Le nombre de femmes dans les postes d'encadrement a augmenté en 20 ans, selon l'OIT

13/01/2015 18:02

Le général Kristin Lund avec le Secrétaire général Ban Ki-moon. Photo ONU/Mark Garten

Si les femmes sont encore sous-représentées dans les hautes sphères de direction, le nombre de femmes à des postes d'encadrement moyen et supérieur a augmenté au cours des 20 dernières années, constate une nouvelle étude de l'Organisation internationale du travail (OIT).

Selon le rapport intitulé « Femmes d'affaires et femmes cadres: Une montée en puissance », dans 80 des 108 pays pour lesquels des données sont disponibles, la proportion de femmes dirigeantes a augmenté pendant cette période.

« Nos recherches montrent que le taux d'activité toujours plus élevé des femmes a été le principal moteur de la compétitivité et de la croissance mondiales », a déclaré dans un communiqué de presse à Genève la Directrice du Bureau des activités pour les employeurs de l'OIT, Deborah France-Massin, à l'occasion de la publication du rapport. « Un nombre grandissant d'études montrent aussi la corrélation positive entre la participation des femmes aux équipes et aux structures dirigeantes et la performance des entreprises. Mais il reste encore beaucoup à faire avant de parvenir à une parfaite égalité entre hommes et femmes au travail, en particulier lorsqu'il s'agit des postes de direction ».

A peine 5% des PDG des plus grandes sociétés mondiales sont des femmes. Plus l'entreprise est grande, plus il est rare qu'elle soit dirigée par une femme.

Dans les entreprises, les conseils d'administration entièrement masculins sont monnaie courante mais leur nombre diminue, les femmes parvenant à atteindre 20% ou plus des sièges dans quelques pays. Une enquête mondiale citée par l'étude montre que la Norvège détient la plus forte proportion de sociétés (13,3%) ayant une femme à la présidence de leur conseil d'administration, suivie par la Turquie (11,1%).

« Il est essentiel que plus de femmes atteignent des positions de cadres supérieurs dans les domaines stratégiques afin de constituer un vivier de possibles candidates aux plus hauts postes comme PDG ou présidents de sociétés », a expliqué Mme France-Massin. « Cependant, des 'barrières invisibles' subsistent avec la concentration des femmes dans certains types de fonctions dirigeantes comme les RH, la communication et l'administration », a-t-elle ajouté.

Aujourd'hui, les femmes détiennent et gèrent plus de 30% de l'ensemble des entreprises, mais on les trouve plus souvent dans les micro- et petites entreprises. Permettre à davantage de femmes de développer leur entreprise n'est pas seulement vital pour l'égalité hommes-femmes mais c'est aussi indispensable au développement d'un pays, souligne le rapport.

Le rapport fait aussi les recommandations suivantes pour résorber les écarts de rémunérations persistants :

• offrir «des solutions flexibles» pour gérer les obligations professionnelles et familiales comme alternatives à des traitements spéciaux ou des quotas;

• fournir une couverture de protection de la maternité et une aide à la garde d'enfant peut constituer une plus-value pour une société qui veut recruter des femmes talentueuses et les garder dans l'entreprise;

• «changer les mentalités» pour faire tomber les barrières culturelles et lutter contre le harcèlement sexuel;

• résoudre le problème dit du «tuyau percé» par lequel les femmes accusent un retard malgré leur haut niveau d'éducation;

• mettre en œuvre des mesures et des politiques de ressources humaines qui prennent en compte l'égalité hommes-femmes;

• veiller à ce que les femmes se voient confier des tâches aussi ambitieuses que les hommes dès le début de leur carrière.

Les auteurs soulignent que les femmes et les filles reçoivent près de la moitié de la totalité des ressources éducatives, représentant ainsi une proportion significative du vivier de talents disponibles. Dès lors, l'investissement des entreprises pour attirer, retenir et promouvoir les femmes qualifiées devrait être rentable.

Enfin, le rapport rappelle que les organisations nationales d'employeurs peuvent jouer un rôle majeur pour accroître la sensibilité à la cause de la nomination des femmes aux postes de direction.

« Si rien n'est fait, il faudra de 100 à 200 ans pour parvenir à la parité dans les hautes sphères. Il est temps de briser la barrière invisible une fois pour toutes afin d'éviter le système controversé des quotas obligatoires qui ne sont pas toujours utiles ni efficaces. Avoir des femmes aux postes de décision, c'est tout simplement bon pour les affaires », a conclu Mme France-Massin.