En ce samedi matin, Paris est toujours sous le choc, et exprime un immense chagrin. Près du Bataclan, cette salle de spectacle où a eu lieu le pire carnage de la série d'attentats de la veille, sur les trottoirs, on voit encore beaucoup de traces de sang.

Des souliers, des vêtements abandonnés sur la chaussée. Le périmètre est bouclé, mais moins que vendredi. Les fourgons blancs de la morgue sortent au compte-goutte, se frayant un chemin entre les médias et les badauds.

Les Parisiens de tous les âges et de tous les quartiers viennent voir. Constater. Les visages sont défaits. Ils sont nombreux ceux qui lancent un regard douloureux sur le Bataclan, avant de tourner les talons, en larmes ou en colère. Une dame de 74 ans est venue porter des fleurs à la mémoire des victimes.

C'est en cela que nous rediffusons  un article paru lors des evenements de Janvier sur le terrorisme religieux.


INTRODUCTION

Pour faire suite aux évènements dramatiques liés à Charlie Hebdo nous nous devions d'ouvrir cette espace afin de tenter de comprendre cette horreur et de donner la parole à ceux qui veulent exprimer leur opinion sur la montée du terrorisme religieux quel qu'il soit.

Vous pourrez exprimer votre voix dans le respect de l'autre et sans incitation à la haine. La publication des textes se fera à la condition sine qanun d'afficher son identité dans l'espace réservé à cela seul le prénom sera publié. Bonne lecture à tous et toutes et merci pour vos textes à venir. Nous avons publié un texte de Cat Stevens Yusuf Islam écrit en 2001 après les attentats, à vous de jouer maintenant.

Le respect commence par la connaissance de l'autre et par sa reconnaissance. Cette connaissance est nécessaire pour gérer la diversité et mettre un terme à la ghettoïsation des appartenances. L'ignorance est l'ennemi de tous. Une religion se doit d'être jugée pour ses enseignements et non pour ses adeptes.

Chacun d'entre nous a le devoir de s'informer sur les croyances de l'autre, au-delà des faits divers relatés par les médias et des préjugés véhiculés par ceux-ci, avant d'émettre un jugement sur une doctrine.

L'islam: Une religion de tolérance, et non de fanatisme

Par Yusuf Islam (anciennement connu sous le nom de  Cat Stevens)

Depuis les horribles attaques terroristes qui ont frappésles Etats-Unis, les médias ont porté toute leur attention sur les musulmans etle monde arabe, faisant ainsi de citoyens tout à fait ordinaires desvictimes de l'islamophobie.  Malheureusement, l'horreur qui a frappé lesEtats-Unis a été perpétrée par des personnes issues du Moyen-Orient qui portentdes noms à consonance musulmane. 

Ceci nourrit la haine pour un peuple et pour une religion qui n'a absolument rien à voir avec ces évènements.  C'est pourquoi j'aimerais expliquer certains faits de base à propos de ce noble mode de vie que l'on nomme islam... Avant (que Dieu nous en préserve !) qu'un autre désastre ne soit attribué à cette religion et à ceux qui la pratiquent vraiment.

J'ai embrassé l'islam à la fin de ma vingtaine, alors que j'étais une pop star et que je cherchais un sens à la vie. J'ai trouvé une religion où se côtoyait la raison scientifique et la spiritualité.  Une foi unifiante et à milles lieux des gros titres sensationnaliste traitant de violence, de destruction et de terrorisme. 

Une des premières choses intéressantes que j'ai apprises dans le Coran est que le nom islamsalam, qui signifie paix.  Loin du message centré sur le monde arabo-turque que j'imaginais, le Coran invite plutôt à la croyance en un Dieu Unique et universel.  Un Dieu pour tous. Sans discrimination entre les gens. 

Il est écrit dans le Coran que bien que nous puissions être  de couleurs et de tribus différentes, nous sommes tous des humains et la seule chose qui nous distingue auprès de Dieu est notre piété. est dérivé du mot

Aujourd'hui, en tant que musulman, je suis bouleversé par l'horreur des évènements que nous avons connu dernièrement.  L'étalage de la mort et le meurtre d'innocents dont nous avons tous été témoin ont brisé la confiance que nous avions envers l'humanité. 

