Pâques

12/04/2020 11:10

Les conceptions de la religion dépendent des différentes croyances, sachant cela il apparait essentiel d’aborder le fait religieux dans une dynamique neutre, sans prise de position pour l’une ou l’autre, ni d’antagonisme pouvant engendrer un parti pris quant à la compréhension du résumé présenté.

Cet Article n’inclura que la présentation et les origines des fêtes de Pâques dans le monde Chrétien car elles sont rependues à travers le monde, mais n’exclus et ne minimalise pas les autres croyances, celles-ci se basant sur la même dialectique et le même cheminement dans la manière de former et transmettre une morale et certaines valeurs à l’homme. 

Du latin religare, la religion prêtant être un lien entre les hommes et les dieux. Elle serait donc une passerelle, un chemin entre le peuple et son Dieu.

Pâques

Pâques est la première fête célébrée dans les calendriers liturgiques chrétiens ; elle est attestée dès le IIe siècle.

Elle commémore la Passion et la résurrection du Christ, événements dont les évangiles synoptiques situent le déroulement lors des festivités de la Pâque juive à Jérusalem, un vendredi 15 nissan du calendrier hébraïque, alors que l'évangile attribué à Jean situe la crucifixion de Jésus un vendredi 14 nissan.

Néanmoins de tout temps et dans de nombreuses cultures païennes, au printemps, on fête la lumière, la renaissance de la nature après les longs mois d'hiver. Ce qui était parfois symbolisé par le retour ou le réveil d'une divinité.

Au Proche-Orient, comme leurs ancêtres Cananéens, les Hébreux et leurs voisins Babyloniens, Mésopotamiens, offrent à leurs dieux les prémices de leur moisson.

Mais revenons à notre propos d’aujourd’hui : Pâques

Pâques est la fête la plus importante du christianisme. Elle commémore la résurrection de Jésus, que le Nouveau Testament situe le surlendemain de la Passion, c'est-à-dire « le troisième jour ».

La solennité, précédée par la Semaine sainte, dernière partie du carême, commence le dimanche de Pâques.

La fête de Pâques était célébrée de façon diverse par les églises chrétiennes primitives. Certaines des premières Églises continuaient à célébrer la Cène le jour de la Pâque juive, en particulier les Églises syriaques attachées à la tradition johannique qui identifiait le sacrifice du Christ à l'offrande pascale.

D'autres, telles l’Église de Rome, fêtaient Pâques le dimanche suivant la Pâque juive, mettant ainsi l'accent sur la résurrection au lendemain du shabbat.

En 387, Épiphane de Salamine témoigne de l'existence de deux groupes qui fêtaient Pâques à date fixe : d'un côté ceux qui suivent les « mythes juifs », de l'autre un groupe qui, fixé en Cappadoce, célèbrent Pâques le 8 des calendes d'avril (25 mars). Il précise que ces gens prétendaient avoir trouvé la date exacte de la crucifixion de Jésus dans des sources chrétiennes.

Toutefois, Épiphane n'admet pas cette date et indique que d'autres versions donnent le 15 des calendes d'avril (18 mars) ou le 10 de ces calendes (23 mars). Il ajoute que d'après ses calculs, il s'agit du 13 des calendes d'avril (20 mars).

Le calendrier hébreu étant lunisolaire, tous les mois commencent à la nouvelle lune ; le 14 du mois de nissan correspond donc en général à la pleine lune à quelques jours près (c'est-à-dire le quatorzième après la nouvelle lune visible depuis Jérusalem la plus proche de l'équinoxe. Voir ci-après les détails sur la définition du concile de Nicée).

L'année du calendrier juif compte 12 ou 13 mois lunaires ; pour que nissan reste le premier mois du printemps, l'intercalation d'un mois complémentaire était décidée par le Sanhédrin quand c'était nécessaire pour respecter le rythme des saisons.

Après le Ier concile de Nicée en 325, il fut décidé que le calcul de la date de Pâques se ferait selon une règle fixe. Ainsi, « Pâques est le dimanche qui suit le 14e jour de la Lune qui atteint cet âge le 21 mars ou immédiatement après », donc le dimanche après la première pleine lune advenant pendant ou après l'équinoxe de printemps.

Un problème, apparu plus tard :la différence des pratiques entre les églises occidentales et les églises orthodoxes.

Les premières adoptent en 1582 le calendrier grégorien pour calculer la date de Pâques, alors que les autres continuent à utiliser le calendrier julien originel.

Le Conseil œcuménique des Églises proposa une réforme de la méthode de détermination de la date de Pâques lors d'un sommet à Alep (Syrie), en 1997.

Cette réforme aurait permis d'éliminer les différences de dates entre églises occidentales et orientales ; elle devait entrer en application en 2001, mais elle échoua.

Le calcul de la date de Pâques est assez complexe ; il est connu sous le nom de comput. Il existe des tables traditionnelles, mais aussi des algorithmes plus mathématiques pour la retrouver.

