De Grexit à Graccident: les Grecs sont-ils sur la voie d'une sortie de l'euro?

07/03/2015 07:04

« Il y a des solutions plus intelligentes. Nous pourrions reconvertir une partie des prêts que nous avons reçus du fonds de sauvetage européen FESF en obligations, dont le coupon et les remboursements pourraient être  indexés sur l'évolution de notre PIB », a déclaré Yanis Varoufakis, ministre des finances grec, au cours d'une interview avec le journal allemand Handelsblatt au début de cette semaine.

 Il a rappelé qu'entre juin et août de cette année, la Grèce devrait honorer le paiement de 11,5 milliards d'euros d'obligations. Si aucun accord n'est conclu à l'issue de la prolongation de 4 mois du programme de sauvetage, elle ne pourra pas payer... De cette manière, Varoufakis a de nouveau sollicité une restructuration de la dette grecque.

« De même que nous ne voulons pas entendre le mot « troïka », nos créanciers ne veulent pas entendre le mot « décote », et je le comprends », avait dit le ministre en préambule.


Pour certains observateurs, l'attitude du gouvernement grec est irresponsable. Pour le journal danois Jyllands Posten, ce n'est pas une nouveauté, mais cela ne change rien au problème : «La Grèce n'est pas le seul membre de l'UE en difficultés.

Mais globalement, les autres pays, de l'Irlande au Portugal, en passant par les Pays baltes, se sont donnés pour objectif de remettre de l'ordre dans leurs comptes, efficacement et dignement. Athènes a échoué à faire de même, bien que ce soit le minimum qu'on attendait d'elle ».

Le 'Graccident', c'est-à-dire une sortie de la Grèce de l'euro non préparée et chaotique, est inévitable si le gouvernement ne parvient pas à convaincre ses créanciers que le pays va adopter des réformes efficaces pour lui permettre d'améliorer ses finances, estime le journaliste grec Vasilis Stefanikidis dans le magazine grec Proto Thema.

«On peut penser que les créanciers ont déjà perdu patience. Ils sont fatigués d'entendre des théories et de voir des projets de loi qui ne permettent pas de remplir les coffres du trésor, mais qui, au contraire, lui coûtent de l'argent », écrit-il.

La Grèce n'aura pas gain de cause pour des raisons politiques, juge le journal allemand Süddeutsche Zeitung : « Athènes ne pourra pas s'attendre à recevoir plus d'aide si le prix à payer sur le plan politique est insupportable pour les autres membres de la zone euro.

Si la Grèce met à l'épreuve la bonne volonté des ses partenaires de l'UE à un point tel qu'elle ne fait que renforcer des partis tels que le Front National ou Alternative für Deutschland ou Podemos, l'amitié sera terminée. »

Cependant, pour le journal espagnol El Diario, les initiatives de la Grèce sont bienvenues : « Il est évident que le gouvernement grec n'est pas parvenu à obtenir ce qu'il voulait.

Mais il est aussi clair qu'il s'est assuré de meilleures conditions pour mener une politique qui sera au moins un peu moins injuste.

Cela peut sembler médiocre pour nos insatiables maîtres et leurs politiciens, mais pour beaucoup de gens, cela ne signifie rien d'autre que de la nourriture sur la table, un toit sur leur tête, une assurance santé, et un accès à l'éducation.

C'est aussi simple que ça. Pourquoi les gouvernements portugais et espagnol ne suivent-ils pas cet exemple, alors que beaucoup de leurs citoyens souffrent également ? Pourquoi préfèrent-ils plutôt torpiller les négociations des Grecs ? »

https://www.express.be/business/fr/economy/de-grexit-a-graccident-les-grecs-sont-ils-sur-la-voie-dune-sortie-de-leuro/211821.htm