50 déjà, cinq moments marquants de Woodstock

11/08/2019 11:10

Le Festival de Woodstock (Woodstock Music and Art Fair, ou Woodstock) est un festival de musique et un rassemblement emblématique de la culture hippie des années 1960, organisé à Bethel (État de New York) sur les terres du fermier Max Yasgur, à une cinquantaine de miles (75 kilomètres) au sud-ouest de Woodstock.

C'est un des plus grands moments de l'histoire de la musique populaire, classé par le magazine Rolling Stone parmi les 50 moments qui ont changé l'histoire du rock 'n’roll.

Organisé pour se dérouler du 15 au 17 août 1969 et accueillir 50 000 spectateurs, il en accueille finalement environ un demi-million, et se poursuivit un jour de plus, soit jusqu'au 18 août 1969 au matin.

Le festival accueille les concerts de 32 groupes et solistes de musiques folk, rock, soul et blues. Le budget de rémunération des artistes atteignit au total dix millions de dollars.

L'événement a été immortalisé par le film Woodstock de Michael Wadleigh, les photos d'Elliot Landy, l'album tiré du film et enfin la chanson de Joni Mitchell Woodstock qui commémore ces journées et qui est reprise par Crosby, Stills, Nash and Young.

Plusieurs morceaux joués à Woodstock deviendront légendaires, comme le Star Spangled Banner (hymne des États-Unis) réinterprété par Jimi Hendrix dans un solo de guitare dans lequel il imite des bombardements de B-52 pendant la guerre du Vietnam, le Soul Sacrifice de Santana avec un solo épique de batterie par l'un des plus jeunes musiciens du festival, le batteur Michael Shrieve (20 ans), le Fish Cheer/I-Feel-Like-I'm-Fixing-To-Die-Rag de Country Joe McDonald avec la phrase légendaire : « Give me a F! Give me a U! Give me a C! Give me a K! », I'm Going Home de Ten Years After, With a Little Help from My Friends des Beatles repris par Joe Cocker, l'interprétation de Tommy par les Who et Freedom chanté par Richie Havens.

Woodstock, c'est aussi plusieurs moments clés de l'histoire du rock. De Richie Havens à Jimi Hendrix, cinq concerts mémorables.

RICHIE HAVENS

Le vendredi 15 août, c'est le chaos sur le site du festival. Les embouteillages monstres, causés par la déferlante humaine, font en sorte qu'aucun artiste prévu au programme n'arrive à l'heure. Pour faire patienter la foule, on demande à Richie Havens, un folkeux noir inconnu de New York, d'étirer sa performance le plus longtemps possible. Il en sortira le mythique Freedom, qui donne le ton au festival. Sa carrière est née.

COUNTRY JOE McDONALD

Il ne devait jouer que le dimanche, mais pour combler le vide, on lui a demandé de se produire après Richie Havens. Son hymne antiguerre du Viêtnam, I-Feel-Like-I'm-Fixing-to-Die, ponctué d'un fuck provocateur qui sera repris à l'unisson par la foule, demeure le moment le plus politisé du festival.

SANTANA

 Le samedi 16 août. Le ciel est gris et le sol trempé lorsqu'un groupe inconnu de San Francisco fait irruption sur scène. Le public, endormi par la performance précédente (oubliable Quill), est réveillé par la décharge électrique de Carlos Santana, qui obtient ce jour-là la reconnaissance internationale. Anecdote : la formation a été imposée par le promoteur Bill Graham, qui a menacé les organisateurs de ne pas leur donner les Grateful Dead et Jefferson Airplane s'ils ne consentaient pas à programmer Santana.

JOE COCKER

 Joe Cocker était inconnu du grand public avant son passage à Woodstock, en 1969.

Tandis que la pluie arrose copieusement les festivaliers, un chanteur britannique inconnu entame la journée du dimanche 17 août avec son rythm'n'blues atypique. Le public découvre cet étrange pantin à favoris, qui gesticule comme un handicapé. Sa version très personnelle d'A Little Help From My Friends des Beatles demeure un des hauts faits du festival. La (longue) carrière de Joe Cocker est lancée.

JIMI HENDRIX

L'inoubliable version du Star-Spangled Banner de Jimi Hendrix est LE morceau d'anthologie du festival de Woodstock.

Lundi matin, peu avant l'aube, alors que tous les artistes sont passés et que le site du festival est presque vide, Jimi Hendrix signe son inoubliable version du Star-Spangled Banner, hymne national américain, qu'il torture en référence à la guerre du Viêtnam. C'est LE morceau d'anthologie du festival. Il était déjà connu. Il entre dans la légende.