Samuel Huntington ou la culture de l'ennemi, une NOUVELLE ERE depuis 2001...                             

La chute du mur de Berlin, donc du communisme a eu pour effet de changer totalement le schéma de pensée ainsi que la donne socio-économique et socio-culturelle mondiale.

Alors qu'une seule puissance de « l'Ancien Monde » semble perdurer face à l'émergence de nouvelles puissances telles que la Chine, l'Inde le Brésil, elle devient une cible comme les autres lors des attentats du 11 septembre 2001.

Samuel P. Huntington caractérise le monde de l'après-guerre froide par un choc des civilisations. Distinguant huit types de civilisation, il montre que les prochaines guerres seront de nature culturelle.

Si sa thèse fut critiquée, on constate que la religion a accru son importance et accentué sa position internationale, et notamment la civilisation musulmane.

En effet dans son ouvrage « Le choc des civilisations » il détermine l'hypothèse suivante :Depuis la chute du mur de Berlin et la fin du monde bipolaire, les conflits et les affrontements n'ont cessé d'augmenter si bien qu'il est possible de considérer la guerre froide comme un facteur de paix.

L'auteur, qui dirige actuellement l'Institut des études stratégiques d'Harvard, a été membre du Conseil national de sécurité au sein de l'administration Carter. Il possède donc une grande connaissance des relations internationales d'autant qu'il participe aux réflexions relatives à la définition d'une politique étrangère américaine.
 

A travers son livre, l'auteur cherche à démontrer qu'à l'ordre bipolaire de la guerre froide s'est substitué un ordre multipolaire basé sur les civilisations ; il en déduit que le XXIème siècle se caractérisera par un affrontement probable des grandes civilisations, conformément à la pensée de Malraux sur la caractéristique du siècle à venir qui est sensé être essentiellement religieux.

Samuel Huntington part du constat que les distinctions essentielles entre les individus ne sont pas de nature idéologique, politique ou économique mais Culturelle.
 

Le monde est face à une crise identitaire. Ainsi, lorsque les peuples s'efforcent de répondre à la question : qui sommes-nous ? Leur réponse fait référence aux ancêtres, à la religion, à la langue, à l'histoire, aux valeurs, aux coutumes, aux institutions.

Il en déduit donc que les peuples s'identifient à des groupes Culturels qui reposent sur la religion, disons sur un système de pensée.
 

Pour se déterminer et pour savoir qui il est, l'homme cherche au premier plan à définir qui il n'est pas.

La reconnaissance identitaire ne s'effectue pas par une accumulation de traits commun, mais par une opposition aux autres : « Je suis Occidental parce que je ne suis pas musulman, confucéen, hindou, etc. »
 

Les Etats-Nations qui constituent les principaux acteurs de la scène internationale prennent en compte les liens communautaires, c'est-à-dire qu'ils regroupent des individus ayant le sentiment d'appartenir à une même ''identité culturelle''.

Ce ne sont pas les blocs enfantés par la guerre froide mais ceux formés par des aires possédant une unité religieuse qui dominent les relations entre les pays et qui constituent les civilisations majeures de notre planète. Il en résulte que la rivalité entre les différentes puissances a changé de nature : il ne s'agit plus d'une rivalité idéologique opposant le libéralisme au collectivisme, mais une opposition entre des civilisations, des modes de pensée différents reposant sur le fait religieux.

Dans ce monde qui s'élabore, la politique locale est celle de l'ethnicité (ou des particularismes locaux) et la politique globale ou internationale, celle des différences civilisationnelles.
 

C'est la première fois dans l'histoire que la politique est à la fois multipolaire et multi civilisationnelle.

En effet, jusqu'à présent, l'Occident s'était opposé à chacune des autres civilisations ; les techniques et la mondialisation ont pour conséquence le fait que chaque civilisation se trouve désormais confrontée à l'ensemble des autres civilisations.

Les distinctions primordiales entre les groupes humains concernent les croyances religieuses, les valeurs morales, les institutions et non les aspects physiques (couleur de la peau, taille, etc.).
 