Une telle terreur affecte tous les habitants de notre petite planète. Personne n'en est épargné. Cependant, nous devrions aussi tous nous rappeler que de telles violences ont également lieu sur une base quotidienne dans certains pays musulmans : la vengeance sur d'autres familles et communautés innocentes ne peut qu'exacerber la violence, et non la faire cesser.

Tout comme la majorité des musulmans, je sens qu'il est de mon devoir de faire savoir clairement que des attaques orchestrées et le carnage incompréhensible dont nous avons été témoins  n'ont rien à voir avec les croyances des musulmans. 

Le Coran déclare textuellement : « quiconque tuerait une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c'est comme s'il faisait don de la vie à tous les hommes. »

Le Coran est rempli de leçons tirées de l'histoire de l'humanité.  On y fait référence à la Bible et à la Torah.  Jésus, Moïse et Abraham y sont mentionnés. On y reconnaît la coexistence des autres religions et par le fait même, on y reconnaît la capacité qu'ont les différentes cultures de vivre ensemble dans la paix.

« Il n'y a pas de contrainte en religion », lit-on dans le Coran.  Plus loin, il y est écrit : « À vous votre religion, et à moi la mienne ».  Le respect des religions et la justice sont à la base du message du Coran.  L'histoire coranique que nous enseignons aux jeunes musulmans regorge d'exemples de relations inter-religieuses pacifiques et de vivre-ensemble réussi. 

Certains extrémistes font fi de cela et utilisent des éléments des écritures sacrées en les sortant de leur contexte.  Ils agissent ainsi en leur nom personnel (et non au nom des musulmans !), en suivant leurs propres règles plutôt que celles de l'islam.

J'ai jadis écris une chanson intitulée Where do the children play ? Notre sympathie et nos pensées vont vers toutes ces familles qui ont perdu un être cher à cause de la violence, et à tout ceux qui furent blessés. La vie doit aussi continuer. 

Les enfants ont encore besoin de jouer, et les gens ont besoin de vivre et d'apprendre au sujet de leurs voisins afin que l'ignorance n'entraîne pas encore plus de fanatisme.  La modération est un principe de l'islam.  Ainsi, ceux qui accusent l'éducation islamique de créer du fanatisme devraient en apprendre un peu plus sur l'islam. 

Publié dans le Magazine Al-Hewar, le 24 septembre 2001


Montée du terrorisme religieux

                                

Le corps d'un homme après un attentat en... (Photo Massoud Hossaini, Archives AFP) 

Le corps d'un homme après un attentat en Afghanistan.Photo Massoud Hossaini, Archives AFP

Pierre-André Normandin La Presse

Le terrorisme motivé par la religion, essentiellement l'islam radical, a connu une croissance fulgurante depuis le début des années 2000, démontre l'Index 2014 du terrorisme global.

Or, ces groupes sont beaucoup plus lents à mettre fin à leurs activités que ceux à caractère politique ou nationaliste, constate une autre étude du centre de recherche RAND.

Dans la foulée des attentats de Paris, La Presse brosse aujourd'hui le portrait du terrorisme à partir des plus récentes études. Celles-ci permettent de comprendre qu'une issue négociée est peu probable.

Près de 18 000 morts

Le terrorisme a coûté la vie à tout près de 18 000 personnes en 2013, soit cinq fois plus qu'en 2000, selon l'Index 2014 du terrorisme global. Ce rapport réalisé par l'Institute for Economics and Peace, à Londres, a analysé 48 000 attentats perpétrés de 2000 à mars 2014, qui ont fait 107 000 morts durant cette période. L'étude constate que le nombre d'attentats avait commencé à décliner à partir de 2007, mais s'est grandement accru depuis le début de la guerre civile en Syrie. En 2013, on a recensé 24 pays où plus de 50 personnes sont mortes dans un attentat terroriste, contre 15 l'année précédente. Le terrorisme a également touché 36 autres pays où l'on rapporte au moins un mort.

