destructrice de la terreur qui est en marche et détruit, brule, viole et égorge sans vergogne les gens, détruisent les maisons, saccagent les pâturages.

C'est l'histoire qui est en marche sous nos yeux mais nous ne pouvons concevoir l'effondrement de ce qui fut, ni concevoir que le cycle doit tourner comme le prédisait Platon dans sa "République" ce déséquilibre dans les cités, par lequel on passe d'un régime à un autre et qui correspond au déséquilibre qui s'inscrit dans la hiérarchie entre les parties de l'âme.

Désormais, il y aura un avant EL et un après. L' EL et ses myriades, les chancelleries de tout les pays le savent déjà, préparant le terrain à une nouvelle diplomatie sur une nouvelle géographie et avec des interlocuteurs qui auront fait le ménage en leurs rangs.

Mais, ne vous méprenez pas, derrière les chancelleries, veillent les pays du nord qui dans un même élan, refondent la géostratégie pour mieux en manipuler les rouages.

Nous sommes tous d'une grande naïveté, car toutes ces reconfigurations n'ont pas besoin d'un grand complot pour s'ériger mais de temps.

José Manuel BOUDEY

Economiste et juriste, expert international, il travaille avec les bailleurs de fonds internationaux et conseille les entreprises internationales au niveau stratégique et opérationnel ainsi qu'en communication de crise. 

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