La différence est du domaine de la pensé et non de l'apparence. Une civilisation est constituée par le groupement humain le plus élevé ayant atteint le niveau d'identité culturelle dont les hommes ont besoin pour se distinguer des autres groupes.

Comme ces civilisations reposent sur une identité culturelle commune, elles n'ont aucune vocation politique et peuvent englober des unités politiques de types différents (cité-état, fédération, état-nation de type démocratique, monarchiste, etc.)

Actuellement Huntington dénombre huit civilisations :
 

1. la civilisation chinoise qui repose sur le confucianisme ;

 

2. la civilisation japonaise, dérivée de la culture chinoise, est shintoïste

 

3. la civilisation hindoue avec l'hindouisme ;

 

4. la civilisation musulmane autour de l'islam ;

 

5. la civilisation occidentale ou judéo-chrétienne ;

 

6. la civilisation orientale ou orthodoxe

 

7. la civilisation d'Amérique latine est chrétienne, mais s'éloigne de la civilisation occidentale devant le renouveau des cultures indigènes ;

 

8. la civilisation africaine à partir de la religion dite « traditionnelle ».

 

La théorie du « choc des civilisations » fonctionne comme une prophétie auto-réalisatrice : en se présentant comme une théorie scientifique des relations internationales, le discours même de Huntington devient un élément fondamental de la création de ce « choc ».

Instrumentalisant l'angoisse diffuse, proposant une vision faussement opérationnelle du monde, jouant sur les aspects les plus élémentaires de la réflexion identitaire, refusant la complexité de la relation à l'autre, la théorie du « choc » permet semble-t-il de donner un sens aux événements.

Ce n'est pas tout à fait le cas bien sûr. La théorie du « choc des civilisations » n'est que le déguisement d'une géopolitique qui ne dit pas son nom.
 

On passe ainsi d'une géopolitique classique, « outil de propagande servant de justification aux rapports de force à une ethno politique, une analyse du monde où le territoire de l'État est remplacé par les frontières des groupes d'identité, mais où ce qui importe toujours c'est la justification du rapport de force.

La géopolitique et ses avatars sont alors des armes de guerre qui tentent de se faire passer pour des grilles de lecture du monde.
 

La « civilisation » c'est le processus d'augmentation de l'identification à l'autre... et non l'enfermement communautaire au nom des codes biologiques, historiques ou sociaux.

De la même façon que le « choc des civilisations », le sens du mot « civilisation » tel qu'il est utilisé par Huntington et ses épigones est une interprétation identitaire. Il faut donc sortir le mot « civilisation » de l'impasse communautaire dans laquelle il est en train d'être enfermé.
 

L'enjeu n'est pas tellement celui d'un mot, mais celui d'une vision de l'avenir du monde. C'est sans doute avec Norbert Elias et son analyse des processus de civilisation que nous pouvons trouver la porte de sortie à l'enfermement communautaire que Huntington veut faire passer pour de la civilisation : « Il semble que l'on ne voit pas très clairement encore le fait, pourtant frappant, que le puissant mouvement d'intégration de l'humanité représente jusqu'à nouvel ordre la dernière étape d'un long processus d'évolution sociale non programmée qui a toujours systématiquement conduit, en passant par de multiples stades, d'unités sociales plus petites et moins différenciées vers des unités sociales de taille plus importante, plus différenciées et plus complexes.

À chaque passage d'une forme prédominante d'organisation peu différenciée et peu complexe à une autre forme prédominante d'organisation plus différenciée et plus complexe la position des individus se modifie de manière caractéristique.
 

Le double objectif de Samuel Huntington est exactement à l'opposé de l'analyse de Norbert Elias : le « choc des civilisations » c'est d'abord imposer l'idée qu'un tel processus de civilisation est non seulement impossible mais également un non-sens ; et ensuite mettre en place les processus psychologiques menant à la fabrication par ces pseudo-civilisations de leurs ennemis.

Le « choc des civilisations » est l'une des pièces maîtresses de cette mise en culture des identités meurtrières les plus régressives des êtres humains.
 