L'Occident peu frappé

Malgré la multiplication des attentats, l'Occident reste relativement peu touché, observe l'Index 2014 du terrorisme global. Depuis 2000, seulement 7% des attaques ont été perpétrées dans les pays membres de l'OCDE, celles-ci représentant 5% des morts dues au terrorisme. La majorité des attentats ont eu lieu dans cinq pays, soit l'Irak, l'Afghanistan, le Pakistan, le Nigeria et la Syrie.

Les attentats terroristes où les morts se comptent par dizaines frappent l'imaginaire, mais ces attaques sont plutôt rares. L'Index 2014 du terrorisme global évalue même que la moitié des attentats n'ont fait aucun mort. Seulement 10% des attaques se sont soldées par la mort de plus de 5 personnes.

Explosion de la violence religieuse

Évolution des motivations des groupes terroristes
20002013
Séparatisme47,06%14,63%
Politique23,53%7,32%
Religion29,41%78,05%
Source: Index 2014 du terrorisme global

Au début des années 2000, les groupes nationalistes séparatistes représentaient les principaux auteurs d'attentats terroristes. Si cette forme de terrorisme est relativement stable depuis, les attaques inspirées par des motifs religieux ont augmenté en flèche, représentant aujourd'hui plus des trois quarts des attaques.

Difficiles à mater

Le centre de recherche RAND, basé en Californie, a étudié l'espérance de vie des groupes terroristes en analysant 648 regroupements ayant sévi entre les années 1968 et 2006. Bonne nouvelle: près des deux tiers d'entre eux ont fini par cesser leurs activités. Le hic? Les groupes religieux mettent beaucoup plus de temps à disparaître. Dans les quatre décennies étudiées, seulement le tiers de ces terroristes ont mis fin à leurs attaques, principalement après avoir été démantelés par des interventions policières. La même étude démontre toutefois que, depuis 1968, aucun groupe terroriste religieux n'a fini par atteindre son objectif.

Comment en finir?

Comment les groupes terroristes disparaissent-ils?

Pour mettre fin au terrorisme, mieux vaut miser sur une solution politique et investir dans ses forces policières, conclut l'étude de la RAND. L'analyse des groupes ayant cessé leurs activités démontre que plusieurs ont fini par renoncer au terrorisme pour devenir des partis légitimes. Mais trouver une solution politique avec des terroristes inspirés par la religion s'avère difficile, observe Steve Killelea, directeur général de l'Institute for Economics and Peace. «Étant donné la nature théologique du problème, c'est très difficile pour des acteurs extérieurs d'avoir une quelconque influence.» Les policiers représentent quant à eux la deuxième solution la plus efficace, leur travail ayant permis d'arrêter ou de tuer les terroristes dans 40% des cas. Les militaires ont toutefois un taux de succès plutôt faible, note le RAND.

Comment les groupes terroristes disparaissent-ils ?

43% Solution politique
40% Travail policier
10% Objectif atteint
7% Intervention militaire


Islam radical Quatre principaux groupes terroristes


Al-Qaïda 

Victimes tuées: 8585

Combattants: 3700 à 19 000

- Talibans 

Victimes tuées: 8763

Combattants: 36 000 à 60 000

- Boko Haram 

Victimes tuées: 3440

Combattants: 500 à 9000

- État islamique 

Victimes tuées: 3111

Combattants: 20 000 à 30 500

Au moins 358 groupes terroristes sont présentement actifs dans le monde, mais quatre d'entre eux ont été responsables à eux seuls des deux tiers des victimes, en 2013. Depuis l'an 2000, on évalue qu'ils auraient tué près de 25 000 personnes. L'Index 2014 du terrorisme global note que les quatre principaux groupes terroristes présentement actifs sont basés sur des interprétations extrémistes du wahhabisme. Les plus récentes données du rapport datant de mars 2014, les profils du groupe État islamique et de Boko Haram risquent d'avoir considérablement changé, ceux-ci ayant été très actifs l'an dernier.

Bombe, arme de choix

Les explosifs représentent l'arme de choix des terroristes dans le monde, près des deux tiers de leurs victimes ayant ainsi trouvé la mort. Les différents groupes adoptent toutefois des stratégies bien différentes. Ainsi, le groupe nigérian Boko Haram mise davantage sur les armes à feu pour faire régner la terreur, la moitié de ses victimes étant tombées sous les balles. À l'inverse, le groupe État islamique mise principalement sur les bombes pour faire régner la terreur, 85% de ses attentats étant ainsi perpétrés.

