Il n'y a guère de différence entre une exécution en Arabie Saoudite et dans l'État islamique

24/09/2014 12:18

Les décapitations effroyables, parfois filmées, exécutées par les terroristes de l'Etat islamique (EI, maintenant également appelé Daech en France), ont choqué le monde, mais elles ne sont pas très différentes des exécutions suite à une condamnation à mort telles qu'on les pratique en Arabie Saoudite, un pays allié des Occidentaux dans la guerre que ceux-ci ont déclarée à l'EI.

En Arabie Saoudite, un condamné à la décapitation peut réclamer un anti-douleur, son exécution n'est pas filmée, et elle est réalisée par un bourreau professionnel armé d'une épée très tranchante, ce qui signifie que la mort est immédiate.

Il n'y a également pas tellement de différence dans la manière dont l'Arabie Saoudite et l'EI appliquent une charia particulièrement sévère, et dans les deux cas, c'est la loi du talion qui prévaut, et les flagellations en public font partie de l'arsenal des châtiments, affirme The Economist.

Tous deux suivent la jurisprudence de Hanbal, la plus stricte des 4 écoles de la loi traditionnelle sunnite. Ainsi, des dissidents issus de Raqqa, la ville dans laquelle l'EI a établi la capitale de son califat, affirment que les 12 juges qui dirigent son tribunal sont des Saoudiens.

L'EI a également créé une police religieuse qui n'est pas sans rappeler la police religieuse saoudienne, dont le but est de veiller au respect de la loi islamique et de rappeler les citoyens à leur devoir de prière.

Comme dans les zones contrôlées par l'EI, où les églises et les mosquées non sunnites ont été détruites ou converties à d'autres usages, l'Arabie Saoudite prohibe les pratiques religieuses non musulmanes.

Ainsi, le 5 septembre dernier, la police saoudienne a organisé un raid sur  une maison de Khafji, une ville à la frontière koweitienne, et a condamné ses 27 occupants, des Chrétiens asiatiques, pour avoir participé à une cérémonie religieuse catholique.

L'EI a exécuté des centaines, voire des milliers de personnes, sur les derniers mois sans les juger, la plupart du temps au moyen d'une arme à feu, parfois par décapitation.

Mais des associations des droits de l'homme affirment qu'au mois d'août, en l'espace de 18 jours, l'Arabie Saoudite a procédé à la décapitation de pas moins de 22 personnes, alors que le pays n'en avait exécuté « que » 79 l'année dernière.

Une grande partie de ces condamnés à mort l'ont été pour des délits relativement mineurs, tels que le trafic de haschich ou la « sorcellerie ».

L'un de ces condamnés avait été reconnu comme souffrant de troubles psychiatriques.

Cette répression croissante soudaine est d'autant plus étonnante qu'au cours des dernières années, le royaume avait eu tendance à s'assouplir.

Les opposants au régime craignent que ce durcissement ne s'explique par la montée en puissance de l'EI : soit il vise à montrer aux Saoudiens les plus conservateurs que le Royaume demeure un « véritable » Etat islamique, ou alors, il vise à maintenir sous contrôle l'insatisfaction croissante d'une partie de la population et la baisse de la ferveur religieuse.

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