CRISE SANITAIRE DÉRIVE BUDGÉTAIRE ET DÉFICIT

01/06/2020 10:29

Au cours de la crise sanitaire liée au COVID 19, le gouvernement a pris des mesures d’urgence sans mesurer l’ampleur des conséquences de ses décisions.

Il a agi en travestissant les prévisions. Il a engagé la France dans une dérive budgétaire qui a conduit, maintenant, à l’hypothèse d’un déficit de plus de 115% du PIB, selon Darmanin.

C’est un niveau jusqu’ alors inconnu pour notre pays, en effet le gouvernement a fait adopter, à un mois d’intervalle, deux projets de loi de finance rectificatifs et annonce en présenter un troisième pour le 10 juin.

Cette démarche met en évidence soit une incompétence en calcul simple, soit le caractère insincère et manipulé de sa politique.

Par exemple, le chômage partiel apparait comme une bonne réponse, sur le principe, suite aux différents arrêts d’activités avec le confinement.

Mais l’ouverture du chômage partiel aux entreprises sur simple déclaration a conduit à une explosion des demandes (près de 13 millions de salariés, soit 64% des salariés du secteur privé).

Le montant total de l’indemnisation prévue, 24 milliards d’euros, sera très largement dépassé au final.

Le simple choix d’une absence de contrôle a priori du chômage partiel apparait comme une faute grave, car ce même gouvernement appelle désormais à la lutte contre les fraudes de certaines entreprises (salariés au chômage partiel continuant à travailler), sans même prendre en compte les fraudes de salariés, qui travaillent parallèlement au chômage partiel.

La sortie progressive des salariés du chômage partiel va déboucher sur une explosion du chômage et comme le nombre des déclarations d’embauche (donnée factuelle) va diminuer de près de 75%, le stock des inscrits à Pôle emploi va de fait exploser.

La dérive budgétaire actuelle décidée par Macron, Philippe et Lemaire est condamnable. Les choix stratégiques présentés pour rétablir la situation vont avoir un coût et un impact énorme.

D’un côté, l’Etat aura engagé des dépenses exceptionnelles non maitrisées et, de l’autre, les recettes fiscales de l’Etat vont fortement diminuer du fait de la baisse de l’activité.

Le nombre des emplois dans le secteur privé va se restreindre et le chômage partiel ne donnera pas lieu à cotisations sociales, d’où de nouveau déficit en prévision. 

Il est impensable le fait de faire porter une part importante de ces dépenses aux régimes sociaux, alors que cette dépense exceptionnelle doit naturellement être assumée par l’Etat.

Le tiers de la dépense du chômage partiel est imputé à l’Unedic, qui va voir son déficit exploser.

La dépense d’indemnisation des parents gardant leurs enfants ou des personnes fragiles à domicile, comme les travailleurs de santé fragile (mais pas malades) a été imputée en mars et avril à l’assurance maladie, alors qu’il ne s’agissait évidemment pas d’une dépense de santé proprement dite (le report à 2035 de l’équilibre de ce régime en résulte).

Le gouvernement pénalise les régimes sociaux de manière inacceptable. Au final, cela risque de les mettre en péril. Le financement du futur « plan santé » devrait faire courir un risque similaire au régime santé.

De plus il serait totalement contre-productif de ne choisir que l’option fiscale par une augmentation des impôts et taxes en France.

La pression fiscale actuelle reste déjà excessive (57%) et toute augmentation irait contre une relance économique.

La baisse nécessaire de la pression fiscale sur les particuliers et les entreprises est effectivement reportée, dans le contexte de récession économique et la politique d’arrêt presque complet de l’économie qui a été adoptée par Macron et Philippe pour répondre à la crise sanitaire.

La gauche de la gauche et certains syndicats notamment, appellent à de nouveaux impôts « pour les riches », sans prendre en compte les conséquences économiques de telles mesures (arrêts d’activité, nivellement vers le bas, départs à l’étranger).

Ils revendiquent des dépenses nouvelles allant jusqu’au « revenu universel » versé à tous. Ils semblent ignorer la récession et l’ampleur de la crise sociale qui va s’engager.

Macron et Philippe hésitent encore sur la conduite à tenir. Leur raisonnement semble davantage lié à la perspective présidentielle de 2022 (nouveau gouvernement ou programme vert) qu’à la raison.

La seule solution possible réside dans la multiplication des emprunts et obligations à long terme. Mais il est vrai que ce niveau de dette apparait très dangereux pour notre pays, car il faut pouvoir honorer ses dettes.

Source :

Le MIL, Challenge, les Echos