Jimmy Savile a agressé sexuellement 63 personnes dans un seul hôpital

26/02/2015 15:53

L'ex-animateur de la BBC Jimmy Savile, décédé en... (PHOTO LEWIS WHYLD, ARCHIVES AP)

L'ex-animateur de la BBC Jimmy Savile, décédé en 2011 à l'âge de 84 ans, est soupçonné d'avoir lui-même commis des centaines d'agressions sexuelles et viols pendant 50 ans, en toute impunité.PHOTO LEWIS WHYLD, ARCHIVES AP

Agence France-Presse LONDRES

Jimmy Savile a agressé sexuellement 63 victimes âgées de huit à quarante ans rien que dans un seul hôpital, selon un rapport publié jeudi qui continue de révéler l'ampleur des méfaits de l'ex-animateur vedette de la BBC.

Le rapport, commandé par le service public de santé britannique (NHS), affirme en outre que des membres du personnel de cet hôpital, le Stoke Mandeville, situé au nord-ouest de Londres, étaient au courant de ces agressions parce que certaines victimes en avaient parlé, mais que la direction n'en avait pas été informée.

Du fait de sa célébrité et de son association caritative destinée à lever des fonds pour les hôpitaux publics, Jimmy Savile, mort en octobre 2011 à l'âge de 84 ans, sans jamais avoir été inquiété, pouvait y circuler librement.

Ce n'est qu'un an après sa mort qu'une enquête journalistique a dévoilé les centaines d'agressions qu'il a commises, conduisant Scotland Yard à le décrire comme «le pire prédateur sexuel de l'histoire du pays».

Selon Androulla Johnstone, responsable de l'enquête qui a abouti au rapport sur Stoke Mandeville, les agressions y allaient de «l'attouchement au viol» et concernaient aussi bien des patients, des visiteurs que des employés.

Un second rapport publié jeudi estime que Savile a commis des agressions dans 41 hôpitaux publics au cours d'une période allant du début des années 1960 à 2009.

L'avocate de 44 de ses victimes, Liz Dux, s'est élevée contre le blanc-seing accordé aux dirigeants de Stoke Mandeville, jugeant «inconcevable» que le rapport n'ait trouvé aucune preuve qu'ils aient été au courant des abus.

«Ces gens qui savaient ce que faisait Savile et qui ont reçu des rapports vont s'en tirer à bon compte», a-t-elle dénoncé.

Le ministre de la Santé Jeremy Hunt, entendu jeudi par les parlementaires sur ces rapports, a estimé que les gens n'ont pas osé «poser les bonnes questions, les questions difficiles», en raison de sa célébrité et de sa générosité affichée. «Les gens étaient soit trop éblouis soit trop intimidés (...) pour l'affronter», selon lui.

Évoquant Stoke Mandeville plus particulièrement, il a ajouté que les victimes y avaient été majoritairement de sexe féminin et qu'une vingtaine d'entre elles étaient particulièrement vulnérables en raison de lésions à la moelle épinière.