La Libye appelle la communauté internationale à l'aide pour rétablir l'autorité de son gouvernement

28/09/2014 06:29

Le Président de la Chambre des représentants de Libye, Agila Saleh Essa. Photo ONU

Le Président de la Chambre des représentants de Libye, Agila Saleh Essa, a décrit samedi, devant l'Assemblée générale de l'ONU, une situation anarchique dans son pays et lancé un appel vigoureux à la communauté internationale, notamment au groupe des Amis de la Libye, à aider son gouvernement à rétablir son autorité.

Les groupes armés qui ont proliféré en Libye depuis la révolution et qui se sont récemment emparés de la capitale, Tripoli, forçant le gouvernement à s'installer à Tobrouk, veulent « faire dérailler le processus de transition démocratique et renverser les autorités légitimes en formant un gouvernement parallèle », a-t-il dénoncé.

Ceci ne se serait pas produit si la communauté internationale « avait pris au sérieux la situation en Libye, aidé le gouvernement à mettre sur pied une armée forte, accru la pression sur les groupes armés pour qu'ils déposent les armes et soutenu le réarmement de la police », a affirmé M. Essa.

Dénonçant l'affiliation de nombreux groupes armés libyens avec Al Qaïda ou d'autres groupes terroristes, il a déclaré qu'ignorer le terrorisme en Libye serait « inacceptable ». « Notre peuple ne peut plus supporter les assassinats, humiliations, intimidations, suppressions des libertés et violations des droits de l'homme fondés sur le profil ou les croyances religieuses des individus », a-t-il martelé.

« La communauté internationale doit se tenir aux côtés des autorités légitimes et faire appliquer la résolution 2174 en imposant des sanctions à ceux qui entravent le processus politique, menacent la sécurité et s'emparent des institutions de l'Etat, ou bien déclarer clairement que les Libyens devront faire face tous seuls au terrorisme », a poursuivi M. Essa. Dans ce cas, a-t-il souligné, la communauté internationale « devra subir les effets de l'expansion du terrorisme en Afrique du nord et au Sahel ».

M. Essa a appelé les Amis de la Libye à aider son gouvernement à « restaurer l'armée (libyenne) et lui fournir les moyens nécessaires pour faire cesser les affrontements fratricides et l'aider à combattre le terrorisme et l'extrémisme, qui forment désormais un large front allant de l'Iraq à l'Algérie ».

Le peuple libyen, sous la direction de de ses autorités légitimes, ne cèdera pas au chantage et à l'intimidation et résistera à toute tentative de lui imposer une dictature totalitaire sous n'importe quel slogan », a lancé M. Essa.

Affirmant que la Chambre des représentants et le gouvernement étaient déterminés à poursuivre sur la voie du dialogue et de la tolérance dans le cadre de la légitimité, il a demandé  l'aide de la communauté internationale dans les cinq domaines suivants :

- Consolider les organes de défense et de sécurité afin que le gouvernement puisse monopoliser l'utilisation légitime de la force pour désarmer les milices et exercer son autorité sur tout le territoire libyen ;

- Assurer le contrôle du gouvernement sur Tripoli et le retrait des groupes armés des institutions de l'Etat ;

- Considérer que la mise sur pied d'institutions illégales parallèlement aux organes existants constitue une entrave au processus politique et est passible de sanctions aux termes de la résolution 2174 ;

- Etablir une coopération active en matière de lutte contre le terrorisme par une alliance stratégique entre la Libye et ses voisins au nord et au sud de la Méditerranée ;

- Renforcer la culture du dialogue sans exclusive ou marginalisation et instaurer un dialogue ouvert à tous les citoyens libyens avec l'aide de la Mission d'appui de l'ONU en Libye, des pays voisins, de la Ligue des Etats arabes et de l'Union africaine.