Alors que l'économie européenne est à nouveau au bord du gouffre, un secteur prospère comme jamais auparavant...

24/10/2014 20:03

« Tragiquement, malgré tous ces sommets et ces discussions de réforme, rien n'a été réalisé sur les six dernières années. Très peu, (sinon aucune) économies ne se sont fait le cadeau d'une réforme sensée, tandis que de grandes nations comme l'Allemagne et la France ont défendu implacablement leurs intérêts nationaux.

Maintenant, le problème a accompli un cercle complet. Ceux qui ne se sont pas réformés de la zone méditerranéenne luttent pour survivre, échoués avec des dettes importantes provenant d'une bureaucratie pléthorique et de leur appareil d'administration publique gigantesque...

C'est à Paris que la bombe à retardement toxique des défauts imminents émet le tic-tac le plus sonore. Un quarantième déficit budgétaire annuel consécutif est en train de détruire la troisième illusion socialiste, aidé en cela par ce résident de l'Elysée plus infortuné que de coutume, le président Hollande.

De l'autre côté de la frontière, la croissance allemande stagne, ce qui est peu surprenant ... Après tout, l'Europe est un train en déraillement d'incompétence budgétaire de longue date.

(...) Maintenant, la Banque centrale européenne pourrait appuyer sur le bouton d'alarme, arrosant le système de « monnaie de singe » (Quantitative Easing). Ailleurs, cette mesure n'a servi jusqu'ici qu'à produire une importante inflation des actifs - aka, elle a rendu les riches plus riches sans apporter de prospérité cohérente pour tous. »

Cet extrait est tiré de l'article du spécialiste britannique financier (mais pas banquier) Patrick L. Young, intitulé «Europe's panic button » (« Le bouton d'alarme de l'Europe »), et publié sur le site de la chaîne russe Russia Today, dans lequel il donne son sentiment sur l'état actuel de l'Europe.

Le magazine web Quartz poursuit la complainte, écrivant que « La croissance (européenne) stagne, les banques sont malades et le continent flirte maintenant avec la déflation ».

Pour illustrer ce malaise, le magazine a choisi de reproduire les citations d'une douzaine de CEO obtenues au cours de conférences téléphoniques datant de la semaine dernière. Au cours de ces conversations, ils ont donné leur sentiment sur la situation en Europe :

L'Europe, vous voyez... L'évolution de notre chiffre d'affaires est en ligne avec celui que nous avions eu au second trimestre. Nous avions alors enregistré une baisse de 5%. Nous sommes négatifs de 5%. La façon la plus facile d'en parler est de dire que rien ne bouge ».

Pierre-André Terisse, directeur financier de Danone;

Nous n'attendons pas beaucoup de croissance des grandes économies européennes cette année, contrairement au reste du monde ».

John Wren, CEO du groupe publicitaire Omnicom; 

Le marché européen est faible au total. Il est  plus faible que ce que nous avions prévu au début de l'année. Les choses dérapent donc d'une certaine manière, l'Europe de l'Est se détériore résolument, l'Europe occidentale est plus ou moins stable avec une légère hausse de 1% ».

Keith McLoughlin, CEO du fabricant d'électroménager Electrolux; 

Comme vous le savez, nous avons été très conservateurs au cours des dernières années sur nos hypothèses de prévisions pour l'Europe et je pense qu'il s'agit d'une sage décision. »

Jeffrey Immelt, CEO du consortium industriel américain GE.

Mais tout n'est pas noir, comme toujours. Par exemple, les sciétés de recouvrement connaissent actuellement une période dorée, explique Lars Wollung d'Intrum Justitia:

En Europe, il y a beaucoup de défaillances de crédits, et nous pensons donc que le taux de croissance là-bas sera vraiment bon dans les cinq prochaines années ».