Armes utilisées

60% Explosifs
30% Armes à feu
10% Incendies ou sabotage

Rares attentats-suicides 5% : part des attentats-suicides

Contrairement à la croyance populaire, l'Index 2014 du terrorisme global démontre que peu d'attentats-suicides surviennent. Non seulement ils sont rares, mais ils se limitent à quelques pays. Depuis 2000, pas moins de 90% de ces attentats se sont produits dans des pays du Moyen-Orient et du sud de l'Asie. La crainte des attentats-suicides pourrait toutefois s'expliquer par les lourds dégâts qu'ils causent. L'étude montre que ces attentats tuent en moyenne 11 personnes, contre 2 pour les autres types d'attentats terroristes. L'efficacité des attentats-suicides est toutefois limitée quand vient le temps d'assassiner une cible précise, relativisent les auteurs. Un peu plus de la moitié (56%) des attaques ont raté leur cible.

Terrorisme contre homicides

437 000 Homicides 11 000 Personnes tuées dans un attentat terroriste


Beaucoup d'attention est accordée au terrorisme, mais l'Index 2014 du terrorisme global souligne que les gens ont 40 fois plus de chances d'être victimes d'un meurtre que d'une attaque terroriste. Même si les États-Unis ont été le théâtre du pire attentat terroriste, le rapport évalue qu'un Américain court 64 fois plus de chances d'être victime d'un meurtre. Les auteurs soulignent toutefois que les actes terroristes provoquent une plus grande onde de choc, suscitant la peur et entraînant souvent des conséquences économiques importantes.

Expansion de l'EI: portrait

                               

La Presse

Né en Irak dans les années 2000, le groupe État islamique a gagné la Syrie et cherche aujourd'hui à prendre pied, notamment, en Égypte et en Libye. Comment s'explique la fulgurante montée en puissance de ces djihadistes? Quels sont les facteurs qui limitent son expansion tous azimuts? Explications... en sept pays.

IRAK

L'EI y sévit depuis: 2006

Territoire: frontière entre l'Irak et la Syrie.
Plusieurs villes importantes, dont Mossoul, Tikrit et Fallujah.

En juin dernier, le groupe armé État islamique, qui combat le gouvernement chiite irakien, a lancé un assaut dans le nord de l'Irak. Dépassée, mal préparée, l'armée irakienne abandonne alors la partie. «L'EI a pris du territoire en Irak avec une rapidité foudroyante, explique Houchang Hassan-Yari, professeur de sciences politiques au Collège militaire royal du Canada et membre de la chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM. Ils ont pris bien des gens par surprise.» Depuis l'été dernier, l'armée américaine entraîne des soldats irakiens et mène des bombardements sur les positions de l'EI en Irak. Or, faire des avancées sur le terrain sera long et compliqué: pour reprendre la ville de Mossoul, par exemple, il faudrait 30 000 combattants et jusqu'à 10 mois de lutte, a récemment estimé un analyste militaire kurde.

SYRIE

L'EI y sévit depuis: 2013

Territoire: la majeure partie de l'est de la Syrie, dont les villes de Raqqa et de Deir ez-Zour

Depuis le printemps 2013, le groupe État islamique a fait des gains importants en Syrie, où le groupe est mieux organisé et mieux entraîné que l'Armée syrienne libre, qui combat les troupes du président Bachar al Assad. L'EI contrôle aujourd'hui la moitié est du pays, mais son élan a été freiné par les frappes aériennes américaines. Dans les territoires conquis, la population est soumise à une interprétation fanatique de l'islam. Les femmes doivent porter deux burqas et des gants. Des fillettes peuvent être mariées dès l'âge de 9 ans, selon des témoignages vidéo recueillis récemment par The Guardian. Le mois dernier, les combattants kurdes et les bombardements orchestrés par l'armée américaine ont réussi à libérer la ville syrienne de Kobané de l'emprise de l'EI. «Le groupe gagne du territoire, mais il en perd aussi, explique Houchang Hassan-Yari. C'est révélateur: avec une force au sol qui est déterminée, il est possible de faire reculer le groupe État islamique.»