Pour ma  part, notre conscience politique devait prendre une dimension cosmopolitique et planétaire. Autrement dit, il ne pourrait y avoir de paix fondée sur le droit qu'à partir du moment où, progressivement, les individus de toutes les sociétés existantes commenceraient à se sentir cointéressés à ce qui se passe dans le monde.

 

BS

 

Bibliographie

 

Samuel Huntington, The clash of civilizations and the remaking of world order, New York, Simon and Schuster,
1996 ; traduction française : Le choc des civilisations, Paris, Odile Jacob, 1997.

 

Norbert Elias, « Les transformations de l'équilibre "nous-je" », in La société des individus, Paris, Fayard, 1991 (1989).

 

Karl Jaspers, La bombe atomique et l'avenir de l'homme, Paris, Plon, 1958.

 

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QUELQUES DATES MAJEURES

 

13 Novembre 2015

 

129 morts et des plus de 300 blessés dans des attaques terroristes qui ont ébranlé la ville de Paris le vendredi 13 Novembre 2015.

Ces attaques indiscriminées, sur six sites, principalement dans des endroits festifs de l'est parisien, ont été commises en quelques heures. Les huit assaillants sont morts dont sept en se faisant exploser.Près du Bataclan, les gens apportait des fleurs samedi. Il y a encore beaucoup de sang sur les trottoirs.

Ces attentats interviennent dix mois après les attaques djihadistes contre des journalistes de Charlie Hebdo, des juifs et des policiers, qui avaient déjà provoqué un choc en France et un élan massif de solidarité dans le monde.
 

Les pays de l'Union européenne ainsi que les Etas Unis condamnent ces actes, tous mettent en place à nouveau un plan de renforcement sécuritaire.

S'agissant d'après certaines sources d'une riposte à l'engagement Français en Syrie, les attentats ont été revendiqués par DAECH.
 

11 septembre 2001

 

Georges Bush, ancien gouverneur Républicain du Texas remporte les élections présidentielles en 2000, mais sur une base polémique de problème de matériel électoral et de décompte de voie.

En collaboration étroite  avec les néoconservateurs, l'Administration Bush reste fermée sur des questions essentielles comme la ratification du traité de Rome qui instaurait la Cour pénale internationale.
 

L'Amérique se sent profondément touchée dans les fondements même de ses institutions, de sa culture lorsque le World Trade Center est touché, et l'attentat revendiqué de manière non explicite par Al-Qaeda.

Ces évènements ont pour finalité de réaffirmer un fort patriotisme Américain de fédérer les communautés, et en ressort une opinion favorable au Président.
 

La vie américaine se modifiera de manière radicale, avec l'instauration de nouvelles règles de nouvelles lois, comme le Patriot Act, qui autorisera par la justice Américaine l'incarcération secrète d'étrangers ou de nationaux susceptibles d'avoir tenté d'organisé ou organisé une action terroriste contre les Etas Unis allant même jusqu'à éliminer ou enlevé des individus hors du sol Américain sans aucunes distinctions, même en pays alliés.

Aussi, en guise de défense légitime, les Etats-Unis furent autorisés à riposter en Afghanistan, base secrète d'Al Qaeda, par l'ONU. Cette dernière d'ailleurs renforça sa prise de position en votant la résolution 1373 autorisant la mise en œuvre de mesures nécessaires pour lutter contre le terrorisme.

Intervention américaine en Afghanistan...le7 octobre 2001, puis en Irak, la riposte Américaine contre les attentats du 11 septembre se poursuit encore en 2014.

 

Attentats à Madrid...     11 mars 2004

 

Avec près de 200 morts, les attentats visant les voyageurs de quatre trains de banlieue s'inscrivent dans la lignée des convictions terroristes d'Al-Qaïda. Alors que l'on croyait au départ à une action de l'ETA, la thèse s'étiolera peu à peu pour se tourner vers l'éventualité Islamiste.

Cette première idée allez de soi, à un moment où les élections étaient proches et afin de ne pas remettre en cause la politique du gouvernement, il était préférable de mettre en cause en premier lieu le coupable habituel.
 

