L'EI revendique les attentats de Paris

14/11/2015 16:43

Une victime du Bataclan est transportée au lendemain... (PHOTO CHARLES PLATIAU, REUTERS) 

Une victime du Bataclan est transportée au lendemain des événements tragiques.PHOTO CHARLES PLATIAU, REUTERS


Gabrielle Duchaine
La Presse

Le groupe djihadiste État islamique a revendiqué samedi le carnage sans précédent perpétré à Paris, qualifié d'«acte de guerre»' par le président François Hollande et qui a provoqué un choc immense dans un pays déjà meurtri par des attentats djihadistes il y a 10 mois.                                                   

La mairesse de Paris est restée samedi 5 minutes... (PHOTO VÉRONIQUE BEAUDET, COLLABORATION SPÉCIALE) - image 1.0  

La mairesse de Paris est restée samedi 5 minutes devant le restaurant La Belle équipe pour se recueillir. 

PHOTO VÉRONIQUE BEAUDET, COLLABORATION SPÉCIALE

Les autorité parisiennes n'ont toujours pas divulgué l'identité des auteurs des actes terroristes -, ils seraient 8-, commis hier soir et revendiqués durant la nuit par le groupe État islamique. Des indices sur qui ils sont commencent toutefois à faire surface. Le journal Le Monde rapporte que l'une des voitures utilisées vendredi soir par les terroristes portait une plaque d'immatriculation belge.

Une information relayée par d'autres médias relayaient également cette information. Deux d'entre eux auraient entre 15 et 18 ans, selon une source médico-légale citée par Europe1. Le corps d'un Français considéré comme l'un des assaillants et connu des services de renseignement a été découvert au Bataclan, selon l'Agence France-Presse (AFP).

«J'ai bien vu les assaillants. Je crois qu'ils étaient quatre. Ils étaient à visage découvert, très jeunes, dans les 20 ans. Ils n'étaient pas spécialement beaux, mais pas du tout la tête du diable. Ils portaient des gros blousons. L'un des blousons était beige. Deux des assaillants étaient tout de noir vêtus.

Celui qui avait un blouson beige avait une barbe courte. Ils étaient typés Moyen-Orient mais parlaient français sans aucun accent», a raconté au journal Le Figaro une femme, Celia qui était a la salle de spectacle le Bataclan au moment de l'attaque.

L'un d'eux a dit: «Vous avez tué nos frères en Syrie, nous sommes là maintenant», tout en tirant sur la foule. Ils étaient pros: ils chargeaient et rechargeaient leurs fusils. C'était une fusillade non-stop.

D'autres médias relatent les témoignages de témoins qui parlent d'assaillants «très jeunes».Les familles et amies des victimes découvrent quand a elles l'ampleur du carnage. Le propriétaire de l'immeuble qui abrite La Belle équipe, M. Mohammed Taouil, une figure du quartier, a confirmé a notre collaboratrice sur le terrain que la patronne du café est décédée ainsi que 7 membres de sa famille. Son mari et patron n'était là hier.

Selon le dernier bilan, 128 personnes seraient mortes et 300 personnes sont hospitalisées De ces 300 personnes, 80 blessés sont en «situation d'urgence absolue» et 177 en urgence «relative». Elles ont été prises en charge dans les hôpitaux publics de Paris.

Dans ce décompte figurent aussi 43 «témoins ou proches» dont l'état a nécessité une prise en charge, a détaillé l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, qui chapeaute l'ensemble des établissements. 53 personnes étaient déjà sorties samedi en début d'après-midi.

La Gendarmerie Nationale a annoncé des contrôles renforcés aux frontières. «Limitez vos déplacements, ne circulez pas sans vos papier» demande-t-on aux voyageurs.

Sur les réseaux sociaux, les gens continuent de lancer des avis de recherches d'un proche dont ils n'ont toujours pas de nouvelles. Dans la ville lumière, c'est toujours l'état d'urgence. la tour Eiffel, l'une des principales attractions touristiques de Paris, est fermée jusqu'à nouvel ordre, indique l'AFP.

Les cinémas parisiens fermeraient également leurs portes. Le président Francois Hollande a décrété ce matin 3 jours de deuil national. 

Un passeport syrien a été retrouvé près d'un des auteurs des attaques sur lequel des vérifications sont en cours, a-t-on appris samedi de sources policières.

Ce passeport a été «retrouvé à proximité d'un des corps des assaillants», a affirmé l'une de ces sources, sans préciser sur quel site d'attentat il avait été récupéré. La «piste syrienne» est l'une des hypothèses de travail des enquêteurs, ont dit ces sources, qui vérifient ces éléments en lien avec des services de renseignement étrangers, notamment européens.

Peu avant la revendication, le président français avait accusé l'organisation d'être derrière la série d'attaques. «Ce qui s'est produit hier, c'est un acte de guerre [...] un acte de guerre qui a été commis par une armée terroriste, Daech, contre la France, contre les valeurs que nous défendons, contre ce que nous sommes », a déclaré François Hollande dans une allocution solennelle à l'issue d'un Conseil de défense à l'Élysée.

