Premières frappes américaines contre l'EI en Syrie

23/09/2014 06:52

L'armée américaine et des nations «partenaires» bombardent depuis lundi soir... (Photo: AP) 

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Amal BELALLOUFI Agence Science Presse Alger

L'armée américaine et des nations «partenaires» bombardent depuis lundi soir pour la première fois des positions de l'État islamique (EI) en Syrie, nouvelle étape de l'offensive contre ce groupe djihadiste également combattu en Irak.

«Je peux confirmer que l'armée américaine et des forces de nations partenaires mènent une action militaire contre les terroristes de l'EIIL (État islamique) en Syrie au moyen d'avions de chasse, de bombardiers et de missiles Tomahawk», a indiqué lundi soir le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby.

Il ne précise pas où les frappes ont eu lieu mais, selon le New York Times, Raqa, qui est de facto le centre du pouvoir de l'EI, a été visé de même que la frontière, très poreuse, entre la Syrie et l'Irak.

Le communiqué ne dit rien non plus des «partenaires» qui y sont évoqués mais toujours selon le New York Times «plusieurs pays arabes alliés y ont participé». La France n'était toutefois pas partie prenante de ces opérations, a-t-on appris auprès de l'Elysée.

Le président américain Barack Obama avait prévenu le 10 septembre, dans un discours solennel, qu'il se réservait le droit de frapper l'État islamique y compris dans son sanctuaire syrien.

En représailles, l'EI a appelé lundi ses fidèles, dans un message publié en plusieurs langues, à tuer les citoyens - notamment américains et français - des pays appartenant à la coalition internationale.

Exode vers la Turquie

En Irak, les djihadistes ont attaqué dimanche une base de l'armée irakienne, à l'ouest de Bagdad, où ils ont tué 40 soldats et en ont capturé 70 autres, a rapporté un officier irakien.

L'armée américaine a mené quatre frappes aériennes en Irak lundi, portant le total des bombardements à 190 depuis le début de l'offensive contre l'EI, selon le commandement américain chargé du Moyen-Orient et de l'Asie centrale (Centcom).

En Syrie voisine, où l'EI s'est emparé d'au moins 64 villages de la région d'Aïn al-Arab (Kobané en kurde) depuis la semaine dernière, les habitants continuaient lundi à fuir vers la Turquie.

Les djihadistes veulent prendre Aïn al-Arab, la troisième ville kurde de Syrie, pour s'offrir le contrôle total d'une longue bande de la frontière syro-turque. Mais leur progression rapide des derniers jours a été ralentie lundi par les combattants kurdes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le vice-Premier ministre turc, Numan Kurtulmus, a annoncé que le nombre de Syriens ayant fui en Turquie ces derniers jours avait «dépassé 130 000» et assuré que son pays avait «pris toutes les mesures nécessaires au cas où l'afflux de déplacés se poursuivrait».

Confirmant ce chiffre, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a indiqué que les déplacés avaient trouvé refuge dans plusieurs villes du sud-est de la Turquie, passant par neuf postes frontaliers.

Face à la percée djihadistes dans le nord-est de la Syrie, le chef de la coalition nationale de l'opposition syrienne Hadi al-Bahra a appelé la communauté internationale à mener des frappes aériennes «immédiatement».

«Frapper les djihadistes de l'EI uniquement en Irak ne marchera pas, s'ils continuent à opérer, à se regrouper et à s'entraîner en Syrie», a-t-il martelé.