No, he can't... Qu'est ce qui ne va pas avec Obama?

06/11/2014 05:07

- Seul -  Jewel Samad

Hier, les Américains ont voté pour élire les sénateurs qui prendront leurs fonctions à partir du 1er janvier prochain. Comme on s'y attendait, les Républicains ont remporté une victoire écrasante, et ils domineront le Sénat américain, tout en renforçant leur majorité au Congrès.

Cela n'est pas si surprenant, compte tenu qu'il est habituel aux Etats-Unis que le parti au pouvoir ne soit pas le favori lors des élections de mi-mandat. En effet, ces élections mobilisent plus particulièrement les partisans des opposants du parti du président.

Cependant, cela signifie que le président Barack Obama aura les mains liées pendant les deux dernières années de son mandat. Il ne pourra prendre aucune décision, seulement traiter les affaires courantes.

Différents médias pointent l'échec cuisant pour un président américain qui avait été présenté comme une rock star il y a six ans.

Marc Fiorentino souligne sur mon Financier.com que cela ne devrait pas changer grand-chose : « Ce que disent les commentateurs, c'est que la politique est bloquée depuis 6 ans aux Etats-Unis, puisqu'Obama n'a quasiment rien fait depuis qu'il est président » :

« Je n'ai jamais compris le délire mondial, en France aussi étonnamment, lors de son élection. Combien de millions de T shirts "Yes I Can" ont circulé. Vous n'en trouverez plus un seul aujourd'hui. L'homme est au plus bas de sa popularité ».

«Les candidats démocrates en difficulté pour cette élection ont fait campagne en se démarquant, voire en s'opposant à Obama, tant son image est mauvaise. Ils ont préféré faire appel à Bill Clinton... », ajoute Fiorentino.

Il souligne que la reprise de l'économie américaine et le faible taux de chômage n'ont pas profité à Obama, qui est malgré tout accusé de nuire à l'économie. Et il juge que les résultats d'Obama en matière de politique étrangère sont « dramatiques » : « Il a fui de deux pays qu'il a laissés dans le chaos, l'Irak et l'Afghanistan, et il a laissé mourir la Syrie malgré l'utilisation d'armes chimiques et les autres pays en difficulté du Moyen Orient: plus besoin de pétrole... »

« Conclusion: Il faut se méfier de la pensée unique et du consensus...Il a toujours tort », dit-il.

« L'itinéraire d'Obama, de héros démocrate triomphant à pierre politique au cou des chances de son parti, est l'histoire d'un président qui s'est laissé rapidement distraire régulièrement par une série de crises au cours de son second mandat, dont certaines qu'il s'est infligées  lui-même, et à la perception largement répandue que la Maison Blanche ne les a pas bien gérées », écrit le Washington Post. (...) « Cet échec pose des questions concernant l'efficacité du président, sa capacité à trouver des solutions, et plus généralement, sa capacité à diriger, tant au pays qu'à l'étranger.

« Ce gouvernement est très habile pour présenter certains de ses plans et ses solutions et il a donné de très bons discours. Mais la traduction de tout ceci en actions a été un problème au cours des six dernières années », estime David Rothkopf, auteur de «National Insecurity: American Leadership in an Age of Fear ». « En ce moment-même, de nombreux signes montrent que la gestion n'est pas vraiment le point fort de cette administration ».

« Obama n'est certainement pas sans mérites», écrit Conor Friedersdorf dans The Atlantic. Mais voici ce que je trouve alarmant: être confronté à un président qui :

  1. a espionné chaque Américain ;
  2. a couvert la torture;
  3. a poursuivi une guerre contre la drogue ruineuse pour des minorités et des nations entières ;
  4. a tué des centaines d'innocents avec des attaques de drones;
  5. a mené la guerre contre un citoyen américain, puis l'a assassiné sans procès ;
  6. a laissé des officiels de haut rang chargés de la sécurité nationale violer la loi en toute impunité ;
  7. a persécuté des lanceurs d'alerte.

En dépit de toutes ces transgressions, plus de 4 Américains sur 10 approuvent encore ce que fait Obama ».

https://www.express.be/joker/fr/platdujour/ino-he-canti-quest-ce-qui-ne-va-pas-avec-obama/209027.htm