'll faut que du sang coule, mais pas trop': 11 banques sur 130 auraient échoué aux stress-tests de la BCE

24/10/2014 20:12

Pandora's Box

Au moins onze banques de six pays différents de l'UE, dont une banque belge, auraient échoué aux stress-tests menés par la Banque centrale européenne (BCE) sur 130 banques européennes, rapporte l'agence de presse espagnole EFE. Les résultats définitifs ne seront publiés par la BCE que dimanche prochain.

Selon l'article, 3 banques grecques, 3 banques italiennes, 2 banques autrichiennes, 1 banque chypriote, une banque portugaise ainsi que la banque bege Belfius n'auraient pas surmonté l'épreuve avec succès. Ce que l'on ignore, c'est quelle est la série de tests à laquelle ces banques ont échoué.

Deux séries de tests sont actuellement menées, l'une organisée par la BCE, et l'autre par l'Autorité Bancaire Européenne.

En mai, on avait appris que Dexia échapperait au stress test standard. Des officiels belges auraient  négocié  avec l'UE pour que Dexia se voie accorder un «traitement spécial» qui permettrait à la France et à la Belgique de se soustraire au versement d'argent public pour renflouer une fois de plus cette institution.

En mars, le CEO de Dexia, Karel De Boeck, avait averti qu'au cas où la banque échouerait au stress test, elle devrait être à nouveau recapitalisée.

L'argent correspondant viendrait principalement du Trésor belge et français, et il aurait pour objet de garantir jusqu'à 80 milliards de prêts que la banque doit encore rembourser.

« Un 'énorme' lobbying aurait lieu en coulisses actuellement. Nous ne nous attendons pas réellement à une recapitalisation du secteur bancaire européen, et certainement pas des banques françaises ou allemandes. Cet exercice est entièrement dicté par la politique.

Cela est déjà évident avec l'inflation des conditions pour le  scénario défavorable, qui sont plus optimistes que les propres prévisions de la Commission Européenne.

Il s'agit donc de l'un de ces tests où les critères sont adaptés au résultat souhaité », avait alors commenté le site Euro Intelligence.

Ces stress tests européens sont décisifs, affirme Jessica Hinds de Capital Economics : « Etant donné que les précédents stress-tests n'avaient pas permis de mettre en évidence les problèmes graves d'un certain nombre d'institutions financières -certaines, qui s'étaient vues remettre un certificat de bonne santé, avaient dû être secourues quelques mois plus tard - les enjeux sont très importants, pas moins que la réputation de la BCE et la confiance  de l'ensemble du secteur bancaire de la zone euro ».

Dexia avait réussi son premier stress test en 2011, alors que selon l'économiste Ivan Van de Cloot, la banque avait pris des risques qui atteignaient pratiquement plus de 1.000 milliards d'euros, qui  avaient peu à voir avec l'économie réelle des entreprises et dont l'équipe managériale était parfaitement consciente.

Sur la chaîne radio néerlandaise BNR, Han de Jong, chef économiste de la banque ABN Amro, avait commenté la tenue de ces stress-tests :

Si vous additionnez combien les banques ont déjà récupéré, combien elles ont enregistré de bénéfices non distribués ces derniers temps et le total des abandons de créance dont elles ont bénéficié entretemps, vous arrivez à un montant de plus de 200 milliards d'euros, à ce que j'ai entendu. Les banques qui ne réussiront pas ne seront pas les plus grandes banques. En d'autres termes, il faut faire couler du sang, mais pas beaucoup ... »