Au moins 30 enfants tués dans un double attentat à Homs

01/10/2014 20:09

Le double attentat, dont l'un perpétré par un... (PHOTO AFP/SANA)

Le double attentat, dont l'un perpétré par un kamikaze, a frappé une école d'Akrama, quartier à majorité alaouite de la troisième ville de Syrie, selon l'OSDH. Le président Bachar al-Assad est issu de cette communauté minoritaire en Syrie.PHOTO AFP/SANA

Fulya OZERKAN, Rana MOUSSAOUI Agence France-Presse BEYROUTH, MURSITPINAR

Alors que la Syrie est ravagée par la guerre civile depuis plus de trois ans, 39 personnes, dont 30 enfants âgés entre six et neuf ans, ont péri dans un double attentat devant une école à Homs (centre), ville contrôlée quasi-totalement par le régime, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les forces kurdes, appuyées par les frappes de la coalition internationale, défendaient mercredi la ville clé de Kobané assiégée par les djihadistes de l'État islamique (EI) dans le nord de la Syrie à la frontière turque.

Les États-Unis, qui poursuivent également les frappes en Irak voisin pour aider les autorités à repousser l'EI, ont prévenu qu'il ne serait «ni facile ni rapide» de venir à bout de ce groupe extrémiste sunnite responsable d'atrocités dans les vastes régions sous son contrôle dans les deux pays.

À Kobané (Aïn el-Arab en arabe), des combats acharnés opposent l'EI aux membres des Unités de protection du peuple (YPG, principale milice kurde syrienne) qui défendent «farouchement» la ville, selon l'OSDH.

Les djihadistes sont à quelque 3 km de la troisième ville kurde de Syrie dont la prise leur permettrait de contrôler sans discontinuité une longue bande de territoire le long de la frontière turque.

«Bien qu'inférieurs en nombre et en armement, les combattants kurdes refusent de se retirer», a ajouté l'OSDH. «C'est pour eux une question de vie ou de mort».

Les YPG ont reçu le soutien d'avions de la coalition conduite par les États-Unis, qui ont mené au moins cinq frappes contre l'EI à l'est de Kobané, selon l'OSDH.

Au moins neuf djihadistes et neuf combattants kurdes ont été tués dans les frappes et combats, a précisé l'ONG en faisant par ailleurs état de l'exécution par l'EI de 10 personnes, y compris un civil et trois combattantes des YPG près de Kobané.

Malgré les raids, les djihadistes ont continué à tirer sur la ville où se trouvaient encore des milliers de civils, selon l'OSDH, après la fuite en Turquie de plus de 160 000 habitants de Kobané et des villages environnants pris par l'EI.

«Les raids ne suffisent pas»

«L'EI a bombardé intensément Kobané au mortier aujourd'hui. Je n'ai jamais rien vu de tel», affirme Aliye Kahraman, une habitante de 70 ans qui a fui sa ville dans la journée au poste-frontière turc de Mursitpinar.

«La situation empire. Nous emmenons les femmes en Turquie et nous retournons combattre», témoigne un autre habitant, Husni Akca. «J'ai cinq garçons qui participent à la guerre à Kobané».

Après avoir renforcé son dispositif à la frontière, le gouvernement turc a déposé au Parlement qui doit en débattre jeudi, une motion autorisant l'intervention de son armée contre l'EI en Irak et en Syrie, aux côtés de la coalition à laquelle participent à différents degrés une cinquantaine de pays.

«Les tonnes de bombes qui seront larguées par les airs ne constituent qu'une solution temporaire et ne font que retarder le danger», a néanmoins prévenu le président turc Recep Tayyip Erdogan, en soulignant la nécessité d'une solution «durable».

La montée en puissance en 2013 en Syrie de l'EI a éclipsé la guerre entre rebelles et régime, qu'il combat tous les deux.

Nouvelles frappes en Irak 

Après le début le 23 septembre des raids en Syrie, menées en collaboration avec cinq pays arabes, les États-Unis ont appelé à la «patience».

Les combattants de l'EI ne se déplacent désormais plus en larges groupes à ciel ouvert, mais se «dispersent» pour éviter d'être frappés depuis les airs, selon le Pentagone qui a toutefois reconnu que l'organisation avait réussi à prendre de nouveaux territoires.

Dans le Nord irakien, les forces kurdes, appuyées par les raids aériens, ont repris quasi-totalement aux djihadistes la localité de Rabia à la frontière syrienne, selon des responsables.

Des frappes ont en outre visé un camp de l'EI près de Hawija au nord de Bagdad, faisant neuf morts, selon un responsable irakien.

Accusé de crimes contre l'Humanité, l'EI qui compte des dizaines de milliers de combattants dont de nombreux étrangers y compris occidentaux, est responsable de multiples exactions - viols, rapts, exécutions, crucifixions - dans le «califat» proclamé sur les régions sous son contrôle à cheval entre la Syrie et l'Irak.

Les pays occidentaux craignent surtout de voir ces djihadistes, une fois aguerris, revenir sur leur territoire organiser des attentats, alors que l'EI ainsi qu'Al-Qaïda ont menacé les pays de la coalition de représailles.