Les Américains empruntent 88 milliards de dollars par an pour payer leurs frais médicaux

14/04/2019 14:52

L’année dernière, les Américains ont emprunté 88 milliards de dollars pour financer leurs soins de santé. Selon un sondage du consultant West Health Gallup, environ un Américain sur huit a dû emprunter de l’argent pour se permettre des soins de santé.

En outre, 65 millions d’Américains ont déclaré ne pas avoir eu recours à un traitement médical en raison de son coût.

Près du quart des Américains ont dû réduire leurs dépenses afin de pouvoir se payer des soins de santé ou des médicaments. Selon Tami Luhby, spécialiste de la santé pour CNN, ces statistiques constituent un nouvel indicateur des coûts élevés des soins de santé américains.

Coûts

« Non seulement vous avez un nombre considérable de personnes qui reportent leurs soins de santé ou qui y renoncent, mais vous avez également une part importante de personnes qui reçoivent des soins de santé mais doivent emprunter pour cela », a déclaré Dan Witters, chercheur principal chez Gallup. « Peu d’Américains sont à l’abri de la crise des coûts de la santé aux Etats-Unis ».

Selon les données fédérales, les Etats-Unis ont dépensé plus de 10.700 dollars par personne en soins de santé en 2017. Il s’agit du niveau le plus haut au monde. Pourtant, les Etats-Unis ont la qualité des soins de santé la plus faible de tous les pays développés.

« Les Américains ne sont pas optimistes », a expliqué Witters. « Plus des trois quarts des personnes interrogées s’attendent à ce que les coûts augmentent encore au cours des deux prochaines années. Plus des deux tiers des électeurs ne sont pas convaincus que les élus réussiront à mettre en place une loi bipartite pour réduire les coûts des soins de santé. La psyché américaine semble être imprégnée d’un véritable pessimisme. »

Cette situation a créé un sentiment d’insécurité chez les Américains, souligne Tami Luhby. Environ 45% des personnes interrogées ont déclaré craindre qu’un problème de santé majeur les conduise à la faillite. Parmi ce pourcentage, une famille sur trois gagne moins de 180.000 dollars par an. En outre, plus des trois quarts sont préoccupés par le fait que la hausse des coûts des soins de santé entraînera des dommages importants et durables pour l’économie.

Satisfaction

Au total, les consommateurs américains paient 3.500 milliards de dollars par an en soins de santé, ce qui correspond à près d’un cinquième de l’économie américaine totale. Ces dépenses devraient atteindre 5.600 milliards de dollars en 2026.

Les autorités espèrent rendre les coûts des soins de santé plus transparents afin de faire baisser les prix. Seul un petit groupe d’Américains déclare connaître le coût des services médicaux d’urgence. En outre, environ un tiers des patients discutent du prix des médicaments, des procédures médicales ou des plans de traitement avec leur médecin.

« Toutes les opinions sur les soins de santé ne sont pas sombres », explique Tami Luhby. Près de la moitié des personnes interrogées affirment que la qualité des soins aux États-Unis est la meilleure ou est une des meilleures au monde. En outre, près de deux citoyens sur trois se disent satisfaits de leurs expériences personnelles avec le système médical américain.

Pourquoi la politisation des banques centrales devrait vous inquiéter

La montée du rejet des technocrates, et l’accession au pouvoir de populistes dans certains pays a alimenté une défiance à l’égard des banques centrales. Celles-ci font de plus souvent l’objet de pressions de la part de politiciens et de gouvernements.

Mais le monde semble avoir oublié ce qui se passe lorsque les banques centrales sont privées de leur indépendance.

Dans les années septante, avant la création des banques centrales, les politiciens manipulaient couramment les taux d’intérêt pour améliorer leur côte de popularité. En conséquence, l’inflation était galopante, et les prix flambaient.

De nombreux pays ont donc introduit des banques centrales indépendantes, chargées d’appliquer les objectifs fixés par le gouvernement. Une génération plus tard, les populations avaient oublié ce qu’était l’inflation, et trouvaient normal que les taux d’intérêt ne soient ni trop faibles pour rémunérer leur épargne, ni trop forts pour payer leurs crédits.

