Journée d'action mondiale contre les traités de libre-échange

19/04/2015 11:55

En Allemagne, où le TTIP (Transatlantic Trade and... (PHOTO JOHN MACDOUGALL, AFP)

En Allemagne, où le TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership - en français TAFTA), déchaîne les passions, l'appel lancé par un collectif international d'associations, d'ONG, de syndicats, de partis politiques, et relayé dans 45 pays a connu un écho particulier.PHOTO JOHN MACDOUGALL, AFP

Agence France-Presse BERLIN

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi en Allemagne contre l'accord TTIP négocié entre les États-Unis et l'Union européenne, à l'occasion d'une journée d'action mondiale contre les traités de libre-échange qui devait être marquée par des centaines de manifestations dans le mondeEn Allemagne, où le TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership - en français TAFTA), déchaîne les passions, l'appel lancé par un collectif international d'associations, d'ONG, de syndicats, de partis politiques, et relayé dans 45 pays a connu un écho particulier.

Selon une porte-parole d'Attac Allemagne, «plusieurs dizaines» de milliers de personnes manifestaient samedi après-midi dans ce pays, avec 230 actions organisées dans 170 «villes et villages».

À Munich (sud), 23 000 personnes ont manifesté, 2000 à Leipzig (est), un millier à Stuttgart (sud-ouest), environ 700 à Francfort et à Tübingen (sud-ouest), selon cette porte-parole, qui a ajouté qu'une grande manifestation anti-TTIP aurait lieu le 10 octobre à Berlin.

Une quinzaine d'événements étaient prévus dans la capitale, dont une chaîne humaine de «plusieurs milliers de personnes» qui a été organisée entre les ambassades du Canada et des États-Unis, a constaté un photographe de l'AFP.

L'accord TTIP, sur lequel le prochain cycle de négociations débute lundi à New York, vise à supprimer les barrières douanières et règlementaires entre les États-Unis et l'Europe.

Ses opposants redoutent qu'il ne débouche sur une dérèglementation généralisée et un recul du champ d'action des gouvernements.

Outre le TTIP, l'appel à manifester visait d'autres accords en préparation, comme celui sur le commerce des services (ACS ou TISA en anglais) ou celui entre l'UE et le Canada (Accord économique et commercial global, CETA).

Des actions (rassemblements, stands d'information, tractages...) devaient avoir notamment lieu aux États-Unis, en Amérique latine (Brésil, Colombie, etc.), en Afrique (Burkina Faso, Zimbabwe, etc.), au Pakistan ou encore au Bangladesh.

À Bruxelles, siège de la Commission européenne, environ 2000 personnes ont battu le pavé. À Madrid, ils étaient un millier, dans une ambiance plutôt festive.

À Varsovie, environ 300 personnes ont manifesté devant la représentation de la Commission européenne, a rapporté l'agence de presse polonaise PAP.

À Prague, une manifestation a réuni 250 personnes, alors qu'à Helsinki, un millier de personnes, dont certaines masquées, ont défilé en musique - batterie et heavy metal -, selon un journaliste de l'AFP. «Certaines études montrent que l'Europe du Nord perdrait 220 000 emplois en quelques années à cause de ces accords», s'est inquiété Ville Hautakangas, du Parti Pirate de Finlande.

Vendredi, la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a défendu le TTIP, rejetant l'idée qu'il menacerait la démocratie, l'environnement ou les consommateurs: «ce n'est absolument par le cas», a-t-elle écrit sur son blogue. «Le TTIP ne va pas changer nos règles sur les OGM ou le boeuf aux hormones», a-t-elle encore assuré.

L'accord TTIP est une «grande chance» pour l'économie allemande, de même qu'une «obligation», ont déclaré de leur côté le patron de l'industrie allemande Ulrich Grillo et le numéro un de Daimler Dieter Zetsche au journal Frankfurter Allgemeine Sonntag (FAS).