L’immigration : un choc culturel

L'immigration est un phénomène important d'un point de vue socio-économique, macro-économique, mais apparaît aussi fondamentale d'un point de vue culturel.

En effet, que serait notre monde, nos sociétés et l'Homme plus généralement, s'il n'existait pas d'échanges culturels et de savoir, s'il n'y avait jamais eu de flux migratoire.

L'immigration est souvent cantonnée, analysée dans un plan économique voire politique. Pourtant, il existe d'autres facteurs, d'autres problématiques au sujet de l'immigration, notamment :l'intégration et le choc culturel.

Le problème que pose l'intégration est dû aussi à la problématique culturelle, même si les différences de cultures sont largement artificielles, puisqu' une grande majorité actuelle des Français d'origine étrangère appartiennent à la deuxième voire troisième génération d'immigrés.

L'immigration doit être perçue comme un apport culturel très fort et enrichissant que ce soit dans des domaines artistiques, culinaires ou médicinaux par exemple.

Aussi, lorsqu'on parle d'intégration, les échanges culturels doivent s'effectuer dans les deux sens, d'où la nécessité d'admettre d'avoir un dialogue interculturel.

Malheureusement, il faut garder à l'esprit que changer de pays, que ce soient pour les études, la coopération, le travail ou pour un simple voyage, n'est pas une chose facile.

L'individu qui quitte un milieu familier et connu pour se plonger dans une nouvelle réalité, inconnue de lui avec tout ce que cela comporte comme possibilités d'avenir, de mieux vivre mais aussi de risques d'échec peut s'avérer stressante.

Par conséquent et au-delà de certaines exceptions, ses individus vivront un choc culturel. Ce concept fait référence aussi bien à des réactions de stress, d'anxiété, de tension nerveuse qu'à des sentiments de tristesse, de confusion, de surprise, de dégoût, d'indignation, de rejet et d'impuissance que vit, au quotidien l'individu face à la société d'accueil qui ne l'a pas préparé à cette dure réalité.

L'anthropologue KALERVO OBERG qui fut le premier à utiliser l'expression de choc culturel  pour définir ce phénomène, explique :    « le choc culturel est dû à l'anxiété provoquée par les pertes de toutes nos références et de tous nos symboles familiers dans l'interaction sociale. Ceci inclut les mille et une façons que nous avons de nous situer face aux circonstances de la vie : quand donner la main et quoi dire lorsqu'on rencontre des gens, quand et comment donner des pourboires [...] comment faire des achats, quand accepter ou refuser les invitations, quand prendre ce que disent les gens au sérieux ou non. Ces références et symboles qui peuvent être des mots, des gestes, des expressions faciales, des coutumes ou des normes, sont acquis au cours de notre éducation font partie de notre culture autant que notre langue ou les croyances auxquelles nous souscrivons. Nous dépendons tous pour notre paix intérieure et notre efficacité de ces centaines de signaux, dont nous ne sommes pas conscients pour la plupart ». 

Les immigrés sont en quelque sorte fragilisés par ce choc culturel. Il suffit qu'ils soient à un moment donné exclus dans leur processus d'insertion ou encore qu'ils aient une faible éducation, pour que ces individus nés en France, qui ont perdu leur culture d'origine et une partie de leur histoire se sentent perdus, privés de tout repères de toutes références, de toute citoyenneté.

En effet, la transmission par les valeurs, les coutumes, et la langue d'origine... reste très difficile. Cette déperdition de la langue parmi ces jeunes est fortement élevée.

Les immigrés algériens et marocains par exemple n'ont pas pu enseigner ces acquis sociaux culturels à leurs enfants car ces derniers pour la plupart, étaient analphabètes. Dès lors, pour les générations suivantes d'enfants d'immigrés, définir l'héritage socio culturel semble bien compliqué, malgré quelques traces plus historiques que culturelles. Changer de culture, pour en acquérir une autre, nécessite de se forger une nouvelle identité culturelle afin de mieux s'intégrer et de s'identifier dans la société. Ce processus est extrêmement lent.

La culture n'est pas un manteau qui se met et s'enlève selon l'envie et les besoins du moment. Pour construire une identité culturelle viable, l'immigration doit comparer et contraster les valeurs de la culture d'origine avec celle de la nouvelle culture pour en faire une intégration personnelle. Les individus de nos sociétés doivent donc prendre conscience qu'il est impossible pour les immigrants de changer de culture en quelques  années et que ce n'est pas souhaitable, ni pour l'individu, ni pour la société.

Le choc des cultures est inévitablement stressant mais, avec le temps, il amène un enrichissement mutuel et, paradoxalement, permet de mieux identifier, connaître et valoriser les éléments de sa propre culture. Il est donc important de voir à travers l'immigration un apport culturel très fort, il ne faut pas se renfermer sur nous-mêmes, il faut faire comprendre à la majorité de la population que l'immigration est un outil de développement, culturel et économique.

Il ne faut pas omettre que le « rayonnement culturel » de la France à travers le monde est passé par l'assimilation des apports culturels de ces immigrés. Cela se retrouve à travers la musique, comme par exemple la musique tzigane qui a trouvé son apogée dans les années 1930-1940 où à travers le cinéma...

Pour conclure, il semble nécessaire de mettre en place des plateformes d'échange interculturel pour les nouveaux arrivants ainsi que ceux qui sont devenus membre de la communauté nationale afin de diminuer le choc culturel, les préjugés, le rejet de l'autre et la xénophobie.

BS