Des banques centrales sous pression dans plusieurs pays

Mais les pressions politiques et la montée du populisme pourraient remettre en cause cet équilibre. La politique monétaire redevient dangereusement politique dans plusieurs endroits du globe. The Economist en recense quelques exemples :

Aux Etats-Unis, le président Trump a menacé de limoger Jerome Powell, le patron de la Fed, qu’il accuse d’entraver la croissance américaine en maintenant des taux d’intérêt trop élevés

Au Royaume-Uni, les tenants du Brexit critiquent la banque d’Angleterre.

En Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan s’en est pris lui aussi à la banque centrale.

En Inde, le gouvernement a remplacé le président de la banque centrale par un affidé qui a baissé les taux d’intérêt à l’approche des élections.

En Europe, le renouvellement prochains des postes à la Banque Centrale européenne, dont celui de son président, Mario Draghi est devenu un enjeu éminemment politique. D’ici la fin de l’année, 3 des 6 membres du conseil d’administration et 8 des 19 gouverneurs nationaux, qui votent également sur les taux, seront remplacés.

Le départ de Draghi, en octobre, coïncide presque avec la formation d’une nouvelle Commission européenne et d’un Conseil, une première en 40 ans.

L’indépendance des banques centrales, gage d’une inflation sous contrôle

Entre les années septante et nonante, la forte inflation et les crises ont conduit les gouvernements à accorder plus d’autonomie aux banques centrales. Celles de la zone euro, du Japon, et de la Grande-Bretagne ont même gagné une indépendance juridique.

En conséquence, elles ont mené des politiques de lutte contre l’inflation. Ainsi, au cours des 20 dernières années, le taux d’inflation n’a pas dépassé 4 % au plan mondial.

Mais cette indépendance est remise en cause, en raison de l’extension des activités des banques centrales après la crise financière, et de l’oubli de leur rôle essentiel pour contrôler l’inflation et limiter l’impact des crises. Le bilan de la plupart d’entre elles regorge d’obligations souveraines, et dans le même temps, elles continuent de surveiller le secteur financier.

En outre, pendant la crise, elles ont mené des politiques trop dures, qui ont ralenti la sortie de crise. Ces politiques, que les populations ont subies de plein fouet, ont instillé la défiance à l’égard des technocrates. La montée en puissance de populistes, et notamment du président Trump, n’a rien arrangé. Ces facteurs ont contribué à donner le sentiment que les banques centrales étaient politisées.

Le remplacement de Draghi donne lieu à d’intenses jeux politiques. Les pays de l’Europe du Nord assimilent sa politique de rachat d’obligations souveraines à un soutien déguisé des pays de la périphérie. Ils cherchent donc à le remplacer par un de leurs nationaux. Mais la nomination d’un Allemand à ce poste, par exemple, pourrait exacerber les tensions.

Comment se passera la prochaine crise économique ?

Quoi qu’il en soit, cette politisation risque de saper le pouvoir des banques centrales, et d’induire la réapparition de phénomènes auxquels nous ne sommes plus accoutumés. Si l’inflation revenait en force, des banques centrales affaiblies peineraient à l’éradiquer. Le FMI évoque un ralentissement dès cette année, et a révisé ses prévisions de croissance à la baisse.

Avec les taux d’intérêt ultra-faibles qui sont maintenant la norme dans nos pays, la marge de manoeuvre pour juguler une possible crise économique est devenue très ténue. Les banques centrales devront donc recourir à des politiques non conventionnelles, comme l’achat d’obligations. 

Elles devront probablement également coopérer, et communiquer avec les marchés financiers pour éviter les mouvements de panique.

L’ingérence d’initiés peu qualifiés prônant des politiques dure, ou d’affidés de pays de l’Europe du Nord au sein de la zone euro, risque de compliquer ces nécessaires interventions. 

En outre, ils risquent d’empoisonner le débat public concernant le rôle des banques centrales, et leur conduite en situation de crise. Un examen excessif risque de créer des pressions excessives sur leurs prises de décisions, et de les empêcher de faire leur travail correctement.

« Regardez ce qui s’est passé il y a 40 ans, et vous aurez un aperçu de e qui pourrait mal tourner », conclut The Economist.