AFGHANISTAN

L'EI y sévit depuis: 2015

Aucun territoire

Les djihadistes d'État islamique sont-ils en Afghanistan? Le gouvernement afghan le croit. «L'État islamique, ou des gens qui se réclament de l'organisation, est actif dans certaines régions et nos services de renseignement ont confirmé leur présence», a déclaré un porte-parole du gouvernement, le 10 février. La veille, une attaque menée par l'armée afghane avait tué le mollah Abdul Rouf, ancien commandant taliban détenu à Guantánamo, qui affirmait publiquement faire du recrutement pour le groupe État islamique en Afghanistan. Jusqu'ici, le groupe est resté plutôt discret, mais il pourrait devenir une force montante dans ce pays instable.

YÉMEN

L'EI y sévit depuis: 2015

Aucun territoire

C'est au Yémen qu'est basé le groupe Al-Qaïda dans la péninsule Arabique, la cellule d'Al-Qaïda la mieux organisée. Or, des combattants ont apparemment décidé depuis peu de quitter l'organisation pour prêter allégeance au groupe État islamique, selon l'organisation SITE, qui suit le pays. Le Yémen est secoué par un coup d'État mené par des milices chiites, laissant planer la menace d'une guerre civile. Houchang Hassan-Yari doute de la solidité des appuis dont y jouirait l'EI. «Les militants nouvellement convertis à l'EI n'ont pas réussi à gagner du terrain; or, qui dit peu de terrain dit peu de moyens.»

LIBYE

L'EI y sévit depuis: octobre 2014

Territoire: ville de Derna, région de Sabha, Syrte et Nofolia

«L'EI est un parasite qui s'installe dans les zones ou le gouvernement s'est effondré», explique en entrevue Vijay Prashad, auteur et professeur d'études internationales de Trinity College, à Hartford. Et il est difficile de trouver un pays dans un plus grand état d'effondrement que la Libye.» Vendredi, un triple attentat suicide revendiqué par l'État islamique a fait au moins 31 morts et 40 blessés dans la ville Koubbah, près de Derna, dans l'est de la Libye. Depuis l'écroulement du régime de Mouammar Kadhafi, en 2011, des centaines de combattants islamiques libyens sont allés se battre en Irak et en Syrie. Ils tournent aujourd'hui leur regard sur les cibles libyennes. Ils ont par exemple cette semaine pris le contrôle de l'université de Syrte, ville où est né Kadhafi. «Des ex-kadhafistes pourraient être tentés de rejoindre les rangs de l'EI, dit M. Prashad. Si c'était le cas, le chaos libyen ne ferait que commencer.»

ÉGYPTE

L'EI y sévit depuis: 2014

Territoire: Certains endroits de la péninsule du Sinaï

L'Égypte, le pays musulman le plus populeux du Moyen-Orient, est dans la ligne de mire du groupe État islamique, explique Vijay Prashad. L'assassinat de 21 Égyptiens chrétiens coptes en Libye, dévoilé dans une vidéo, lundi, est un premier pas en ce sens, dit-il. «Ils s'en sont pris aux Coptes non seulement parce que leurs ennemis de choix, les musulmans chiites, ne se trouvent pas en Libye, mais aussi parce qu'ils cherchent à créer des divisions profondes en Égypte. Cela leur permettrait d'avoir une chance d'y prendre racine.» De 1000 à 2000 combattants égyptiens auraient prêté allégeance à l'EI jusqu'ici.

ALGÉRIE

L'EI y sévit depuis: 2014

Aucun territoire

En septembre 2014, un petit groupe djihadiste nommé Jund al Khilafa a enlevé le randonneur français Hervé Gourdel, pour ensuite le décapiter. Même si le groupe a dit agir pour punir la France d'appuyer la guerre contre le groupe État islamique, les experts s'entendent pour dire que les djihadistes n'ont que des moyens limités en Algérie, pays soutenu par l'Occident, gouverné dans la répression depuis plus de 15 ans par l'actuel président Abdelaziz Bouteflika. «L'Algérie est un État plutôt stable, dit Vijay Prashad. Ce n'est pas le terreau que recherche l'EI.»

