La Syrie accuse Israël d'avoir mené deux raids près de Damas

08/12/2014 10:27

L'armée et l'aviation israéliennes ont mené plusieurs attaques... (Photo: AFP)

L'armée et l'aviation israéliennes ont mené plusieurs attaques contre des positions militaires en Syrie depuis le début de la révolte contre le président Bachar al-Assad en mars 2011.Photo: AFP

Agence France-Presse Damas

La Syrie a accusé dimanche Israël d'avoir mené deux raids contre des secteurs tenus par le pouvoir près de Damas, l'accusant d'apporter un «soutien direct» aux rebelles et aux djihadistes.

Ailleurs dans le pays déchiré par plus de trois ans de guerre civile, les forces pro-gouvernementales ont repoussé un assaut des djihadistes du groupe État islamique (EI) dans la province orientale de Deir Ezzor, et resserraient l'étau sur des positions rebelles dans le secteur d'Alep.

Dimanche après-midi, «l'ennemi israélien a attaqué deux régions sécurisées (gouvernementales) de la province de Damas: le secteur de Dimas et celui de l'aéroport international de Damas», a accusé l'armée syrienne dans un communiqué diffusé à la télévision, précisant que les raids n'avaient causé que des dégâts matériels.

Le ministère syrien des Affaires étrangères a indiqué dimanche soir qu'il demandait au secrétaire général Ban Ki-moon et au Conseil de sécurité de l'ONU d'imposer des sanctions contre Israël. Le ministère a qualifié ces raids de «crime atroce contre la souveraineté de la Syrie», selon l'agence de presse officielle SANA.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Dimas est un site militaire et l'aéroport de Damas est en partie civil et en partie militaire.

«Cette agression directe par Israël a été menée pour aider les terroristes en Syrie après que nos forces eurent remporté d'importantes victoires à Deir Ezzor, Alep et ailleurs», a ajouté l'armée. «Cela apporte la preuve du soutien direct d'Israël au terrorisme en Syrie».

Dans la terminologie du pouvoir syrien, le mot «terroriste» englobe tous les rebelles, qu'il s'agisse des modérés ou des djihadistes.

Les autorités israéliennes n'ont pas réagi dans l'immédiat.

Un assaut de l'EI repoussé 

L'armée et l'aviation israéliennes ont mené plusieurs attaques contre des positions militaires en Syrie depuis le début de la révolte contre le président Bachar al-Assad en mars 2011.

L'aviation israélienne a aussi visé en Syrie des infrastructures appartenant au puissant mouvement libanais chiite Hezbollah ou des armes lui étant destinées. Le Hezbollah - qui soutient militairement le président Assad - et Israël s'étaient livré une guerre dévastatrice et meurtrière en 2006.

L'annonce de ces raids survient alors que les forces pro-gouvernementales syriennes ont connu plusieurs succès ces dernières 24 heures.

Elles ont réussi dimanche à repousser une attaque de l'EI contre un important aéroport militaire situé à Deir Ezzor, selon l'OSDH, qui a précisé que plus de 100 djihadistes et 59 combattants loyalistes avaient été tués.

L'aéroport militaire de Deir Ezzor est considéré comme la seule voie de ravitaillement alimentaire des forces gouvernementales dans l'Est syrien. C'est de là que les avions et hélicoptères de l'armée décollent pour des raids contre les djihadistes et rebelles dans plusieurs régions de Syrie.

Rencontres diplomatiques 

Par ailleurs, l'armée avançait dimanche dans la province d'Alep, selon l'OSDH, qui a précisé qu'au moins 24 rebelles et djihadistes avaient été tués au nord-est de la ville éponyme. «L'armée (...) a pris le secteur de Breij», a déclaré à l'AFP le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

Cela signifie que l'armée resserre l'étau sur les rebelles à l'est d'Alep. Deuxième ville de Syrie, Alep est divisée depuis juillet 2012 entre secteurs loyalistes à l'ouest et secteurs rebelles à l'est.

Le conflit en Syrie a commencé en mars 2011 par un mouvement de contestation pacifique qui s'est transformé en rébellion armée. Celle-ci a été ensuite largement éclipsée par la montée en puissance de groupes djihadistes, notamment l'EI.

Alors que les combats ont fait plus de 200 000 morts, les efforts diplomatiques a repris pour tenter de mettre un terme aux violences.

L'émissaire de l'ONU en Syrie, Staffan de Mistura, discutera dans les prochains jours à Gaziantep, en Turquie, avec les chefs rebelles d'Alep d'un «gel» des combats dans cette ville.

La Russie, qui entend relancer le processus de paix, recevra de son côté mercredi une délégation d'opposants syriens tolérés par le président Assad, après des personnalités du régime fin novembre.

Le Canada, qui participe aux frappes aériennes contre l'EI, a réaffirmé dimanche sa détermination à lutter contre le «fléau terroriste» en Irak, quelques heures après l'appel d'un djihadiste canadien à mener des attaques isolées sur le sol canadien.

«Le terrorisme constitue une menace réelle et sérieuse pour les Canadiens, et nous devons demeurer vigilants», a déclaré Steven Blaney, ministre de la Sécurité publique.

Plus de 30 organisations humanitaires ont lancé lundi un appel pour que des États s'engagent à accueillir quelque 180 000 réfugiés syriens pour l'instant pris en charge par les pays limitrophes de la Syrie. Il y actuellement plus de 3,2 millions de réfugiés syriens, selon l'ONU.