Ces plusieurs explosions de bombes, posées par des islamistes marocains, se produirons dans des Cercanías (trains de banlieue) à Madrid le matin du 11 mars 2004, exactement deux années et demie après les attentats du 11 septembre 2001 ou 911 jours (911 jours et 19 heures en considérant la durée de temps exprimée en heures séparant les deux évènements survenus dans le temps UTC).

Ces attentats provoqueront un impact fort au sein de la population espagnole, comme au sein de la scène internationale. Des minutes de silence ont été respectées dans toute l'Union Européenne, et les drapeaux mis en berne en France.
 

Des mesures de protection comme le plan Vigipirate se sont vus renforcés après ces évènements.

 

Attentats de Londres juillet 2005

 

Quatre explosions secouent Londres, le lendemain de la désignation de la ville aux Jeux Olympiques d'été de 2012.

Ce 7 juillet 2005, ces quatre explosions touchent les transports publics de Londres, faisant 56 morts et 700 blessés. 

Les heures sont données en heures locales, qui ont une heure d'avance sur le temps universel coordonné (UTC) :
 

8 h 50 : explosion dans le métro à Moorgate/Aldgate East/Liverpool Street ;

 

8 h 50 : explosion dans le métro à Russell Square/King's Cross ;

 

8 h 51 : explosion dans le métro à Edgware Road.

 

Ces trois attentats ont lieu dans un intervalle de 50 secondes.

 

9 h 47 : explosion à l'étage supérieur d'un autobus à impériale à Tavistock Square.

 

Ces attentats ont lieu le jour même de l'ouverture du 31e sommet du G8 en Écosse.

 

On découvrira dans les jours qui suivent qu'ils ont été commis par quatre jeunes terroristes islamiques britanniques.  Avec ce bilan de 56 morts et 700 blessés, les attentats conduisent à de vives réactions internationales. 

 

 L'EI: Portrait

 
                               
 
 
 
 

 

La Presse

 

Né en Irak dans les années 2000, le groupe État islamique a gagné la Syrie et cherche aujourd'hui à prendre pied, notamment, en Égypte et en Libye. Comment s'explique la fulgurante montée en puissance de ces djihadistes? Quels sont les facteurs qui limitent son expansion tous azimuts? Explications... en sept pays.

IRAK

L'EI y sévit depuis: 2006

 

Territoire: frontière entre l'Irak et la Syrie. Plusieurs villes importantes, dont Mossoul, Tikrit et Fallujah.

 

En juin dernier, le groupe armé État islamique, qui combat le gouvernement chiite irakien, a lancé un assaut dans le nord de l'Irak.

Dépassée, mal préparée, l'armée irakienne abandonne alors la partie. «L'EI a pris du territoire en Irak avec une rapidité foudroyante, explique Houchang Hassan-Yari, professeur de sciences politiques au Collège militaire royal du Canada et membre de la chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM. Ils ont pris bien des gens par surprise.» Depuis l'été dernier, l'armée américaine entraîne des soldats irakiens et mène des bombardements sur les positions de l'EI en Irak.

Or, faire des avancées sur le terrain sera long et compliqué: pour reprendre la ville de Mossoul, par exemple, il faudrait 30 000 combattants et jusqu'à 10 mois de lutte, a récemment estimé un analyste militaire kurde.

 

SYRIE

 

L'EI y sévit depuis: 2013

 

Territoire: la majeure partie de l'est de la Syrie, dont les villes de Raqqa et de Deir ez-Zour

Depuis le printemps 2013, le groupe État islamique a fait des gains importants en Syrie, où le groupe est mieux organisé et mieux entraîné que l'Armée syrienne libre, qui combat les troupes du président Bachar al Assad.

L'EI contrôle aujourd'hui la moitié est du pays, mais son élan a été freiné par les frappes aériennes américaines. Dans les territoires conquis, la population est soumise à une interprétation fanatique de l'islam. Les femmes doivent porter deux burqas et des gants.

