Le Royaume Uni est sauvé... Mais que va-t-il se passer maintenant?

19/09/2014 13:59

Finalement, les Ecossais ont dit majoritairement 'Neen' (« non ») à l'indépendance de l'Ecosse, à 55% contre 45% pour le camp du 'Ja' (« Oui ») dans les 32 circonscriptions.

L'Ecosse demeurera donc pour les générations futures une partie du Royaume-Uni. A Glasgow, la plus grande circonscription mais aussi la plus grande ville du pays, une majorité ont voté pour l'indépendance (53% de oui contre 47%), mais c'est à Dundee où le sentiment nationaliste s'est exprimé le plus fortement (57% de oui contre 43%).

 

Les nationalistes écossais ont déjà admis leur défaite, ainsi que l'a concédé la dirigeante adjointe du Scottish National Party, qui s'est battu pour l'indépendance de l'Ecosse,  Nicola Sturgeon: « Il y a un sentiment réel de déception parce que nous avons manqué de peu pour nous assurer le vote de l'indépendance ».

Le Premier ministre britannique David Cameron et le gouvernement écossais doivent maintenant engager rapidement un cycle de négociations pour transférer plus de pouvoirs à Edimbourg, en vertu d'une promesse que le Royaume-Uni a faite aux Ecossais au cours de la campagne électorale.

Selon Steen Jakobsen, économiste en chef de la Saxo Bank danoise, ce qui se passe avec l'Ecosse est désormais comparable à ce qui s'est passé avec la région du Québec au Canada.

Le débat sur ​​l'indépendance est provisoirement suspendu, mais il réapparaîtra en 2017 au moment du référendum que le Royaume Uni va tenir pour décider éventuellement de sa sortie de l'UE.

Jakobsen a expliqué ce point de vue dans un email à la rédaction:

L'UE ne s'est pas rendue service en jetant l'Ecosse hors de l'UE avant même que le résultat des élections soit connu. Les Écossais, comme les Danois, n'acceptent pas de subir des pressions extérieures, en particulier lorsqu'elles émanent de quelque chose comme l'UE.


La conclusion principale que l'on peut en tirer du point de vue macro-économique est un glissement vers des programmes politiques très nationalistes et très orientés sur les questions de politique intérieure.

L'UE et le reste du monde seront relégués en arrière-plan, alors que le manque de croissance économique et la nécessité de conduire des réformes sont devenus de véritables préoccupations.

L'économie réelle est en train de rattraper les marchés artificiels, tout du moins politiquement, et alors que les marchés font encore la fête ce matin, les politiciens de toute l'Europe doivent prendre note : ils doivent changer, ou ils perdront leur emploi ! Ils n'ont qu'à demander au parti Labour [le parti socialiste britannique] qui a failli perdre ses chances de revenir au pouvoir pour un « oui », parce qu'il aurait perdu 30 députés en une seule nuit. »


Soulagement européen après le Non écossais

Des partisans du Non célèbrent la victoire après... (PHOTO LEON NEAL, AGENCE FRANCE-PRESSE)        

Des partisans du Non célèbrent la victoire après le référendum écossais.PHOTO LEON NEAL, AGENCE FRANCE-PRESSE

Agence France-Presse BRUXELLES

Les dirigeants européens ont salué vendredi avec un certain soulagement le Non à l'indépendance de l'Écosse lors d'un référendum, y voyant une bonne décision à la fois pour le Royaume-Uni et pour l'Europe.                                                 

«Le Royaume-Uni est et va rester un membre important de l'Union européenne pour le bien de tous les citoyens et des Etats membres», a réagi dans un communiqué Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen. «Je salue le fait que le Royaume-Uni va rester uni», a-t-il ajouté.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a de son côté salué une «bonne décision» pour l'Europe.

«Je salue la décision du peuple écossais de maintenir l'unité du Royaume-Uni. Ce résultat est bon pour l'Europe unie, ouverte et plus forte que soutient la Commission européenne», a-t-il indiqué.

«La Commission européenne salue le fait que durant le débat (sur ce référendum) ces dernières années, le gouvernement et le peuple écossais n'ont eu de cesse de réaffirmer leur engagement européen», a poursuivi M. Barroso dans un communiqué.

Il a promis que l'exécutif européen «va continuer à maintenir un dialogue constructif avec le gouvernement écossais, dans les domaines sous sa responsabilité, et qui sont importants pour le futur de l'Écosse», comme l'emploi, la croissance, l'énergie, le changement climatique, l'environnement et l'amélioration de la régulation.

Plus tôt, le président du Parlement européen, Martin Schulz, avait lui aussi salué le «non» à l'indépendance écossaise. «C'est une bonne décision, en des temps où rester uni a fait ses preuves face aux défis auxquels nous sommes confrontés», a-t-il affirmé dans un communiqué.

Sur une radio allemande, M. Schulz s'était dit très clairement «soulagé». «J'avoue: le résultat me soulage». «La prochaine fois que je rencontrerai David Cameron, je lui dirai que je trouve que c'est bien d'avoir un Royaume-Uni dans une Europe unie», a-t-il poursuivi.

Interrogé pour savoir si l'Écosse pouvait être un signal pour d'autres pays, tels que l'Espagne où l'on craignait un effet de contagion en cas de oui, M. Schulz a répondu: «si l'on arrive maintenant en Écosse à une autodétermination raisonnable culturelle, économique (...) tout en restant dans le Royaume-Uni, alors cela peut devenir un modèle qui peut contribuer à satisfaire d'autres régions».

Les dirigeants européens avaient prévenu qu'en cas d'indépendance, l'Écosse serait considérée comme un pays extérieur à l'Union européenne et devrait donc passer par une procédure d'adhésion.

M. Barroso avait estimé en février qu'il serait «très difficile d'obtenir l'accord de tous les autres États membres» à l'adhésion de l'Écosse au sein de l'UE.

L'adhésion d'un nouvel État membre requiert l'unanimité des 28, et un pays comme l'Espagne, confronté aux volontés indépendantistes de la Catalogne, aurait pu bloquer l'Écosse pour faire un exemple.

https://www.express.be/business/fr/economy/le-royaume-uni-est-sauve-mais-que-va-t-il-se-passer-maintenant/207949.htm