L'Etat islamique exécute systématiquement les femmes instruites

26/01/2015 17:47

- Education - Farooq Naeem

Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), a alerté des châtiments cruels et du « mépris monstrueux pour la vie humaine » dont témoignent les « tribunaux de la charia » dans les zones passées sous le contrôle de Daech (l'Etat islamique).

Au cours des 3 premières semaines de cette année, le groupe terroriste aurait déjà exécuté une vingtaine de civils. Les victimes sont souvent des personnes ayant commis des petits larcins, des personnes soupçonnées d'homosexualité, et des femmes accusées d'adultère. On pense que le nombre d'exécutions est beaucoup plus élevé en réalité.

Dans la ville de Dour, au nord de Tikrit, quatorze personnes ont été exécutées parce qu'elles ont refusé de prêter serment d'allégeance à l'Etat islamique. A Falloujah, quinze civils soupçonnés d'avoir collaboré avec les forces de sécurité irakiennes ont également été tués.

Toute violation de la charia signifie la peine de mort

Selon une enquête, un garçon de treize ans aurait été tué parce qu'il avait regardé un match de football à la télévision. Des hommes auraient été tués parce que leurs épouses n'auraient pas respecté le code vestimentaire strict imposé par les occupants.

En outre, les femmes les plus instruites qui exercent une activité professionnelle, par exemple celles qui ont postulé à des postes de fonctionnaire, seraient particulièrement menacées. « En à peine deux semaines depuis le début de l'année, des rapports indiquent que trois avocates ont déjà été exécutées », rapporte Shamdasani.

Les femmes âgées de moins de 45 ans n'ont plus le droit de quitter la ville de Raqqa. Selon Dalia, une femme superviseur d'éducation âgée de 44 ans, le but de cette interdiction est de forcer les jeunes femmes à se marier à des combattants de Daech.

Elle explique que les femmes de moins de 45 ans qui ont tenté de quitter la ville ont été refoulées aux check-points, et que celles qui dépassent cet âge peuvent voyager, à condition d'être accompagnées d'un parent homme de premier degré, c'est-à-dire leur mari, leur père, ou un frère.

Elle affirme que l'Etat islamique aurait dit que les femmes qui se trouvent dans les zones que le groupe terroriste contrôle sont « sa propriété » et qu'elles devraient donc envisager de se marier avec des membres du groupe et des combattants.

Les jeunes femmes célibataires seraient contraintes de porter un foulard blanc sous leur niqab pour qu'elles puissent être identifiées par les brigades de l'al-Khansaa, la police de la moralité de Daech.

Dalia évoque également ce qui se passe lorsqu'une femme ne respecte pas ces contraintes : elle rapporte le cas d'une femme qui se promenait avec son mari dans la rue, et qui avait oublié de revêtir un carré de tissu épais avec lequel les femmes doivent se couvrir des yeux aux genoux, appelé « bouclier ».

Le couple a été arrêté, et l'homme condamné à recevoir 100 coups de fouet, et à payer une amende de 25.000 livres (environ 100 euros). Après cet épisode, de colère, il a divorcé de sa femme.

Une voisine de Dalia avait aussi été arrêtée pour ne pas s'être conformée strictement au code vestimentaire imposée par l'Etat islamique.

La police de Daech l'a détenue pendant 3 jours. A son retour chez elle, elle n'a rien dit, mais son mari soupçonneux lui a demandé de jurer sur le Coran qu'on ne lui avait rien fait. Elle a alors avoué que des combattants de Daech l'avaient violée toutes les heures pendant sa détention. Son mari a immédiatement demandé le divorce.