Des fillettes peuvent être mariées dès l'âge de 9 ans, selon des témoignages vidéo recueillis récemment par The Guardian. Le mois dernier, les combattants kurdes et les bombardements orchestrés par l'armée américaine ont réussi à libérer la ville syrienne de Kobané de l'emprise de l'EI.

«Le groupe gagne du territoire, mais il en perd aussi, explique Houchang Hassan-Yari. C'est révélateur: avec une force au sol qui est déterminée, il est possible de faire reculer le groupe État islamique.»

 

AFGHANISTAN

 

L'EI y sévit depuis: 2015

 

Aucun territoire

Les djihadistes d'État islamique sont-ils en Afghanistan? Le gouvernement afghan le croit. «L'État islamique, ou des gens qui se réclament de l'organisation, est actif dans certaines régions et nos services de renseignement ont confirmé leur présence», a déclaré un porte-parole du gouvernement, le 10 février.

La veille, une attaque menée par l'armée afghane avait tué le mollah Abdul Rouf, ancien commandant taliban détenu à Guantánamo, qui affirmait publiquement faire du recrutement pour le groupe État islamique en Afghanistan. Jusqu'ici, le groupe est resté plutôt discret, mais il pourrait devenir une force montante dans ce pays instable.

 

YÉMEN

 

L'EI y sévit depuis: 2015

 

Aucun territoire

C'est au Yémen qu'est basé le groupe Al-Qaïda dans la péninsule Arabique, la cellule d'Al-Qaïda la mieux organisée. Or, des combattants ont apparemment décidé depuis peu de quitter l'organisation pour prêter allégeance au groupe État islamique, selon l'organisation SITE, qui suit le pays.

Le Yémen est secoué par un coup d'État mené par des milices chiites, laissant planer la menace d'une guerre civile. Houchang Hassan-Yari doute de la solidité des appuis dont y jouirait l'EI. «Les militants nouvellement convertis à l'EI n'ont pas réussi à gagner du terrain; or, qui dit peu de terrain dit peu de moyens.»

 

LIBYE

 

L'EI y sévit depuis: octobre 2014

 

Territoire: ville de Derna, région de Sabha, Syrte et Nofolia

«L'EI est un parasite qui s'installe dans les zones ou le gouvernement s'est effondré», explique en entrevue Vijay Prashad, auteur et professeur d'études internationales de Trinity College, à Hartford. Et il est difficile de trouver un pays dans un plus grand état d'effondrement que la Libye.»

Vendredi, un triple attentat suicide revendiqué par l'État islamique a fait au moins 31 morts et 40 blessés dans la ville Koubbah, près de Derna, dans l'est de la Libye. Depuis l'écroulement du régime de Mouammar Kadhafi, en 2011, des centaines de combattants islamiques libyens sont allés se battre en Irak et en Syrie. Ils tournent aujourd'hui leur regard sur les cibles libyennes.

Ils ont par exemple cette semaine pris le contrôle de l'université de Syrte, ville où est né Kadhafi. «Des ex-kadhafistes pourraient être tentés de rejoindre les rangs de l'EI, dit M. Prashad. Si c'était le cas, le chaos libyen ne ferait que commencer.»

 

ÉGYPTE

 

L'EI y sévit depuis: 2014

 

Territoire: Certains endroits de la péninsule du Sinaï

L'Égypte, le pays musulman le plus populeux du Moyen-Orient, est dans la ligne de mire du groupe État islamique, explique Vijay Prashad.

L'assassinat de 21 Égyptiens chrétiens coptes en Libye, dévoilé dans une vidéo, lundi, est un premier pas en ce sens, dit-il.«Ils s'en sont pris aux Coptes non seulement parce que leurs ennemis de choix, les musulmans chiites, ne se trouvent pas en Libye, mais aussi parce qu'ils cherchent à créer des divisions profondes en Égypte. Cela leur permettrait d'avoir une chance d'y prendre racine.» De 1000 à 2000 combattants égyptiens auraient prêté allégeance à l'EI jusqu'ici.

