Le développement rapide de l'aquaculture améliore la nutrition grâce aux micronutriments, selon la FAO

14/11/2014 17:37

Aquaculture. Photo: FAO/Roberto Faidutti

 La pisciculture va probablement croître plus rapidement que prévu dans la décennie à venir, offrant ainsi une chance pour l'amélioration de la nutrition de plusieurs millions de personnes, notamment en Asie et en Afrique, selon un nouveau rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

L'accroissement des investissements dans le secteur de l'aquaculture devrait stimuler la production de poisson d'élevage de 4,14% par an jusqu'en 2022, soit bien plus rapidement que la prévision de croissance de 2,54% faite plus tôt cette année dans un autre rapport.

« La principale raison de ce surcroît d'optimisme est que les possibilités sont grandes de rattrapage des technologies plus productives, en particulier en Asie où de nombreux élevages de poissons sont de petite taille et, par conséquent, incapables d'affronter, pour l'instant, les dépenses d'investissement lourdes requises pour doper la production sans se heurter à des contraintes financières », indique Audun Lem, expert en pêche et aquaculture de la FAO et un des auteurs du rapport.

L'Afrique grâce à ses importantes ressources hydriques devrait également connaître une croissance rapide de plus de 5% par an - la plus forte au monde - bien qu'elle se soit développée à partir d'un très faible niveau de productivité.

L'aquaculture est une industrie jeune par rapport à l'élevage. Elle s'est développée à partir de presque rien en 1950 pour atteindre dès 2012 une production record de 66,5 millions de tonnes, soit environ trente fois plus qu'en 1970.

En termes de consommation humaine directe, les poissons d'élevage ont dépassé en 2014 les poissons de capture, qui ont plafonné au milieu des années 80 et ne devraient croître que de 5% au cours de la prochaine décennie.

La consommation mondiale de poisson par habitant est passée de 9,9 kg en 1970 à 19,1 kg en 2012, bien que les taux varient considérablement selon les régions et au sein d'une même région.

Le poisson est le plus sain des aliments. En outre, l'empreinte carbone de sa production dans les fermes piscicoles est beaucoup plus faible que celle de l'élevage de bétail. C'est un gros fournisseur de micronutriments essentiels pour une bonne alimentation.

« Le poisson n'est pas seulement de la nourriture», affirme M. Jogeir Toppe, expert en nutrition à la FAO, qui cite, à titre d'exemple, le Mola, un poisson d'étang au Bangladesh qui a des niveaux exceptionnellement élevés de zinc, de fer et de vitamine A ainsi que 80 fois la teneur en calcium du Tilapia.

Ces attributs sont inestimables quand on sait que 800 000 enfants décèdent chaque année à cause des carences en zinc alors que 250 millions d'autres enfants dans le monde sont à risque de carence en vitamine A, et près d'un tiers de la population mondiale souffrent d'une carence en fer.

Selon la FAO, les considérations nutritionnelles doivent figurer constamment au centre des préoccupations des décideurs, notamment en cette phase de croissance des activités d'aquaculture.