Cette fois-ci, c'est différent: finalement, 25 banques ont échoué aux stress-tests de la BCE

27/10/2014 09:30

Finalement, 25 banques européennes, dont 9 banques italiennes, 3 banques grecques et 3 banques chypriotes, ont échoué aux stress-tests de la Banque Centrale Européenne, rapporte Bloomberg.

Parmi les banques qui ont échoué, on trouve 2 banques belges, AXA Banque Europe, et Dexia NV.

Au total, la BCE a mis en évidence un manque de 25 milliards d'euros de capitaux bancaires à la fin de l'année 2013 ; entretemps, 12 des institutions déficitaires en capitaux sont parvenues à combler ce manque de 15 milliards d'euros, et 13 d'entre elles sont encore sous-capitalisées de 10 milliards d'euros, conclut le rapport.

 Au total, il rappelle que le système bancaire de la zone euro totalise 22 000 milliards d'actifs.

Aucune des plus grandes européennes n'a échoué au test pour manque de capitaux. Les institutions qui ont échoué disposent désormais de 9 mois pour résoudre les problèmes identifiés par la BCE.

Deux banques grecques ont été exemptées de cette obligation, parce qu'elles ont déjà engagé des démarches pour corriger leur problème.

C'est dans la patrie de Mario Draghi, le patron de la BCE, que les banques se sont avérés les plus vulnérables, en raison des défaillances de crédit de leurs emprunteurs, et de la troisième récession à laquelle le pays fait face depuis 2008. 

La troisième banque du pays, Monte Paschi (BMPS), la Banca Carige SpA (CRG) et deux autres banques coopératives doivent 3,3 milliards d'euros de capitaux entre elles.

Les stress-tests, soumis à 130 banques aux 18 pays de la zone euro plus la Lituanie par l'Autorité Bancaire Européenne sous la supervision de la BCE, comprenaient un scénario de base établi sur la base des prévisions économiques de la Commission européenne, et un scénario défavorable, avec une hypothèse de récession et d'effondrement du marché des obligations souveraines.

« Cela aurait été un problème pour la BCE de convaincre le marché de sa crédibilité s'il n'y avait eu qu'un faible nombre d'échecs ou de capitaux à lever », commente Jon Peace, un analyste bancaire à l'agence Nomura Holdings de Londres.

Lors de la dernière série de tests qui avait été menée en 2011, 8 banques sur 90 avaient échoué, avec un manque global de 2,5 milliards de capitaux.

Cependant, ces tests n'avaient pas permis de mettre en évidence les difficultés de certaines des institutions qui les avaient passés avec succès. Quelques mois plus tard, la crise financière avait exposé ces vulnérabilités, et certaines d'entre elles, dont Dexia, avaient dû être renflouées. 

Selon l'économiste allemand Hans-Werner Sinn, qui est aussi président de l'Institut Ifo, cette nouvelle série de tests a été trop clémente, parce que son scénario n'intégrait pas de déflation en Europe du Sud. Il affirme que cette omission a eu pour conséquence une sous-estimation de la sous-capitalisation réelle de beaucoup de banques.