 

ALGÉRIE

 

L'EI y sévit depuis: 2014

 

Aucun territoire

En septembre 2014, un petit groupe djihadiste nommé Jund al Khilafa a enlevé le randonneur français Hervé Gourdel, pour ensuite le décapiter.

Même si le groupe a dit agir pour punir la France d'appuyer la guerre contre le groupe État islamique, les experts s'entendent pour dire que les djihadistes n'ont que des moyens limités en Algérie, pays soutenu par l'Occident, gouverné dans la répression depuis plus de 15 ans par l'actuel président Abdelaziz Bouteflika. «L'Algérie est un État plutôt stable, dit Vijay Prashad. Ce n'est pas le terreau que recherche l'EI.»

 

Attaquer Rome?

Le groupe État islamique a-t-il les moyens d'attaquer Rome? Dans une vidéo de propagande diffusée il y a deux semaines, le groupe a menacé d'attaquer l'Italie.«Nous sommes au sud de Rome», disait la vidéo, en référence à la prise de territoire récente du groupe en Libye, ce pays en proie au chaos situé à moins de 500 kilomètres des côtes de la Sicile.

En réaction, le premier ministre italien Matteo Renzi a fermé son ambassade à Tripoli et s'est dit prêt à déployer 500 membres d'une unité spéciale antiterroriste pour protéger les sites touristiques à Rome.
 

Dans un document de propagande de l'EI qu'a obtenu le Telegraph, cette semaine, le groupe affirme vouloir consolider ses appuis en Libye, qui serait une «porte d'entrée» pour l'Europe. Le groupe y projette aussi d'attaquer le transport maritime sur la Méditerranée.

 

«Étrange» menace

Dans une récente analyse, Stephen Van Evera, expert en terrorisme et professeur au Massachusetts Institute of Technology, qualifiait d'«étrange» la menace lancée par l'EI à l'endroit de l'Italie.
 

«L'Italie ne présente pas les bons paramètres pour permettre à l'EI d'opérer, a-t-il noté. Le pays n'a pas une importante population musulmane, or le groupe a besoin d'alliés pour pouvoir se fondre dans la foule. Ils auront du mal à former des cellules en Italie.»

Vijay Prashad, auteur et professeur d'études internationales de Trinity College, à Hartford, estime qu'une expansion de l'EI dans les pays stables défendus par des armées modernes est peu probable. «Les combattants de l'EI ont de l'ambition, mais ils ne sont pas stupides.»
 

Les États-Unis armeront des Syriens

Après des mois d'hésitation, Washington a officiellement décidé d'entraîner et d'armer des rebelles syriens opposés au groupe État islamique. L'annonce a été faite jeudi dernier par l'ambassade américaine à Ankara. La Turquie participera aussi à l'exercice.

Pour Houchang Hassan-Yari, professeur de sciences politiques au Collège militaire royal du Canada et membre de la chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM, la défaite du groupe État islamique dans la ville de Kobané, en janvier, a montré que l'organisation terroriste n'est pas infaillible.

«À Kobané et aussi dans certaines villes d'Irak, le groupe État islamique a fait face à une véritable résistance, et il a perdu, dit-il en entrevue. Il est possible de vaincre ce groupe terroriste, et la volonté d'entraîner et d'armer des rebelles syriens semble en faire foi.»

Les entraînements militaires commenceraient le mois prochain à la base de Kirsehir, dans le centre de la Turquie, ont dit cette semaine des officiels turcs. Le gouvernement a expliqué que les Syriens pourraient aussi frapper le gouvernement de Bachar al-Assad, ce à quoi s'opposait précédemment Washington.

Selon le Pentagone, quelque 5000 combattants syriens seront entraînés annuellement. En 2015, ils seront 3000 à recevoir la formation. Les combattants seront «passés au peigne fin» avant de recevoir l'entraînement militaire, a dit un porte-parole du Pentagone, John Kirby. Quant aux armes fournies par Washington, il s'agira de camionnettes munies de fusils mitrailleurs, d'équipement de télécommunication et de système GPS, a dit savoir l'agence Reuters.

 

- Avec l'Agence France-Presse

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