La première méthode développée par Carl Friedrich Gauss présentait quelques erreurs : en 1954 (la formule donnait le 25 avril au lieu du 18 avril) et en 1981 (le 26 avril au lieu du 19 avril). De nombreux autres mathématiciens ont depuis développé d'autres formules.

Jour Férié

Le dimanche de Pâques, comme tous les dimanches, est reconnu comme jour férié par tous les pays de tradition chrétienne.

Le lundi de Pâques est également férié dans certains pays, comme la France (depuis la loi du 8 mars 1886) mais pas aux États-Unis, en Équateur, dans certaines communautés autonomes d'Espagne, au Mexique et en Argentine, ni au Portugal où le lundi est travaillé au moins dans certaines régions.

Le vendredi saint est aussi férié dans de nombreux pays : Brésil, Équateur, Mexique, Argentine, Cameroun, Allemagne, Norvège, Royaume-Uni, certains cantons de Suisse, Canada, certains États des États-Unis, certaines régions d'Espagne, etc.

Dans les départements français de l'Alsace, de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de la Moselle, ainsi qu'en Polynésie française, le vendredi saint, qui précède le dimanche de Pâques, est également férié.

Œufs de Pâques

Dans les pays chrétiens, l’œuf de Pâques est le cadeau le plus distribué le jour de Pâques ; les œufs sont apportés par les cloches de Pâques. Depuis le Jeudi saint, les cloches des églises catholiques sont silencieuses, en signe de deuil.

La tradition populaire pour les enfants dit qu'elles sont parties pour Rome, et elles reviennent le jour de Pâques en ramenant des œufs qu'elles sèment à leur passage.

Comme pour Noël, les Alsaciens, les Allemands, ainsi que les Suisses décorent leur maison à l’approche de Pâques. Les œufs de Pâques sont apportés par le lapin de Pâques (Osterhase, « lièvre de Pâques »).

Chocolats et décorations diverses, souvent en forme de lapin, ornent ainsi les boutiques et les appartements.

On y fait aussi des bouquets de Pâques sur lesquels on accroche divers sujets et des œufs peints. Les arbres de Pâques dans les jardins ont droit également à une parure multicolore avec l’arrivée du printemps ; les œufs et lapins poussent partout. Les Allemands, les Alsaciens et les Américains décorent des œufs cuits durs avec de la peinture ou des feutres.

Cette tradition peut s'expliquer par le fait qu'aux alentours de l'équinoxe, la durée d'ensoleillement permet aux poules des latitudes européennes de recommencer à pondre après une pause hivernale.

Puis au IVe siècle, l'Église ayant instauré l'interdiction de manger des œufs pendant le carême et les poules continuant à pondre, les œufs pondus depuis le début du carême — n'ayant pas été mangés — étaient alors décorés et offerts.

De nos jours, le jeûne n'est plus prescrit aussi strictement mais la tradition d'offrir des œufs, y compris en chocolat, est restée.

Notes et références

Cf. notamment le Catéchisme de l'Église catholique, 1169.

Exode 11 et 12

Marc-André Miserez, « Les racines païennes de la fête de Pâques », SWI swissinfo.ch,‎ 23 mars 2008.

Florence Leroy, « Pâques, le jour du grand passage », Sciences et Avenir,‎ 28 mars 2016.

Michel Rouche, Les origines du christianisme 30-451, Hachette, p. 48.

« Pâque juive et Pâques chrétienne : un même calendrier ? » Article de Jean-Paul Michaud sur le site Interbible.

Pierre Maraval, Le christianisme de Constantin à la conquête arabe, p. 236-238.

Jean-Pierre Lémonon, Ponce Pilate, éd. Atelier, 2007, pp. 286.

La Bible indique que Pessah doit avoir lieu quand l'orge est bon à couper. Aussi le mois précédent nissan, Adar, était redoublé en Veadar en fonction du murissement des épis. Cf Jean Lefort, La saga des calendriers, Bibliothèque pour la science, 1998, p. 93.

Christian Bonnet/Bertrand Lançon, L'Empire romain de 192 à 325, Ophrys, 1998, p. 242.

Site du Conseil Œcuménique des Églises.

The Catholic Encyclopedia (1913), tome V, p. 227.

Article dans paysages blog « Les cloches de Pâques introuvables sur wikipedia.fr (24.4.2011) » comparant les traditions populaires de Pâques allemandes et franco-alsaciennes.

« Histoire de l’œuf, ses caractéristiques et sa production », sur elevageamateur.wifeo.com

« Quelques Fêtes traditionnelles en Lituanie », euro-info-tourisme.com.

Émile Littré, « Pâque. », dans Dictionnaire de la langue française, 2e éd. Paris, 1872.

André Jouette, Dictionnaire Robert d'orthographe et d'expression écrite, 6e éd. Paris, Le Robert, 1993.

Académie française, Dictionnaire de l'Académie française, 8e éd. Paris, 1932.

Paul VI, Audience Générale, 1979.