Daech est l'acronyme arabe du groupe EI, qui opère en Irak et en Syrie, et qui compte dans ses rangs des milliers d'étrangers, dont des centaines de Français. Paris, membre de la coalition internationale anti-EI, mène des frappes aériennes dans les deux pays.

Cet acte «a été préparé, organisé, planifié de l'extérieur, avec des complicités intérieures», a accusé M. Hollande, qui a promis que la France serait «impitoyable», précisant qu'il s'adresserait lundi au Parlement réuni en Congrès à Versailles, près de Paris, pour marquer la gravité de l'événement.

Le président a également décrété un deuil national de trois jours, au lendemain des pires attaques terroristes jamais perpétrées en France, avec en outre, pour la première fois, des actions kamikazes.

La France s'est réveillée samedi en état de sidération après la série d'attaques qui a visé des bars et une salle de concert, le Bataclan, dans l'est parisien, et les abords du Stade de France, en banlieue, où François Hollande assistait à un match de soccer amical France-Allemagne.

Ces attaques indiscriminées, sur six sites, principalement dans des endroits festifs de l'est parisien, ont été commises en quelques heures. Les huit assaillants sont morts dont sept en se faisant exploser.

Près du Bataclan, les gens apportait des fleurs samedi. Il y a encore beaucoup de sang sur les trottoirs.

Ces attentats interviennent dix mois après les attaques djihadistes contre des journalistes de Charlie Hebdo, des juifs et des policiers, qui avaient déjà provoqué un choc en France et un élan massif de solidarité dans le monde.

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«Machine à tuer»

Des premiers témoignages de survivants avaient fait état d'assaillants ayant crié « Allah Akbar » ou ayant évoqué l'intervention de la France en Syrie.

« C'était pas des personnes qui ont découvert hier le maniement des armes de guerre. C'était des hommes extrêmement déterminés, qui rechargeaient méthodiquement leurs fusils d'assaut. Sans états d'âme », a raconté Julien Pearce, un journaliste de la radio Europe 1, qui se trouvait au Bataclan et a décrit un des assaillants comme «une machine à tuer», qui «abattait méthodiquement les gens à terre».

L'ampleur de cette tragédie a semé l'effroi dans la capitale, à deux semaines de la conférence sur le climat de l'ONU à Paris (COP21), où sont attendus une centaine de dirigeants étrangers.

La justice a ouvert une enquête pour assassinats en relation avec une entreprise terroriste sur ces attaques, les plus meurtrières en Europe depuis les attentats islamistes de Madrid en mars 2004.

« La priorité, c'est d'identifier les corps, notamment ceux des terroristes, qui ont été pour la plupart pulvérisés lorsqu'ils se sont fait sauter », a expliqué une source policière à l'AFP.

La police a lancé samedi un appel à témoins auprès de la population pour « signaler toute information en relation avec les attentats de la nuit ».

Aucune interpellation n'a été réalisée et les enquêteurs ont laissé entendre qu'ils ne recherchaient personne à ce stade.

Ils vont visionner « des heures d'images de vidéosurveillance pour déterminer les circonstances » des attentats, a souligné la source policière, ajoutant: « Une fois les terroristes identifiés, il s'agira de déterminer s'ils ont profité de complicités ».

Quatre des assaillants sont morts au Bataclan, dont trois en actionnant une ceinture d'explosifs, le dernier étant tué lors de l'assaut des forces de l'ordre. Trois kamikazes sont morts au Stade de France, et un autre boulevard Voltaire dans le centre de Paris.

Au Bataclan, l'assaut des forces de l'ordre a été décidé « très vite parce qu'ils tuaient tout le monde », a confié une source proche de l'enquête.

« C'était sale dedans, une boucherie, des gens avec des balles dans la tête, des gens qui se sont fait tirer dessus alors qu'ils étaient à terre... », a témoigné un policier ayant participé à l'assaut.

État d'urgence 

L'état d'urgence, une mesure rarissime permettant notamment des restrictions importantes de circulation et des perquisitions, a été décrété par le président Hollande sur tout le territoire.

Dans la région parisienne, les établissements scolaires et universitaires ont été fermés samedi et les compétitions sportives suspendues ce week-end. Des grands magasins ont aussi fermé.

L'Élysée a annoncé la mobilisation de 1500 militaires supplémentaires et le renforcement des contrôles aux frontières. Un nouveau conseil des ministres devait se réunir samedi après-midi.

Dans un mouvement d'unité nationale, les principaux partis ont annoncé la suspension de leur campagne en vue d'élections régionales prévues en décembre. Le chef de l'opposition de droite, Nicolas Sarkozy, a toutefois réclamé des « inflexions majeures » en matière de sécurité.

Les réactions de condamnation, unanimes des États-Unis à la Russie, ont afflué du monde entier, où de nombreux monuments se sont parés de lumineuses couleurs bleu-blanc-rouge en signe de solidarité.

Le président iranien Hassan Rohani a reporté un voyage prévu lundi en France, tandis que la Belgique demandait à ses ressortissants d'éviter de se rendre à Paris.

- Avec l'Agence France-Presse

Attention: ces images peuvent être troublantes pour certains lecteurs.


Images de la fusillade au Bataclan by lemondefr