Je préfère mourir debout que vivre à genoux

08/01/2015 16:28

« Trois fous ont couru dans les rues de la capitale française en croyant avoir abattu des idées, bousillé un journal, peut-être vengé leur foi, mais ils n'ont fait que tuer des hommes et renforcer les idéaux que ceux-ci portaient », écrit Joan Condijts de l'Echo.

« Car, comme il y aura, sans doute, malheureusement, toujours des fanatiques pour tenter de les assassiner, il y aura toujours des hommes pour défendre la justice, soutenir l'intelligence et préserver la lumière. »

Les évènements effroyables d'aujourd'hui rendent la question [d'une possible Réforme de l'islam] encore plus pressante », écrit The Economist, « parce des gens vont sans aucun doute dire : voici la preuve, si nous en avions besoin, que l'islam est intrinsèquement et irrémédiablement violent, intolérant, et incapable d'accepter l'idée libérale de la liberté de parole.

Et si cette vision monte en puissance, beaucoup de musulmans concluront à leur tour que, face à tant d'hostilité acharnée, ce n'est même pas la peine d'essayer d'expliquer leur foi aux autres ou de chercher à s'arranger avec leurs voisins. Les enjeux sont donc très importants ».

« L'auteur anglais, Andrew Hussey, qui vit à Paris, a publié l'année dernière un livre appelé « L'Intifada française », dans laquelle il a décrit la France comme « la capitale mondiale de la liberté, de l'égalité et de la fraternité... attaquée par les héritiers dépossédés du projet colonial français furieux », rappelle Tony Barber du Financial Times.

« Les meurtres à Paris soumettent le défi aux politiciens et aux citoyens français de se lever pour défendre les valeurs fondamentales de la République et vaincre la violence politique sans pour autant succomber aux chants des sirènes de l'extrême droite ».

«La religion, une forme médiévale de déraison, peut devenir une vraie menace pour nos libertés, lorsqu'elle se combine avec l'armement moderne », a déclaré Salman Rushdie, l'écrivain qui fait l'objet d'une fatwa depuis 25 ans en raison de son ouvrage « Les versets Sataniques ».


« Ce totalitarisme religieux a provoqué une mutation mortelle au cœur de l'islam, et nous en voyons les conséquences tragiques aujourd'hui à Paris. Je me tiens aux côtés de Charlie Hebdo, comme nous devons tous le faire, pour défendre l'art de la satire, qui a toujours été une force pour la liberté et contre la tyrannie, la malhonnêteté et la stupidité. « Le respect pour la religion » est devenu le mot de code pour « la peur de la religion ». Les religions, comme toutes les autres idées, méritent la critique, la satire, et, oui, notre manque de respect intrépide ».

Enfin, le blog New Republic rappelle que le dernier numéro de Charlie Hebdo était consacré au dernier ouvrage de Michel Houellebecq, « Soumission », dans lequel l'auteur décrit une France de 2022 gouvernée par un parti islamiste.

Ce roman a suscité une forte controverse en France, beaucoup accusant Houellebecq d'islamophobie.

« La plus récente cible de la satire de Charlie Hebdo n'était pas l'Islam. C'était l'islamophobie », titre le blog.

 « L'une des grandes ironies de cet attentat est qu'il s'est produit le même jour que la parution chez les libraires français, de « Soumission », et du numéro de Charlie Hebdo qui s'en moquait.

Ce qui s'est passé chez Charlie Hebdo est une attaque épouvantable menée par des islamistes radicaux cherchant à faire taire la publication.

Mais alors que la conversation avance, il est important de se souvenir que les journalistes et les dessinateurs de Charlie Hebdo ne combattaient pas seulement le fondamentalisme islamique, mais aussi d'autres formes de pensée intolérantes et dogmatiques ».