Ebola: rapport accablant d'un médecin qui a traité la malade espagnole

09/10/2014 13:29

Teresa Romero Ramos et son chien Excalibur.... (PHOTO REUTERS)

Teresa Romero Ramos et son chien Excalibur.PHOTO REUTERS

Agence France-Presse Madrid

Un médecin ayant soigné la malade espagnole d'Ebola a dénoncé dans un rapport révélé jeudi par deux journaux les conditions de sa prise en charge: de la combinaison aux manches trop courtes, aux demandes sans réponse de transfert vers un l'hôpital spécialisé.

«Les manches étaient trop courtes pour moi tout le temps» et une partie des poignets est restée à découvert, écrit notamment le docteur Juan Manuel Parra, le médecin urgentiste de 41 ans qui a été placé en observation mercredi soir.

Dans ce rapport publié par El Mundo et El Pais, il raconte précisément comment il s'est occupé pendant presque 16 heures de l'aide-soignante, elle-même contaminée en s'occupant d'un religieux espagnol atteint d'Ebola et rapatrié, décédé le 25 septembre.

Selon lui, lorsque l'aide-soignante arrive à l'aube à l'hôpital de la ville d'Alcorcon près de Madrid où elle vit, elle est placée dans un box séparé du reste des patients, car elle informe immédiatement qu'elle craint d'être contaminée.

Lorsqu'il prend son service, vers 8h du matin, elle présente déjà les premiers symptômes: éruptions cutanées sur le torse et l'aine et une myalgie (douleurs musculaires) et de la toux, écrit-il.

Seuls lui et des infirmiers entrent dans la chambre avec des combinaisons de protection de base: une blouse imperméable, des doubles gants, une cagoule et un masque chirurgical.

Au fil des heures l'état de santé de Teresa Romero se détériore brutalement. Mais c'est par la presse que le docteur apprend le résultat du test, positif pour Ebola, la concernant.

Ce n'est que vers 17H00 qu'il se fait confirmer par une source plus officielle la «possibilité» qu'elle soit porteuse du virus. Il utilise alors un équipement «de meilleur niveau de protection fourni par l'hôpital».

Mais «les manches étaient trop courtes», écrit-il, alors que désormais la patiente «présente des diarrhées abondantes, des vomissements, des douleurs musculaires et une fièvre jusqu'à 38°.

Malgré son état, l'aide-soignante tente aussi de protéger ceux qui la soignent. À partir de 18h, Juan Manuel Parra demande son transfert à l'hôpital La Paz-Carlos III à Madrid où elle travaille et où deux missionnaires, tous deux décédés du virus, avaient été admis en août et septembre.

Il décrit un état de santé «instable, avec un haut risque de complication et la nécessité d'une attention permanente avec des diarrhées, expectorations, vomissement et la présence de menstruation de la patiente».

Toutefois, selon lui, ce n'est qu'à minuit qu'arrivera enfin l'ambulance pour transporter Teresa Romero.