Pessah ou la Pâque juive : son histoire

12/04/2020 14:08

En cette période de Pâque il nous parait nécessaire de résumer la Pâque juive afin d’éclairer sur la différence avec la Pâque chrétienne.

La fête de Pessah dure huit jours, et est célébrée en début de printemps, elle commémore la libération des Hébreux de l’esclavage en Égypte ancienne.

Après plus de 300 ans d’esclavage sous les pharaons d’Égypte, Dieu vit la détresse du peuple israélite et envoya Moïse chez Pharaon avec ce message : « Laisse partir Mon peuple, pour qu’il Me serve ».

Lorsque, malgré plusieurs avertissements, Pharaon s’obstina à désobéir à l’ordre divin, Dieu envoya sur l’Égypte dix plaies dévastatrices qui y semèrent peine, désolation, détruisant bétail et récoltes.

Mais au milieu de la nuit du 15 Nissan de l’année 2448 depuis la création (1313 avant l’ère commune), Dieu infligea aux Égyptiens la dernière des dix plaies, la plus importante, celle qui tua tous leurs premiers-nés.

L'étymologie habituellement donnée au nom de la fête est qu'il vient du verbe Pessa'h qui signifie sauter au-dessus ou passer au-dessus en hébreu.

Et Pessah l’est à plus d’un titre :  

Ceci rappelle que lors de la dixième plaie d'Égypte, la mort « saute » au-dessus des maisons des Hébreux, pour ne frapper que les premiers-nés égyptiens.

Pharaon perdit son fils et des lors chassa littéralement ses anciens esclaves du pays.

Les Israélites s’en allèrent dans une telle hâte, après plus de trois cents ans d’installation en Égypte, vers une terre promise et inconnue que le pain qui devait leur servir de provision pour la route n’eut pas le temps de lever.

600 000 hommes adultes, et beaucoup plus de femmes et d’enfants, quittèrent l’Égypte ce jour-là, entamant leur voyage vers le mont Sinaï et leur naissance en tant que peuple élu de Dieu.

Depuis la fête de Pessah porte le nom de l’agneau (ou du chevreau) qu’il était prescrit de sacrifier au Temple, en souvenir de celui que les esclaves Hébreux ont tué la nuit de leur départ d’Égypte.

C’est cette histoire qui est lue, en hébreu, dans le texte le soir de Pessah, dans un livre appelé la « Haggadah ».

Du point de vue de l'exégèse biblique, le récit de la Pâque instaurée en Égypte est un texte législatif de la tradition sacerdotale.

Le rédacteur biblique a repris un ancien rituel et l'a historicisé en l'intégrant dans le contexte de la narration de la sortie d'Égypte.

Particulièrement riche en rites et coutumes, la fête se distinguait originellement par l’offrande pascale que les Juifs ne peuvent réaliser depuis la destruction du Temple (les Samaritains continuent à l’offrir sur le mont Garizim).

L’obligation de manger des matzot (aliments azymes) et de bannir le hametz (aliments à base de pâte levée et/ou fermentée) tout au long de la fête demeure en application.

Les Évangiles indiquent quant à eux que, pour les apôtres, Pessa'h désignait, comme pour les Pharisiens, la Pâque, la fête des azymes et le rite nomade du sang de l'agneau répandu sur les piquets de la tente pour écarter les épidémies.

La pâque et la fête des azymes sont cependant présentées comme distinctes, tant dans le temps et le rite que dans la signification.

Selon les Évangiles synoptiques, Jésus de Nazareth est crucifié le 15 nissan, au premier jour de la fête et la Cène a lieu le 14 nissan ; ce moment-clé du christianisme est donc un repas pascal au cours duquel Jésus fait un sermon discutant de la signification rédemptrice de sa mort.

Par contre, selon l’apôtre Jean, Jésus est crucifié le 14 nissan, à l’heure où l’on offre la Pâque et la Cène a lieu le 13 nissan.

Cette divergence n’est pas d’ordre astronomique mais théologique car, contrairement aux Évangiles synoptiques, Jean consacre Jésus comme agneau pascal.

À la suite de la montée de l’antagonisme entre juifs et chrétiens, il est décidé lors du premier concile de Nicée de distinguer les Pâques chrétienne et juive, en assignant à la première une date au dimanche suivant le quatorzième jour du premier mois lunaire du printemps.

Mais cette décision n’est pas appliquée par toutes les Églises.

Les conceptions de la religion dépendent des différentes croyances, sachant cela il apparait essentiel d’aborder le fait religieux dans une dynamique neutre, sans prise de position pour l’une ou l’autre, ni d’antagonisme pouvant engendrer un parti pris quant à la compréhension du résumé présenté.

Cet Article n’inclut que la présentation et les origines des fêtes de Pâques dans le monde mais n’exclus et ne minimalise pas les autres croyances, celles-ci se basant sur la même dialectique et le même cheminement dans la manière de former et transmettre une morale et certaines valeurs à l’homme. 

Sources :

« Site complet sur Pessa'h : Calendrier, Rites, Histoires, Approfondissements, Multimédia » [archive], sur Fr.Chabad.org

Eliyahou Kitov, Le livre de notre héritage, Jérusalem, Yad Eliyahou Kitov, 2008.

Jewish Encyclopedia, Passover, New York, Jewish Encyclopedia (Funk & Wagnalls), 1906 .