Attaquer Rome?

Le groupe État islamique a-t-il les moyens d'attaquer Rome? Dans une vidéo de propagande diffusée il y a deux semaines, le groupe a menacé d'attaquer l'Italie.

«Nous sommes au sud de Rome», disait la vidéo, en référence à la prise de territoire récente du groupe en Libye, ce pays en proie au chaos situé à moins de 500 kilomètres des côtes de la Sicile.

En réaction, le premier ministre italien Matteo Renzi a fermé son ambassade à Tripoli et s'est dit prêt à déployer 500 membres d'une unité spéciale antiterroriste pour protéger les sites touristiques à Rome.

Dans un document de propagande de l'EI qu'a obtenu le Telegraph, cette semaine, le groupe affirme vouloir consolider ses appuis en Libye, qui serait une «porte d'entrée» pour l'Europe. Le groupe y projette aussi d'attaquer le transport maritime sur la Méditerranée.

«Étrange» menace

Dans une récente analyse, Stephen Van Evera, expert en terrorisme et professeur au Massachusetts Institute of Technology, qualifiait d'«étrange» la menace lancée par l'EI à l'endroit de l'Italie.

«L'Italie ne présente pas les bons paramètres pour permettre à l'EI d'opérer, a-t-il noté. Le pays n'a pas une importante population musulmane, or le groupe a besoin d'alliés pour pouvoir se fondre dans la foule. Ils auront du mal à former des cellules en Italie.»

Vijay Prashad, auteur et professeur d'études internationales de Trinity College, à Hartford, estime qu'une expansion de l'EI dans les pays stables défendus par des armées modernes est peu probable. «Les combattants de l'EI ont de l'ambition, mais ils ne sont pas stupides.»

Les États-Unis armeront des Syriens

Après des mois d'hésitation, Washington a officiellement décidé d'entraîner et d'armer des rebelles syriens opposés au groupe État islamique. L'annonce a été faite jeudi dernier par l'ambassade américaine à Ankara. La Turquie participera aussi à l'exercice.

Pour Houchang Hassan-Yari, professeur de sciences politiques au Collège militaire royal du Canada et membre de la chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM, la défaite du groupe État islamique dans la ville de Kobané, en janvier, a montré que l'organisation terroriste n'est pas infaillible. «À Kobané et aussi dans certaines villes d'Irak, le groupe État islamique a fait face à une véritable résistance, et il a perdu, dit-il en entrevue. Il est possible de vaincre ce groupe terroriste, et la volonté d'entraîner et d'armer des rebelles syriens semble en faire foi.»

Les entraînements militaires commenceraient le mois prochain à la base de Kirsehir, dans le centre de la Turquie, ont dit cette semaine des officiels turcs. Le gouvernement a expliqué que les Syriens pourraient aussi frapper le gouvernement de Bachar al-Assad, ce à quoi s'opposait précédemment Washington.

Selon le Pentagone, quelque 5000 combattants syriens seront entraînés annuellement. En 2015, ils seront 3000 à recevoir la formation. Les combattants seront «passés au peigne fin» avant de recevoir l'entraînement militaire, a dit un porte-parole du Pentagone, John Kirby. Quant aux armes fournies par Washington, il s'agira de camionnettes munies de fusils mitrailleurs, d'équipement de télécommunication et de système GPS, a dit savoir l'agence Reuters.

- Avec l'Agence France-Presse

Sujet: Terrorisme religieux

Terrorisme religieux

Azov Edwige 13/01/2015
Hier j'ai discuté avec un Musulman originaire du Maroc.Son visage exprimait la souffrance de la barbarie qui s'était produite en France.Il faut lire le Coran me disait il.On n'y dit pas qu'il faut tuer au nom de notre Dieu.Il ajoute "je suis écoeuré que des esprits dérangés se servent de notre Religion pour des actes terroristes.nous avons discuté longuement.Nous étions tous les deux CHARLIE.

Nouvel avis

Contactez-nous