Bourse de Moscou : et maintenant, le pétrole...

06/10/2014 16:22

Bourse de Moscou : et maintenant, le pétrole... ' Histoire de la Fin de la Croissance ' Scoop.it

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Alors que les sanctions économiques et la chute du rouble pèsent sur les indices boursiers russes, Moscou subit aujourd'hui l'impact de la baisse des prix du pétrole. Mais certains investisseurs continuent de croire au miracle russe.Pour la Russie, les mauvaises nouvelles se succèdent en Bourse.

Après les sanctions occidentales qui menacent de faire tomber le pays en récession, après la chute du rouble (17% depuis le début de l'année face au dollar, pire performance d'une monnaie avec le peso argentin), le pays fait face à présent à la baisse des prix de l'énergie.

Le baril de Brent a perdu plus de 10 % en un mois, à 92,4 dollars, un poids pour un pays dont la moitié du budget provient des ressources pétrolières et gazières.

Ce qui autrefois était une force devient aujourd'hui une faiblesse : le manque de diversification d'une économie trop dépendante des matières premières.

Conséquence, l'indice Micex de la bourse de Moscou a perdu 3% cette semaine, à 1386 points et le rouble 1,9 %, portant son repli sur un mois à 7,7 %. L'impact des changes sur la bourse russe se traduit d'ailleurs dans la performance de l'indice RTS, composé des 50 actions russes les plus liquides cotées en dollars : - 23 % depuis le 24 juin.

Une nouvelle affaire Khodorkovsky ?

Un autre évènement est aussi venu troubler les investisseurs : le placement en résidence surveillée mi-septembre de Vladimir Evtushenkov, soupçonné de blanchiment d'argent .

Son conglomérat Sistema a perdu les deux-tiers de sa valeur le mois dernier. Une affaire qui n'est pas sans rappeler l'arrestation en 2004 de Mikhail Khodorkovsky, l'ancien PDG de Ioukos. Même si le Kremlin affirme qu'il ne s'agit pas d'une affaire politique, la chute de l'action Sistema pourrait laisser des traces dans l'esprit des investisseurs et assombrir encore le climat d'investissement dans le pays.

Or, étonnamment, les investisseurs étrangers reviennent sur les actions... En une semaine (au 1er octobre), les fonds en actions russes ont reçu 157 millions de dollars net, selon EPFR Global data. Par ailleurs, les ETF (fonds indiciels cotés) ont investi 608 millions de dollars dans les actions russes ces deux derniers mois.

Du jamais vu depuis 2011. Un choix qui s'est révélé perdant pour l'instant, les ETF ayant perdu 6,9 % sur la période. Mais ils font le pari qu'il sera bientôt gagnant.

Pour plusieurs raisons. D'abord, parce que le conflit en Ukraine s'atténue et avec lui les risques de nouvelles sanctions occidentales contre la Russie. La guerre contre Daesh en Irak et en Syrie constitue à court terme un dérivatif pour des marchés qui regardent moins ce qui se passe à Kiev et à Moscou.

Des actions bradées

Ensuite parce que les actions russes sont bradées comme jamais. Le Micex se paye en moyenne à 4,7 fois les estimations de bénéfices pour 2014, le niveau le plus bas pour l'ensemble des marchés émergents. A titre de comparaison, le MSCI Emerging Markets se paie en moyenne à 10,7 fois pour l.

« Les actions russes sont actuellement à un très bas niveau comparativement aux valeurs occidentales.

Les tensions géopolitiques ont également occulté le fait que nombre de sociétés cotées russes sont saines.

A moins que les relations entre la Russie et l'Occident ne viennent à se dégrader fortement, ce que nous n'anticipons pas, nous ne nous attendons pas à ce que la bourse russe continue de baisser », estiment ainsi les experts de Barings.

Le marché le plus haï de la planête

Enfin dans leur esprit, le rouble ne peut pas descendre beaucoup plus bas, car il est proche du niveau auquel la Banque centrale russe a prévenu qu'elle interviendrait.

C'est d'ailleurs ce qui s'est produit mercredi dernier. La RCB a vendu 4 millions de dollars sur le marché des changes. Un montant peu important certes qui a surtout valeur de piqûre de rappel pour les investisseurs.

Or, sur un marché comme le RTS, libellé en dollars, toute remontée du rouble serait bonne à prendre.

Le marché russe reste un marché risqué, sensible aux tensions géopolitiques et à la baisse du pétrole. Un risque que veut bien prendre Jim Rogers , connu pour avoir créé le fonds Quantum avec Georges Soros dans les années 70. Pour lui, le sentiment négatif à l'égard de la Russie et les prix bas en Russie sont des signaux d'achat pour les investisseurs contrariants, ce qu'il résume en une phrase.

« Je place mon argent en Russie parce que c'est le marché le plus haï de la planète, à l'exception peut-être de l'Argentine ».