Intelligence artificielle: le secrétaire à la Défense remet en doute ses théories sur la guerre

18/02/2018 11:38


Le secrétaire à la Défense Jim Mattis se... (Photo Francois Lenoir, archives REUTERS)

Le secrétaire à la Défense Jim Mattis se questionne: «Si nous arrivons un jour au point où on est complètement en pilote automatique, nous sommes tous des spectateurs» d'un conflit armé. Photo Francois Lenoir, archives REUTERS

Agence France-Presse Washington


L'intelligence artificielle et son impact sur l'armement à l'avenir font douter le Secrétaire à la défense Jim Mattis de ses propres théories sur la guerre.

Questionné samedi sur l'impact que l'intelligence artificielle aurait à l'avenir sur les conflits armés, l'ancien général des Marines a donné un cours improvisé de théorie de la guerre aux journalistes l'accompagnant dans sa tournée d'une semaine en Europe.

Rappelant ses propres publications, il a différencié la nature essentielle de la guerre, qui est immuable parce qu'humaine, de son caractère, qui est changeant.

«La nature fondamentale de la guerre c'est (...) l'équipement, la technologie, le courage, la compétence, l'intégration des capacités, la peur, la lâcheté, toutes ces choses qui donnent une nature fondamentale de la guerre très imprévisible», a expliqué M. Mattis dans l'avion le ramenant à Washington.

«Le caractère de la guerre change tout le temps. Un vieil Allemand défunt l'appelait un caméléon, car il change pour s'adapter à son temps, à la technologie, au terrain», a-t-il ajouté en référence au théoricien du 18e siècle Carl von Clausewitz.

Il a expliqué qu'aujourd'hui, les drones sont pilotés à distance, mais que demain, les armes pourront apprendre seules, s'adapter et s'auto-déclencher.

«L'arme de notre arsenal la plus mal nommée est l'avion sans pilote: il n'y a peut-être personne dans le cockpit, mais il y a quelqu'un qui le dirige, quelqu'un d'autre derrière son épaule (...) plus ceux qui téléchargent ses informations, ceux qui décident d'y attacher des bombes, des cameras de surveillance», a-t-il poursuivi. 

«Si nous arrivons un jour au point où on est complètement en pilote automatique, nous sommes tous des spectateurs. Cela ne sert plus un objectif politique», a indiqué M. Mattis.

«Et un conflit est un problème social, qui nécessite des solutions sociales, des solutions humaines».«Je ne peux pas répondre à votre question», a conclu M. Mattis.

«Mais il est certain que je remets en question mon postulat original sur la nature fondamentale de la guerre qui ne changera pas. Aujourd'hui, il faut en douter».