Mise en œuvre d'interventions essentielles pour sauver les femmes africaines du cancer du col de l'utérus

03/05/2015 10:29

Le cancer du col de l'utérus continue de représenter une menace sérieuse et requiert une attention urgente dans la Région africaine.

Le cancer du col de l'utérus est le cancer le plus fréquent en Afrique et touche la partie inférieure de l'utérus. En 2012, plus de 500 000 nouveaux cas de cancer du col ont été diagnostiqués dans le monde, dont un sur cinq en Afrique subsaharienne.

La majorité des femmes de la Région africaine ne bénéficient pas d'un diagnostic en temps utile ou n'ont pas accès à des traitements curatifs ou susceptibles de prolonger leurs vies. Si ces problèmes ne sont pas résolus, la mortalité du cancer du col pourrait augmenter de près de 25 % ces dix prochaines années.

«Les femmes qui meurent du cancer du col de l'utérus sont dans la fleur de l'âge. Ces morts pourraient être évitées, car les données prouvent que le cancer du col est l'une des formes de cancer les plus faciles à prévenir et à traiter lorsqu'il est dépisté de manière précoce et pris en charge efficacement», a souligné le Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique.

L'infection persistante ou chronique par un ou plusieurs types de papillomavirus humain (VPH) à haut risque constitue la première cause de lésions précancéreuses et de cancer du col de l'utérus.

L'infection à VPH est l'infection sexuellement transmissible la plus courante, et elle est souvent contractée par des adolescentes ou de jeunes adultes au début de leur vie sexuelle.

Les types 16 et 18 sont les deux types de VPH à risque élevé les plus souvent à l'origine d'un cancer du col de l'utérus, car ils sont responsables d'environ 70 % des cas. Les femmes vivant avec le VIH sont plus susceptibles de développer à un âge précoce des infections persistantes par le VPH, entraînant le développement prématuré de cancers potentiellement mortels.

Publié en décembre 2014, le document intitulé «La lutte contre le cancer du col de l'utérus - Guide des pratiques essentielles» propose une approche globale de lutte contre le cancer du col utérin. En particulier, ces nouvelles directives mettent en évidence des stratégies complémentaires qui permettront aux services de santé nationaux d'assurer une couverture élargie des activités de prévention et contrôle du cancer du col de l'utérus et soulignent la nécessité de la collaboration entre les programmes, les organismes et les partenaires.

Deux vaccins qui préviennent les infections par les types 16 et 18 du VPH à risque élevé sont en voie d'homologation dans la majorité des pays et donnent d'excellents résultats du point de vue de la sécurité. Il est recommandé de vacciner les jeunes filles âgées de 9 à 13 ans avant qu'elles ne soient exposées sexuellement au VPH.

Le dépistage systématique chez la femme apparemment en bonne santé en vue de détecter des lésions précancéreuses ou un cancer à un stade précoce et l'offre d'un traitement en cas de lésion permettent de prévenir le développement du cancer du col de l'utérus. Il existe plusieurs options de dépistage et de traitement des lésions précancéreuses. L'inspection visuelle du col de l'utérus à l'acide acétique (IVA), suivie d'un traitement par cryothérapie pour les femmes présentant des lésions précancéreuses, s'est avérée être une stratégie d'un bon rapport coût-efficacité dans les liens de soins aux ressources limitées.

Les déterminants sociaux de la santé tels que la richesse, l'éducation, la religion et l'origine ethnique sont les autres facteurs importants qu'il faut prendre en compte pour réaliser des interventions de prévention et de contrôle du cancer du col de l'utérus. Les parties prenantes cherchent également à mieux comprendre les problèmes touchant à l'égalité des sexes et à en tenir compte dans la conception et la mise en œuvre de politiques et de programmes de santé sur le cancer du col de l'utérus.

L'intégration des stratégies de lutte contre le cancer du col dans les systèmes de santé existants et l'élargissement de l'accès aux services de prestation de soins de santé contribueront grandement à résoudre le problème du cancer du col dans la Région africaine.

En vue d'alléger la charge épidémiologique due au cancer du col de l'utérus, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) organise une réunion de spécialistes du cancer du col du 13 au 15 avril 2015 à Brazzaville (Congo), en collaboration avec les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis et la Fondation Bill & Melinda Gates (BMGF). La réunion portera sur la mise en œuvre des mesures de lutte contre le cancer du col de l'utérus dans la Région africaine.