L'image d'invulnérabilité de l'EI est révolue et le groupe commence à s'effriter

28/11/2014 12:09

ILYAS AKENGIN / AFP

En juillet, le groupe terroriste de l'Etat islamique avait publié une carte montrant qu'il avait l'intention de « libérer » la totalité de la partie nord de l'Afrique, et de larges pans de l'Asie et de l'Europe, y compris l'Espagne, d'ici 2019.

Ensuite, le groupe partirait à la conquête du reste du monde... Mais le groupe terroriste enregistre de plus en plus de revers, et son image d'invulnérabilité commence à s'effriter, affirme le journal Die Welt.

Depuis le 8 août, le groupe est régulièrement bombardé sur les positions qu'il tient en Irak, et depuis le 23 septembre, il l'est également en Syrie.

On estime qu'un millier de ses hommes ont été tués au cours de ces frappes, mais aussi qu'elles l'ont privé de plusieurs centaines de véhicules, de dépôts, d'armes, et d'autres installations militaires qui ont été détruits.

« Bien sûr, l'EIIL a été affaibli », affirme Hisham al-Hashimi, un expert irakien de Bagdad. « Outre la destruction, ils ont perdu leur liberté de mouvement.

Ils ne peuvent utiliser que de petits véhicules pour se déplacer. Pire, ils doivent limiter leurs communications à l'extrême minimum, pour ne pas se faire repérer ». Pour lui, l'effondrement du groupe n'est plus qu'une question de temps.

« Depuis que les Etast-Unis ont bombardé les champs de pétrole qu'ils contrôlaient, ils perdent quotidiennement 1 million de dollars de recettes ». Un rapport des Nations Unies a indiqué que l'EI tirait entre près de 700.000 euros et 1,3 millions d'euros de recettes quotidiennes de ses ventes de pétrole.

Et le groupe risque de se voir confisquer de plus en plus de camions chargés de d'acheminer son pétrole vers ses clients frontaliers qui acceptent de le lui acheter.

Mais le coup dur le plus important pour son financement a été la défaite de Baiji, une ville de 60.000 habitants de la province de Salaheddine, qui recèle la plus grande raffinerie du pays, et qui a été récemment reprise par l'armée irakienne. En empêchant le groupe de devenir un acteur important du marché pétrolier, cette défaite le cantonne à trafiquer du pétrole brut.

L'EI a également subi plusieurs défaites dans le Kurdistan, et la semaine dernière, les Peshmergas ont lancé une grande offensive du côté de Sadia and Kirkuk. 

Selon Ismet Sheik Hassan, le ministre de la Défense auto-proclamé de la région de Kobani, l'EI serait également en train de battre en retraite dans la ville de Kobani, où le groupe avait lancé une attaque avec des milliers de djihadistes pour prendre cette ville kurde en Syrie située à la frontière avec la Turquie. « Ils ont tenu près de la moitié de la ville.

Maintenant, ce n'est probablement plus que 10 à 20% », dit-il.

Il estime que cette défaite risque d'avoir une grande influence sur le moral des troupes du groupe terroriste : « La plupart d'entre eux ne sont même pas de bons combattants. Seuls quelques-uns de leurs leaders comprennent le commerce. Les autres ne sont qu'une bande de peureux », affirme Hassan.

L'image d'invulnérabilité du groupe est le produit de son attaque éclair en Irak, un coup de maître qui lui a permis d'avancer sans encombre jusqu'aux abords de Bagdad. A Mossoul et dans beaucoup d'autres villes, plutôt que d'authentiques victoires, le groupe a bénéficié de la fuite des forces irakiennes stationnées sur place.

Les Pesmergas ont pratiqué ce qu'ils ont appelé un « retrait tactique » dans les villes de Qaraqosh et Sinjar.

Mais l'équilibre des forces s'est renversé, avec l'arrivée des milices chiites en Irak entraînées par l'Iran, les livraisons d'armes aux Peshmergas, et l'intervention d'experts tactiques occidentaux. Enfin, et bien sûr, il y a les frappes aériennes de la coalition des pays occidentaux, qui infligent de lourdes pertes à l'EI.