Ebola: les personnels de santé en grève au Liberia

13/10/2014 16:08

Un homme passe devant une murale indiquant les... (STRINGER)

Un homme passe devant une murale indiquant les symptômes liés au virus Ebola, le 12 octobre Monrovia au Liberia.STRINGER

Agence France-Presse MONROVIALes personnels de santé au Liberia, le pays le plus touché par l'épidémie d'Ebola, se sont massivement mis en grève lundi pour obtenir le versement des rémunérations promises, a affirmé à l'AFP le président du syndicat du secteur, Joseph Tamba.

Le mouvement, amorcé la semaine dernière par une grève perlée à la clinique Island de Monrovia, un centre de traitement débordé dès son ouverture en urgence le 21 septembre, semblait largement suivi dans la capitale, selon les témoignages du personnel et de patients.

«Nous sommes ici au centre de traitement d'Ebola et personne ne s'occupe de nous», a témoigné un patient de cette clinique en direct sur une radio locale. «La nuit dernière, plusieurs malades sont morts. Ceux qui peuvent marcher veulent s'échapper en escaladant la barrière», a-t-il ajouté.

«Les personnels de santé à travers le pays ont rendu leur tablier comme nous leur avons demandé de le faire», a déclaré à l'AFP M. Tamba, expliquant que les revendications portaient notamment sur la titularisation d'employés sans contrat.

«C'est comme si le gouvernement accumulait les personnels sans leur donner de salaire», a-t-il déploré, estimant leur nombre à plus de 6000.

S'agissant de la clinique Island, administrée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les contrats prévoyaient un salaire mensuel de 750 dollars américains pour les infirmiers et techniciens de laboratoire et 500 pour les hygiénistes, mais le gouvernement ne leur a payé respectivement que 400 et 350 dollars, a indiqué le syndicaliste.

«C'est pourquoi ils se sont mis en grève à la clinique Island avant même la date», a-t-il expliqué.

Un représentant du personnel de cet établissement, Alphonso Wesseh, a accusé les autorités de saper toute tentative de médiation de la directrice médicale ougandaise, la Dre Anne Atai Omoruto, ou de compromis.

«Alors qu'elle tentait de nous convaincre de reprendre le travail, le gouvernement a demandé à l'OMS de la remplacer parce qu'elle avait accordé une interview à des journalistes de la MINUL (Mission des Nations unies au Liberia)», déplorant la gestion de ce conflit, a souligné M. Wesseh, à l'extérieur de la clinique. Les journalistes ont été bannis des centres médicaux.

«Elle connaît les risques que nous prenons au quotidien, c'est pourquoi elle compatit avec nous», a-t-il ajouté, précisant que le personnel avait fait barrage à ce changement de direction.

Les soignants sont particulièrement touchés par l'épidémie, qui a fait 201 contaminations dans leurs rangs au Liberia, où 95 en sont morts, selon le dernier bilan de l'OMS.