Iraq : un rapport de l'ONU détaille un nombre impressionnant de violations des droits de l'homme

03/10/2014 13:22

Des Iraquiens fuyant l'avancée de groupes extrémistes armés en Iraq en 2014. Photo HCR/E. Colt

Un rapport de l'ONU publié jeudi énumère un nombre impressionnant de violations des droits de l'homme et de violences à caractère de plus en plus confessionnel commis par l'Etat islamique d'Iraq et du Levant (EIIL) et des groupes armés associés sur une période de neuf semaines, ainsi qu'un certain nombre de violations commises par les forces de sécurité iraquiennes.

Le rapport, produit conjointement par la Mission d'assistance des Nations Unies  en Iraq (MANUI) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, couvre la période allant du 6 juillet au 10 septembre.

Le rapport cite notamment « des attaques visant directement des civils et des infrastructures civiles, des exécutions de civils, des enlèvements, des viols et d'autres formes de violence sexuelle et physique perpétrés contre des femmes et des enfants, le recrutement forcé d'enfants, la destruction ou la profanation de lieux ayant une importance culturelle ou religieuse, la destruction sans motif et le pillage de biens, et le déni des libertés fondamentales ».

« Les membres des diverses communautés ethniques et religieuses d'Iraq, y compris les Turkmènes, les Shabak, les Chrétiens, les Yézidis, les Sabéens, les Kaka'e, les Feylis kurdes, les Arabes chiites, et d'autres, ont été plus particulièrement affectés par cette situation », poursuit le rapport.

« L'EIIL et les groupes armés associés ont visé de manière intentionnelle et systématique ces communautés », cherchant à les éliminer des zones sous leur contrôle. L'EIIL et ses associés ont également assassiné des soldats capturés.

« Ce rapport est terrifiant, » a déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Iraq, Nickolay Mladenov, notant que des centaines d'autres allégations concernant le meurtre de civils n'ont pas été inclues car elles n'avaient pas encore été suffisamment vérifiées.

« Les dirigeants iraquiens doivent agir de manière unie pour rétablir le contrôle sur les zones dont s'est emparée l'EIIL et mettre en œuvre des réformes sociales, politiques et économiques inclusives », a-t-il ajouté.

Le rapport décrit également les violations qui auraient été commises par les forces de sécurité iraquiennes. « Il s'agit notamment de frappes aériennes et de bombardements ainsi que la conduite de certaines opérations ou d'attaques militaires qui pourraient avoir violé les principes de distinction et de proportionnalité au regard du droit international humanitaire », affirme le rapport.

Mercredi, la MANUI a indiqué qu'au total au moins 9.347 civils ont été tués depuis le début de 2014 et 17.386 ont été blessés.

« L'éventail des violations et des abus commis par l'EIIL et les groupes armés associés est énorme, et beaucoup de leurs actes peuvent constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité », a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein.

« Pour cette raison, je recommande fortement que le gouvernement de l'Iraq envisage d'adhérer au Statut de Rome, et, dans l'immédiat, accepte l'exercice de la compétence de la Cour pénale internationale à l'égard de cette situation horrible que connaît le pays », a-t-il ajouté.