Le HCR réclame un accès humanitaire d'urgence au Nigéria et dans les pays voisins

16/02/2015 14:24

Des réfugiés nigérians ayant fui les attaques par les insurgés contre la ville de Baga et les villages environnants, attendent d'être enregistrés par le HCR à Ngouboua, à l'ouest du Tchad. Photo Croix rouge tchadienne/Hachim Abdoulaye

Alors que la violence qui sévit dans le nord-est du Nigéria se répand comme une trainée de poudre au Niger, au Cameroun et au Tchad, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a demandé vendredi un accès humanitaire d'urgence aux réfugiés et aux personnes déplacées.

« Au Niger, des combats ont éclaté la semaine dernière dans la ville de Bosso, près du lac Tchad, dans la région de Diffa, entre les forces armées nationales et les insurgés en provenance du Nigéria », a déclaré un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d'une conférence de presse à Genève.

« S'en est suivie une série d'attaques contre des civils dans la ville de Diffa, notamment par des kamikazes », a-t-il précisé, soulignant que la peur et la panique provoquaient actuellement le déplacement d'une importante partie de la population de Diffa en direction de l'ouest du pays, vers la ville de Zinder.

« À l'heure actuelle le HCR ne dispose pas de chiffres officiels concernant les personnes déplacées à l'intérieur au Niger, mais nous craignons que l'ampleur des déplacements soit élevée : avant les attentats, Diffa comptait une population de 50.000 personnes ; aujourd'hui, la ville est pratiquement vide », s'est inquiété le porte-parole du HCR.

Selon lui, plus de 100.000 personnes ont par ailleurs fui le nord-est du Nigéria vers le Niger - aussi bien des réfugiés nigérians que des rapatriés nigériens - depuis que l'état d'urgence a été déclaré en mai 2013 dans les Etats nigérians d'Adamaoua, de Borno et de Yobe.

« Au Cameroun, la situation est tout aussi préoccupante, et les rapports font état de meurtres, d'enlèvements et de violences brutales dans la région de l'Extrême-Nord près de la frontière avec le Nigéria », s'est alarmé M. Edwards.

Depuis le début de l'année, plus de 9.000 réfugiés nigérians ont fui vers le Cameroun où ils ont été placés dans le camp de réfugiés de Minawao, a précisé le porte-parole.

Au total, a-t-il estimé, plus de 40.000 réfugiés nigérians résident actuellement dans la région de l'Extrême-Nord, dont 32.000 à Minawao.

Au Tchad, enfin, où environ 3.000 réfugiés nigérians avaient été dénombrés fin 2014, 15.000 réfugiés supplémentaires ont été accueillis en 2015, fuyant les attaques contre les installations militaires et la population civile dans la ville de Bagakawa, au nord-est du Nigéria, selon M. Edwards.

« Le Premier ministre du Tchad a appelé la communauté humanitaire à soutenir son pays face à l'afflux de réfugiés nigérians, compte tenu du contexte socio-économique tchadien désastreux », a déclaré le porte-parole du HCR.

Résumant la situation dans les trois pays voisins du Nigéria, M. Edwards a précisé que le Tchad, le Cameroun et le Niger ont désormais engagé leurs forces armées pour lutter contre les miliciens.

S'inquiéter cependant de la sécurité des réfugiés sur leurs différents lieux d'accueil, le porte-parole a réclamé aux différents pays impliqué un accès humanitaire d'urgence aux réfugiés et aux personnes déplacées.

Selon le HCR, les violences dans le nord-est du Nigéria ont provoqué au total le déplacement de plus de 157.000 personnes vers le Niger (100.000), le Cameroun (40.000) et le Tchad (17.000), et de près d'un million de personnes à l'intérieur du Nigéria.