La Suède reconnaîtra l'«État de Palestine»

03/10/2014 21:04

«Une solution à deux États suppose une reconnaissance... (PHOTO JONAS EKSTROMER, REUTERS/TT NEWS)

«Une solution à deux États suppose une reconnaissance mutuelle et la volonté d'une coexistence pacifique. C'est pourquoi la Suède va reconnaître l'État de Palestine», a déclaré le premier ministre Löfven dans son discours de politique générale.PHOTO JONAS EKSTROMER, REUTERS/TT NEWS

Agence France-Presse STOCKHOLM

La Suède va reconnaître l'«État de Palestine», a annoncé vendredi le premier ministre Stefan Löfven, ce qui serait une première pour un pays occidental de l'UE.«Une solution à deux États suppose une reconnaissance mutuelle et la volonté d'une coexistence pacifique. C'est pourquoi la Suède va reconnaître l'État de Palestine», a déclaré M. Löfven dans son discours de politique générale.

Cela doit se faire dans le respect «des exigences légitimes à la fois des Palestiniens et des Israéliens quant à leur autodétermination et leur sécurité», a-t-il précisé.

Les États-Unis ont prévenu vendredi que toute «reconnaissance internationale d'un État palestinien» était «prématurée».

La porte-parole du département d'État Jennifer Psaki a réaffirmé le «soutien» de Washington au principe d'un «État palestinien», mais par le biais d'un processus de paix et d'une solution négociée avec Israël.

Selon un décompte de l'AFP, au moins 112 pays dans le monde ont reconnu l'État de Palestine.

D'après l'autorité palestinienne, ils seraient 134, dont sept membres de l'Union européenne : la République tchèque, la Hongrie, la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie, Malte et Chypre.

Le nouveau gouvernement formé vendredi, qui allie sociaux-démocrates et Verts, est plus favorable à la cause palestinienne que le précédent, qui suivait la ligne des grands pays d'Europe de l'Ouest sur la question.

La reconnaissance de l'État palestinien et le soutien «actif au travail de réconciliation» sont cités dans le programme de gouvernement du parti social-démocrate, qui souhaite également que «les crimes de guerre d'Israël soient examinés et l'occupation de Gaza levée».

Le premier ministre n'a pas précisé si la reconnaissance par Stockholm de l'État palestinien serait soumise au vote du Parlement, où le gouvernement est minoritaire.

Interrogé par l'AFP, le ministère des Affaires étrangères n'a pas voulu s'exprimer sur ce point.

À la radio publique SR, la nouvelle chef de la diplomatie Margot Wallström a souligné que la Suède était «en bonne compagnie puisque 130 pays dans le monde l'ont déjà fait».

«Nous pensons aussi que c'est un signal important pour pouvoir parvenir à une solution à deux États», a-t-elle ajouté.

L'envoyée palestinienne en Suède, Hala Hosni Fariz, a estimé dans un communiqué que cette décision reflétait «le soutien historique du gouvernement suédois en faveur de la liberté, de la dignité et des droits de l'homme».

L'annonce de la Suède coïncide avec Yom Kippour, jour le plus saint du judaïsme. Un porte-parole du gouvernement israélien s'est refusé à tout commentaire.

La Suède, qui compte une importante communauté palestinienne, a aussi pris cette initiative à un moment où les efforts déployés depuis des décennies pour tenter de résoudre le conflit israélo-palestinien semblent dans une impasse complète, et alors que les capitales occidentales se demandent comment en sortir et que la frustration des dirigeants palestiniens est proche de son comble.

La Suède avait voté en faveur du statut d'observateur de la Palestine à l'ONU en 2012, statut qui lui a été accordé à une imposante majorité malgré l'opposition des États-Unis et d'autres pays. L'année précédente, le pays nordique s'était opposé à son entrée à l'UNESCO, où elle est membre à part entière.