La 'guerre des devises' est déclarée: la Fed ne veut pas d'un euro faible

04/11/2014 19:55

En 2010, le ministre brésilien des Finances, Guido Mantegua, avait employé pour la première fois la notion de «guerre des monnaies» pour décrire les politiques employées par les grandes banques centrales pour réduire la parité de leur devise, afin d'améliorer la compétitivité des entreprises du pays.

Dans les faits, ce que l'on appelle « guerre de devises » devrait plutôt être appelé « guerre d'exportations ». Cependant, de nos jours, pour beaucoup de pays, les parités plus faibles sont un moyen de juguler la déflation.

La faible inflation que l'on constate a pour effet de ruiner certaines économies, dans la zone euro, notamment, mais aussi dans d'autres régions, comme en Israël.

Des données provenant de Bloomberg ont montré que 8 des 10 devises dont on s'attend à voir la parité baisser en 2015 sont les monnaies de pays qui sont déjà entrés en déflation, ou bien qui mènent des politiques destinées à affaiblir leur taux de change.

Il ne s'agit donc pas de politiques de croissance, mais de politiques visant à « exporter les problèmes de déflation vers quelqu'un d'autre », résume David Bloom, qui dirige le pole international de la stratégie devises chez HSBC Holdings Plc.

Jusqu'à présent, les champions de la guerre des devises ont été les Japonais. Le yen a battu des records historiques, et il a atteint aujourd'hui son plus bas niveau par rapport au dollar depuis 7 ans.

Les autres pays ne voient pas cela d'un bon œil, mais ils devraient garder à l'esprit que le Japon a mené la même politique monétaire que la banque centrale américaine.

Cependant, la FED est sur le point de changer sa politique monétaire, et en 2015, elle relèvera probablement ses taux d'intérêt. Une monnaie qui bénéficie d'un taux d'intérêt plus élevé est recherchée par les épargnants et les investisseurs qui cherchent la meilleure rentabilité possible pour leurs capitaux.

Ils affluent donc pour prêter de l'argent dans cette monnaie, et ces afflux de capitaux provoquent généralement une hausse de la parité de sa devise.

Et les Américains, qui ne se réjouissent pas de cette perspective, menacent de débuter une nouvelle « guerre des devises ».

L'Europe n'a elle non plus pas caché son souhait de faire baisser le taux de change de l'euro. Le taux d'inflation annuel de la zone euro, fixé à 0,3%, reste très en deçà de la cible de 2% de la Banque Centrale Européenne.

La baisse de l'inflation dans la zone euro commence à se répandre parmi les autres pays européens, qui sont aussi ses gros partenaires commerciaux.

Bloomberg prévoit ainsi que les parités des devises de la Suisse, du Danemark, de la Hongrie, de la Tchéquie et de la Suède devraient baisser d'entre 4 et 6% d'ici la fin de l'année prochaine, en raison des politiques menées pour endiguer la déflation.

La guerre des monnaies semble donc déclarée: la Fed ne veut pas d'un euro ou d'un yen faibles...

https://www.express.be/business/fr/economy/la-guerre-des-devises-est-declaree-la-fed-ne-veut-pas-dun-euro-faible/208979.htm