Le Liban, l'Etat qui n'est pas (encore) tombé

22/10/2014 12:45

Le Liban est une oasis remarquable de calme relatif au milieu des turbulences que le Moyen-Orient a vécues au cours des dernières années, mais le fragile équilibre que le pays doit construire pourrait être compromis par un certain nombre d'incidents récents, affirme The Economist, se référant à la situation explosive dans le nord du pays, née de la montée en puissance de l'Etat islamique.

Le Liban porte encore les stigmates de quinze années de guerre civile, mais en dépit de ces problèmes, le pays est parvenu à se doter d'une atmosphère de paix relative. Le Liban est beaucoup plus riche que son voisin la Syrie et il jouit en outre d'un degré de liberté politique élevé.

Par rapport à d'autres pays de la région, il se targue d'avoir une société tolérante, alors que le pays fait face à des difficultés considérables dans le maintien d'un gouvernement légal. Les entreprises du pays semble avoir trouvé des solutions pragmatiques aux problèmes qui se posent, tels que la corruption, ou les coupures d'électricité. Ainsi, bien que seulement 30% des enfants libanais fréquentent l'école publique, la population est très instruite.

Les chrétiens, les sunnites et les chiites, qui représentent chacun environ un tiers de la population libanaise, parviennent à vivre ensemble en dépit des discordes internes et des turbulences auxquelles ces communautés succombent dans les pays voisins. De même, le pays a réussi à survivre aux conflits avec Israël et la Syrie.

Cependant, selon The Economist, la relative stabilité du pays, est maintenant de nouveau remise en question par le groupe terroriste de l'Etat islamique (EI), qui occupe des bastions à la frontière du pays avec la Syrie, et dont le comportement est de plus en plus agressif. En août, des troupes du groupe terroriste se sont emparées de la ville frontalière d'Arsal, et ont enlevé vingt soldats libanais. Au moins deux otages ont été décapités.

D'après Raphaël Lefèvre, spécialiste du Moyen-Orient du think tank Carnegie, les populations pauvres à majorité sunnites du nord du pays nourrissent de plus en plus de ressentiment à l'égard à l'égard de l'armée libanaise, traditionnellement neutre, mais qui se bat désormais contre ces ennemis également sunnites.

Parmi cette communauté, ils sont de plus en plus nombreux à éprouver de la sympathie pour les victoires d'Etat islamique contre le régime syrien et les chiites en Irak. Ainsi, il est de plus en plus question d'affrontements entre les sunnites et les chiites libanais.

« Le pacte tacite qui a servi de fondation pour l'anarchie libanaise qui se caractérise grandement pour son élégance, selon lequel les différentes sectes s'abstiendraient de tout comportement qui pourrait ramener  la guerre civile, pourrait de nouveau être mis à l'épreuve», conclut The Economist.

https://www.express.be/joker/fr/platdujour/le-liban-letat-qui-nest-pas-encore-tombe2/208625.htm